Maduro Nicolás

Publié le par Roger Cousin

Nicolás Maduro Moros, né le 23 novembre 1962 à Caracas (Venezuela), est un syndicaliste et homme politique vénézuélien.

Maduro Nicolás

D'abord député MVR (1999-2000), puis président de l'Assemblée nationale du Venezuela (2005-2006), il est ensuite ministre des Affaires étrangères (2006-2012) et vice-président du Venezuela (2012-2013). À la suite de la mort d'Hugo Chávez, le 5 mars 2013, il devient président par intérim, puis remporte l'élection présidentielle du 14 avril suivant avec 50,62 % des voix. Nicolás Maduro est, du côté de son père chef syndicaliste, juif séfarade. Cette origine a permis à Chávez, qui le fit ministre des relations extérieures, de dissiper les tensions avec la communauté juive vénézuélienne. S'il y a pour Nicolás Maduro « une grande diversité de communautés religieuses dans le pays », lui-même fut élevé dans la religion catholique comme 92 % des vénézuéliens. Il a en outre rendu publique son appartenance au mouvement de Sathya Sai Baba, gourou indien qui professait l'unité de toutes les religions.

Nicolás Maduro est issu de la classe moyenne d'un quartier populaire du sud de Caracas. Il milite dans la Ligue socialiste (marxiste-léniniste) du lycée au début des années 1990. Selon un de ses amis, il s'est fait expulser de son établissement scolaire en 1977 pour propagande communiste. Dans les années 1980, M. Maduro devient garde du corps des candidats socialistes à la présidence José Vicente Rangel (1983) et David Nieves (1988), mais également de Pablo Milanés. Après ses études il trouve un emploi comme conducteur de bus à Caracas, de 1991 à 1998, et devient membre du conseil administratif. C'est en tant que porte-parole des conducteurs qu'il commence à se faire un nom. Dirigeant syndicaliste à partir de 1990, il est l’un des fondateurs du nouveau syndicat du métro de Caracas (Sitrameca) et de la Force bolivarienne des travailleurs avant d’en devenir son coordinateur national. C'est aussi vers ce moment qu'il effectue en parallèle, à Cuba, des études de science politique8. La BBC affirme que les Vénézuéliens apprécient l'histoire de son ascension.

Du syndicalisme il arrive en politique. De 1994 à 1997 il est membre de la direction du MBR-200 que Chávez avait fondé en 1983, et qui était l'embryon du MVR qui deviendra le PSUV à partir de 2007 avec d'autres partis de gauche. Il participe aux émeutes de Caracas en 1989. Il épouse Cilia Flores, procureur générale de la République, avocate de formation, c'est elle qui a organisé la défense de Chávez lorsqu'il a été arrêté à la suite de l'échec de son coup d’État de 1992. Nicolás Maduro participe à la fondation du MVR en 1997 avec Hugo Chavez. Il est également corédacteur de la nouvelle constitution bolivarienne et devient député du MVR en 1999, puis président de l'Assemblée nationale du Venezuela de 2005 à 2006. Il a été nommé ministre des Affaires étrangères en août 2006 et vice-président de la République le 13 octobre 2012, à la suite de la réélection d'Hugo Chávez à la présidence. Pendant cette période d'absence du Président c'est donc Maduro qui a occupé les fonctions administratifs et économiques.

Il est présenté comme faisant partie de l'aile modérée du PSUV. Hugo Chávez le décrit comme « un révolutionnaire à part entière » « avec sa main ferme, avec sa vision, avec son cœur d’homme du peuple, avec son talent avec les gens, avec la reconnaissance internationale qu’il s’est acquise, c’est l’un des jeunes dirigeants ayant les meilleures capacités » ainsi qu'« un homme plein d’expérience malgré sa jeunesse ». À la suite de l’aggravation de la santé de Hugo Chavez en décembre 2012, il accuse les « ennemis historiques » du Venezuela d'avoir inoculé le cancer de Chávez et assure qu'il le prouvera. À la mort de celui-ci, le 5 mars 2013, il devient président du Venezuela par intérim et il déploie l'armée « pour garantir la paix » et c'est dans ce contexte d'instabilité que Maduro a expulsé deux fonctionnaires de l'ambassade des États-Unis accusés de nourrir une « déstabilisation » du pays. Le 7 mars, il annonce que le corps d'Hugo Chávez sera « embaumé », « comme Lénine », projet finalement abandonné quelques jours plus tard.

Le 8 mars 2013, il prête serment comme président de la République par intérim. L'opposition considère qu'il s'agit d'une violation de la Constitution, celle-ci prévoyant que le président de l'Assemblée nationale devienne président par intérim en cas de décès du chef de l'État. L'opposition critique également son éventuelle candidature à la présidence, constitutionnellement incompatible avec la fonction de vice-président. Pour fondées que soient ces critiques, la cour constitutionnelle est composée de membres que Chávez a choisis. Maduro est élu président de la République bolivarienne du Venezuela le 14 avril 2013. Il l'emporte avec 50,7 %, soit un score bien inférieur à ce qu'il pouvait espérer au vu de la plupart des sondages. Son adversaire, Henrique Capriles Radonski, battu de justesse, dénonce des irrégularités et conteste l'impartialité du Conseil national électoral (CNE). Capriles réclame le recomptage des votes, ce que Maduro accepte, avant que le CNE ne refuse. Deux jours après le scrutin, d'importantes manifestations pour protester contre les résultats officiels ont lieu avec actes de vandalisme et affrontements provoquant neuf morts chez les partisans de Maduro et les policiers. Après ces violences, le CNE accepte finalement de recompter les votes mais assure que ça ne changera « en aucune façon » les résultats, Capriles avait porté plainte contre cette élection au Tribunal suprême du Venezuela mais cette dernière a rejeté cette plainte et infligé une amende au candidat défait. Maduro prête serment le 19 avril.

Le 14 novembre 2013, Maduro se fait voter par le Parlement le droit de gouverner par décret pendant un an20, type de gouvernance utilisé par tous les présidents du Venezuela depuis les années 1970, y compris par Hugo Chavez. La principale raison de la gouvernance par décret est l'aggravation de la crise économique ces derniers mois. Ainsi Maduro promet de changer de modèle économique et vaincre la « bourgeoisie parasitaire » qui détient les rênes de l'économie et qui selon lui, tente sans relâche de déstabiliser le gouvernement dans le cadre de la « guerre économique ». Il promet aussi de lutter fermement contre la corruption, cette « anti-valeur du capitalisme ». Depuis 2014, il est contesté à l'occasion de grandes manifestations.

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