L’ex-président géorgien Edouard Chevardnadzé est mort

Publié le par Les Echos

L’ancien président géorgien avait été le ministre des Affaires étrangères de Mikhaïl Gorbatchev, le numéro un soviétique, à la fin des années 1980. Il s’est éteint à l’âge de 86 ans, des suites d’une longue maladie.

 

L’ex-président géorgien Edouard Chevardnadzé est mort

L’ancien ministre soviétique des Affaires étrangères et ex-président géorgien Edouard Chevardnadzé, qui fut l’un des pères de la perestroïka, s’est éteint à l’âge de 86 ans, des suites d’une longue maladie.

Le dernier président soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, a fait part de sa douleur de perdre un « ami », saluant en lui une « personne extraordinaire, douée de talent » qui a fait beaucoup pour mettre un terme à la course aux armements. « Il trouvait toujours rapidement le moyen de se lier à des personnes différentes - avec des jeunes comme avec la vieille génération. C’était une personnalité brillante, dotée d’un tempérament géorgien », a-t-il dit en faisant allusion au caractère passionné de son ancien ministre.

Le président russe, Vladimir Poutine, a quant à lui présenté ses condoléances à sa « famille, ainsi qu’au peuple géorgien ».

Né le 25 janvier 1928 dans un village de l’ouest de la Géorgie proche de la mer Noire, cet ancien patron du PC géorgien, entré au bureau politique du PC soviétique en 1978 sous Léonid Brejnev, devint l’une des figures marquantes de la « glasnost », de la « perestroïka » et de la « nouvelle pensée » politique aux côtés de Mikhaïl Gorbatchev, dernier numéro un soviétique de 1985 à 1990.

En décembre 1990, Chevardnadzé avait démissionné de son poste de chef de la diplomatie soviétique, qu’il occupait depuis 1985, en mettant en garde contre un retour de la « dictature », en raison de la résistance des conservateurs à la libéralisation du régime.

« NOUVELLE GUERRE FROIDE »

Cette démission, annoncée dans un discours enflammé devant le parlement, avait surpris le monde entier et porté un coup dur à Mikhaïl Gorbatchev. En août 1991, le putsch des conservateurs, qui avait échoué au bout de quelques jours, avait précipité la désintégration de l’URSS, survenue à la fin de cette même année.

En tant que chef de la diplomatie soviétique, Edouard Chevardnadzé avait favorisé un nouveau dégel des relations avec l’Occident et était en fonctions au moment de la chute du mur de Berlin et de l’effondrement du communisme dans les pays satellites de l’URSS en Europe de l’Est.

Par la suite, retiré dans sa Géorgie devenue indépendante, il avait accédé à la présidence, qu’il avait occupée de 1992 à 2003, année durant laquelle il avait démissionné à la suite de manifestations contre son pouvoir, lors de la « révolution de la rose ».

Ces dernières années, il vivait dans sa résidence en Géorgie et ne voyageait plus guère. Il conservait chez lui un fragment du mur de Berlin, sur une étagère de son bureau. « Le monde est sans aucun doute devenu plus sûr qu’il ne l’était durant la guerre froide. Mais cela ne veut pas dire que nous pouvons relâcher notre vigilance. Les premiers signes d’une nouvelle guerre froide viennent d’apparaître », déclarait-il à Reuters ces dernières années.

Publié dans Avis de décès

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