Duflot Cécile

Publié le par Roger Cousin

Cécile Duflot, née le 1er avril 1975 à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne)1, est une femme politique française. Secrétaire nationale des partis écologistes Les Verts de 2006 à 2010 et Europe Écologie Les Verts (EELV) de 2010 à 2012, elle est élue députée de la sixième circonscription de Paris le 17 juin 2012. Du 16 mai 2012 au 31 mars 2014, elle est ministre du Logement et de l'Égalité des territoires dans le premier et le deuxième gouvernement Jean-Marc Ayrault.

Duflot Cécile

Titulaire d’un DEA de géographie et diplômée d’économie urbaine de l’ESSEC, Cécile Duflot fait preuve dès ses années d’étudiante d’un militantisme chevillé au corps ; elle participe à Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) et travaille bénévolement en prison pour le compte du Genepi (Groupement étudiant national d’enseignement aux personnes incarcérées). Elle s’inscrit aussi à la Ligue de protection des oiseaux.

Entrée dans la vie active, elle adhère aux Verts en 2001 et devient conseillère municipale à Villeneuve-Saint-Georges en 2004. Élue membre du conseil exécutif des Verts à partir de 2003, porte-parole du mouvement en 2005, elle succède, en 2006, à 31 ans, à Yann Wehrling à la tête de la formation. Elle ne recueille que 3,5 % des voix aux élections législatives de 2007 dans la circonscription du Val-de-Marne où elle se présente. Mais elle devient adjointe à l’urbanisme et au développement durable de Villeneuve-Saint-Georges l’année suivante, après le scrutin municipal qui voit la liste socialiste de rassemblement, où elle occupe la deuxième position, fusionner avec celle du parti communiste français (PCF), arrivée en tête au premier tour.

Reconduite à la direction des Verts en 2008, elle soutient le mouvement d’ouverture Europe Écologie lancé par Daniel Cohn-Bendit dans la perspective des élections européennes de juin 2009, et entend prolonger cette initiative couronnée de succès au scrutin suivant, celui des régionales de 2010. Elle prend alors la tête de liste des Verts d’Île-de-France et obtient sur son nom 16,6 % des voix franciliennes au premier tour. Le rassemblement avec le parti socialiste (PS) permet à C. Duflot d’entrer au conseil tout en prenant le contrôle d’un groupe écologiste dont les effectifs ont presque doublé. Respectant la règle de non-cumul édictée par son mouvement, elle démissionne de son mandat d’adjointe au maire.

Dès lors, elle s'emploie à rapprocher la formation qu’elle préside avec le mouvement Europe Écologie. Elle se prononce en faveur d’un changement de statuts des Verts pour qu’ils puissent fusionner avec ce dernier, toutes choses qui sont entérinées lors d’assises en novembre 2010. En mai 2011, la motion qu’elle soumet aux membres de la nouvelle entité l’emporte contre notamment celle de D. Cohn-Bendit, et C. Duflot est portée dans la foulée à la tête de ce parti écologiste élargi.

Cécile Duflot organise dès lors les primaires internes en vue de la présidentielle de 2012, soutient celle qui les remporte en juillet, Eva Joly, mais cautionne l’accord législatif qu'EE-LV signe en novembre avec le PS, quitte à contredire les positions défendues par la candidate sur la filière nucléaire. Il est vrai aussi que selon les termes du contrat passé avec la grande formation de gauche, C. Duflot hérite d’une circonscription de l'est parisien taillée sur mesure.

Le positionnement clairement à gauche d’EE-LV et le soutien officiel de sa candidate, dès le soir du premier tour, le 22 avril 2012, à François Hollande font entrer, après la victoire de ce dernier le 6 mai, C. Duflot et son collègue Pascal Canfin, dans le gouvernement Ayrault. Elle hérite d’un ministère à plein titre, celui de l’Égalité des Territoires et du Logement. Confortablement élue députée de la 6e circonscription de Paris en juin, elle laisse son siège à l’Assemblée à sa suppléante, la sortante Danièle Hoffman-Rispal, pour rester en poste au sein du nouvel exécutif. À la fin du mois, elle abandonne également sa casquette de chef d’EE-LV à Pascal Durand, mais reste très active au sein du mouvement, dont elle n’entend pas se couper par ses nouvelles fonctions ministérielles.

Dès juillet, la nouvelle ministre présente un projet de loi encadrant les loyers dans 43 agglomérations confrontées à de vives tensions sur le marché immobilier, puis elle renforce à la rentrée les clauses de la loi SRU (solidarité et renouvellement urbains), imposant un seuil minimum de logements sociaux dans les communes de plus de 3 500 habitants ; enfin, elle promeut un dispositif fiscal destiné à encourager le financement de la construction de logements à destination des foyers défavorisés ou intermédiaires, toutes mesures qu’elle parvient à faire voter à la fin 2012.

Prise entre l’exigence de solidarité gouvernementale et sensible aux réserves de plus en plus marquées des Verts à l’égard de la politique suivie par l’exécutif (ratification du traité budgétaire européen, programmes successifs d’austérité, projet de grand aéroport de Notre-Dame des Landes près de Nantes, report de la fiscalité écologique, loi sur l’enseignement supérieur), C. Duflot parvient à jouer les équilibristes et faire entendre, au sein de l’équipe Ayrault comme a fortiori dans son mouvement d’origine, une petite musique personnelle qui sait allier cohésion et indépendance de ton. Elle n’hésite pas à croiser le fer avec le ministre de l’Intérieur au sujet des propos qu’il tient sur les Roms en septembre. De concert avec son comparse du Sénat J.-F. Placé, elle resserre son emprise sur l’appareil à la faveur du congrès de novembre de sa formation, où la motion qu’elle présente avec Emmanuelle Cosse finit par arriver en tête du vote interne.

C’est au reste son point de vue qui l’emporte lors des débats qui agitent EE-LV quand, à l’issue de la lourde sanction que les électeurs infligent au pouvoir lors des municipales de la fin mars 2014, le président remanie son dispositif et nomme un nouveau Premier ministre en la personne de Manuel Valls. Officiellement pour des questions de compatibilité politique, et alors même qu’étaient proposés aux Verts les rênes d’un grand ministère de l’Écologie et de l’Énergie, P. Canfin et elle choisissent de quitter l’équipe exécutive et d’imposer à leur mouvement la ligne du soutien sans participation. Devenue députée, elle n’a de cesse de promouvoir l’autonomie retrouvée des Verts, au point de remplacer J.-F. Placé dans son rôle de trublion du gouvernement dans la majorité parlementaire…

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