L'Oréal

Publié le par Mémoires de Guerre

L’Oréal est un groupe industriel français de produits cosmétiques. La marque, créée au début du xxe siècle (1909) est de nos jours devenue un groupe international, leader mondial de l'industrie cosmétique.

L'Oréal

L’origine de L'Oréal remonte à 1909, lorsque Eugène Schueller, jeune chimiste français d'origine alsacienne diplômé de l'Institut de chimie appliquée de Paris (maintenant École nationale supérieure de chimie de Paris) en 1904, met au point une formule de synthèse à base de composés chimiques inoffensifs permettant de teindre les cheveux baptisée "l'Auréale", du nom d'une coiffure féminine à la mode à l'époque et rappelant une auréole. Le 30 juillet 1909, il fonde la Société française de teintures inoffensives pour cheveux en compagnie de André Spery, comptable originaire d'Épernay et employé du fabricant de spiritueux Cusenier. La société est installée dans un deux-pièces, rue d'Alger à Paris, faisant à la fois office de bureau et de salon de démonstration.

1928 marque la diversification de son entreprise par l'acquisition de la Société des Savons français, créée en 1920, rue Martre à Clichy, plus connue sous le nom de sa marque Monsavon. Elle symbolise l'entrée de L'Oréal dans les produits de grande consommation. Monsavon a depuis été revendue au groupe Procter & Gamble, puis Sara Lee et enfin au groupe Unilever depuis 2011. En 1929, Schueller lance son magazine professionnel diffusé dans les salons de coiffure, L’Oréal Bulletin, puis un magazine destiné aux femmes, Votre Beauté. En 1929, il crée la première teinture rapide, Imedia, dont la mode des cheveux courts favorise le succès. En 1934, il lance le shampooing familial grand public Dop. En 1935, il met au point l'« Ambre solaire », première crème solaire. En 1936, son entreprise devient une SARL à qui il donne, le 4 avril 1939, le nom homophonique de son premier produit. Elle s’installe au 14, rue Royale, prestigieuse artère parisienne reliant la place de la Madeleine à la place de la Concorde.

Eugène Schueller met ses moyens personnels à la formation d'un groupe d’extrême-droite, le comité secret d’action révolutionnaire (CSAR), qui sera connu sous le nom de La Cagoule, dont André Bettencourt fait partie, et le siège de L'Oréal abritera de nombreuses réunions de l'organisation. En 1938, Eugène Schueller met en place dans l'entreprise le « salaire proportionnel », qui suit l’évolution du chiffre d’affaires. Pendant la Seconde Guerre mondiale, André Bettencourt dirigera la revue française collaborationniste, La Terre française. En 1942, Eugène Schueller envoie André Bettencourt en Suisse afin d'« aryaniser » la société Nestlé dont il est devenu l'un des principaux actionnaires. Après la guerre, André Bettencourt rejoint la direction du groupe. La filiale de L'Oréal en Espagne est créée par Henri Deloncle, le frère d'Eugène, elle emploiera le cagoulard Jean Filliol, condamné en tant que coresponsable du massacre d'Oradour-sur-Glane, lui permettant ainsi d'échapper à l'exécution de sa peine. Par ailleurs François Mitterrand est engagé comme directeur général du magazine (promotionnel des produits L'Oréal) Votre Beauté.

Jacques Corrèze, quant à lui, prend la tête de L'Oréal aux États-Unis. Cosmair (COSMetics for hAIR) devient l’agent exclusif des produits L'Oréal sur le continent américain. La même année, le groupe conclut des accords techniques avec la Société d’Hygiène Dermatologique de Vichy. Cette Société d’Hygiène, renommée les Laboratoires Industriels de Vichy spécialisés dans les crèmes et produits cosmétiques dans le secteur de la santé, est acquise par la famille Schueller-Bettencourt en 1955, ce qui lui ouvre son circuit de distribution, le réseau des pharmaciens. André Bettencourt épouse Liliane, la fille unique d’Eugène Schueller, en 1950. Il sera secrétaire d’État de Pierre Mendès France de 1954 à 1955, puis ministre de 1966 à 1973. André Bettencourt appelle son vieil ami de jeunesse, François Clauteaux (qui sort de Sciences Po) pour être le chef de la publicité de la maison L'Oréal et ce pendant toute la période d'après-guerre, jusqu'en 1958.

François Dalle prend la tête du groupe en 1957, à la mort de Schueller. Liliane Bettencourt devient l'actionnaire unique du groupe. L'Oréal s'implante deux ans plus tard au Brésil où il crée Faproco (FAbrica PROdutos COsméticos S.A.). Le groupe devient une SA et entre en bourse en 1964, année de l'achat de Lancôme qui permet au groupe d'aborder les métiers du luxe. Les années 1970 sont celles de l'accélération des acquisitions (Garnier, Biotherm, Synthélabo) et de l'opération de participation croisée avec le groupe Nestlé. Liliane Bettencourt, par peur d'une potentielle nationalisation de son groupe ou d'un rachat par Elf qui vient d'acquérir Sanofi, cède 25 % du capital de L'Oréal à Nestlé contre la participation de Mme Bettencourt de 4 % dans le capital de Nestlé Alimentaire SA, un pacte stipulant que cet équilibre ne peut être modifié du vivant de la fille unique de Liliane Bettencourt. En 1976, François Dalle (alors Président Directeur Général) et Liliane Bettencourt (fille du fondateur) font édifier à l'emplacement de l'ancienne usine Monsavon (rue Martre à Clichy) un ensemble de bureaux et les laboratoires d'un centre de recherche. Le but est de regrouper les diverses directions techniques et commerciales dispersées dans Paris.

Installée depuis 1935 à Courbevoie, Lancôme est à l'étroit avec son développement. Armand Petitjean (son fondateur) achète alors un terrain de 39 000 m2 à Chevilly-Larue (Val-de-Marne) au milieu des maraîchers et des horticulteurs ; Lancôme déménagera dans ses nouveaux locaux en 1962. Quant à l'usine d'Aulnay, la création revient à Denis Valode et Jean Pistre. Gagnants du concours architectural lancé par L'Oréal pour la construction de ce nouveau site de production, on y retient le toit en forme de trois pétales de fleur blancs. Il existe un site de production Gemey à Orléans-Ormes et un site logistique Garnier-Gemey (à Orléans-Ingré). En avril 2013, L'Oréal acquiert l'entreprise chinoise Magic Holdings, spécialisée dans les masques de beauté pour 635 millions d'euros. Le 11 février 2014, L'Oréal annonce l'acquisition de 8 % de son capital détenu par Nestlé, l'un de ses actionnaires principaux . Le même mois 2014, Shiseido vend pour 230 millions d'euro deux de ses marques Decleor et Carita à L'Oréal.

Organisé par circuits de distribution, le groupe L’Oréal dispose de quatre divisions opérationnelles : les produits professionnels, les produits grand public, les produits de luxe et la cosmétique active. Galderma et The Body Shop, activités à part entière, sont directement rattachées à la direction générale. ĽOréal possède également diverses participations dans des activités telles que la chimie fine, la santé, la finance, le design, la publicité, les assurances. Le fondateur de L’Oréal, Eugène Schueller aurait été, selon certains auteurs, l'un des financiers de La Cagoule, une organisation d'extrême-droite française des années 1930. Selon Thierry Meyssan, Schueller aurait abrité des réunions de la Cagoule dans son bureau. Schueller devient ensuite un des dirigeants du Mouvement social révolutionnaire. Schueller embauche en 1949 Jacques Corrèze pour développer les affaires de L'Oréal en Espagne. Corrèze, ancien dirigeant de la Cagoule, condamné en 1948 à dix ans de réclusion pour intelligence avec l'ennemi, sort de prison en 1949 pour être embauché par L’Oréal. Il est réhabilité en 1966.

Le 6 juillet 2007, Garnier, une filiale de L’Oréal est condamnée par la justice française pour « discrimination raciale à l'embauche ». Le groupe L’Oréal s'est pourvu en cassation contre ce jugement. D'autre part, une controverse s'est élevée parce que le directeur-général de L'Oréal avait indiqué que : « un candidat qui a un prénom d’origine étrangère avait plus de chance d’être recruté que celui qui porte un prénom français de souche.» Depuis juin 2000, l'association britannique animaliste Naturewatch organise une campagne de boycott contre L’Oréal pour dénoncer ses expérimentations sur les animaux. En réponse, le groupe a rappelé avoir cessé les tests des produits sur animaux depuis 1989, mais ne pas pouvoir garantir que les ingrédients fournis par d’autres entreprises n’ont pas été testés sur des animaux.

La polémique des années 2000 sur les stock-options a conduit L'Oréal, dans un souci de consensus, à renoncer à ce type de rémunération à partir de l'année 2012. La commission fédérale du commerce aux États-Unis a épinglé L'Oréal en juin 2014, au sujet de publicité mensongère, concernant ses gammes pour la peau "Lancôme Génifique" et "L'Oréal Paris Youth Code", qui affirmaient des propriétés antivieillissement "scientifiquement prouvées", ce que L'Oréal ne put prouver devant la commission. L'Oréal s'est donc vu notifier l'interdiction de revendiquer les propriétés antivieillissement de certains de ses produits haut de gamme de soin de la peau, sur le territoire américain, aux termes d'un accord signé avec les autorités américaines, ce qui évite au groupe des poursuites judiciaires pour publicité mensongère.

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