La Bataille d'Alger

Publié le par Gillo Pontecorvo

La Bataille d'Alger est un film italo-algérien de Gillo Pontecorvo, sorti en 1966. Le récit se déroule pour l'essentiel entre 1954 et 1957 et prend pour cadre, comme son titre l'indique, la bataille d'Alger ayant opposé, durant la guerre d'Algérie, l'armée française aux indépendantistes du Front de libération nationale. Le film est classé 120e sur la liste du magazine Empire des 500 meilleurs films de tous les temps. En 1954 à Alger en Algérie, le Front de libération nationale (FLN) diffuse son premier communiqué : son but est l'indépendance national vis à vis de la France, et la restauration de l'État algérien. Ali la Pointe propose des parties de bonneteau. Repéré par la police, il s'enfuit mais se fait agresser par un passant, il réplique et se fait tabasser par le reste du groupe. Rattrapé par la police, il se fait arrêter. Emprisonné, il assiste par la fenêtre de sa cellule à l'exécution d'une peine de mort par guillotine sur un nationaliste. Le FLN le contacte.

Cinq mois plus tard, il réalise une première mission pour le FLN : il tire au pistolet sur un policier. L'arme, qui lui est fournie au dernier moment, n'est pas chargée. Il s'enfuit. En rencontrant plus tard El-hadi Jaffar, un homme important au sein du FLN, il apprend que cette mission était un test pour voir s'il était un agent d'infiltration de la police. Jaffar estime que l'organisation n'est pas encore prête à tuer un policier. En avril 1956, le FLN décide de bannir l'usage et la vente des drogues dont l'alcool, la prostitution et le proxénétisme. Un homme ivre dans la rue est battu par des enfants. Ali la Pointe assassine un homme condamné à mort par le FLN. Des mariages clandestins sont organisés par le FLN. Le 20 juin 1956, une série d'attentats vise des policiers. Leurs armes sont volées. Les policiers répliquent et tirent sur des hommes armés. Les postes de police sont renforcés, des barrages filtrants sont montés par la police et des rues sont condamnées, bloquant ainsi les quartiers arabes. Des restrictions sont prises pour la vente de produits pharmaceutiques destinés à soigner des blessures par balle, les responsables d'établissement sanitaire doivent déclarer les blessés admis à la police.

Le 20 juillet 1956, une nouvelle vague d'attentats fait trois morts chez les policiers. La population des quartiers européens se fait menaçante envers les Arabes. Aidé par un commissaire, un homme dépose une bombe dans la casbah, tuant plusieurs personnes. La population manifeste le lendemain, le FLN contient la manifestation. Trois femmes sont chargées de déposer des bombes. Pour sortir de la casbah sans se faire fouiller, elles s'habillent « à l'européenne ». Les bombes explosent dans deux cafés et dans une agence Air France. Le 10 janvier 1957, les paras de la 10ème DP entrent dans Alger avec pour mission de lutter contre l'activité des réseaux terroristes du FLN. Leur chef, le colonel Mathieu Philippe, comme il l'explique à ses officiers dans un briefing sur la guerre anti-subversive, veut démanteler l'organisation pyramidale du FLN en procédant à des arrestations et des interrogatoires, sous-entendant le recours à la torture. En prévision d'une discussion sur l'Algérie à l'ONU, le FLN organise huit jours de grève générale pour montrer le soutient dont il dispose parmi la population. La grève est massivement suivie ; usant de violences, les militaires obligent une partie de la population à travailler. L'ONU refuse d'intervenir en Algérie.

Les méthodes de Mathieu s'avèrent efficaces, il obtient l'identité de l'État-major du FLN, dont font partie Jaffar et Ali la Pointe. Larbi Ben M'hidi, un des fondateurs du FLN est arrêté. Il meurt dans sa cellule dans des circonstances troublantes. La torture est employée au cours d'interrogatoires : chalumeau, électricité, eau… Les attentats continuent. Les militaires remontent jusqu'à l'état-major du FLN. Pris au piège, Jaffar se rend le 24 septembre 1957. Le 8 octobre 1957, Ali la Pointe est aussi pris au piège avec d'autres combattants. Il ne se rend pas, l'armée fait exploser la cachette. Le 11 décembre 1960, après deux années de calme, la population d'Alger manifeste. Des militaires tirent sur des manifestants. L'opinion publique française est influencée par ces manifestations. Des hommes politiques français cherchent alors à redéfinir la relation de la France avec l'Algérie. Finalement, le 2 juillet 1962, l'Algérie devient indépendante.

La bataille d'Alger de Gillo PontecorvoLa bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo

La bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo

Fiche technique

  • Titre français : La Bataille d'Alger
  • Titre anglais : The Battle of Algiers
  • Titre original : La Battaglia di Algeri
  • Réalisation : Gillo Pontecorvo
  • Assistant réalisateur : Ruggero Deodato
  • Scénario : Franco Solinas d'après un livre de Yacef Saadi
  • Musique : Ennio Morricone et Gillo Pontecorvo, Jean Sébastien Bach La Passion selon Saint Matthieu (BWV 244)
  • Photographie : Marcello Gatti et Tonino Delli Colli
  • Montage : Mario Morra et Mario Serandrei
  • Production : Antonio Musu pour Igor Film (Italie) ; Yacef Saadi pour Casbah Film (Algérie)
  • Producteur exécutif : Ruggero Deodato
  • Langue : français, italien, anglais, arabe
  • Format : noir et blanc - 1,85:1 - mono - 35 mm
  • Durée : 121 minutes (1 h 57)
  • Distribution : StudioCanal
  • Mention CNC : interdit aux moins de 12 ans, art et essai (visa d'exploitation no 37251 délivrée le 1er juin 1970)
  • Date de sortie 08/09/1966

Distribution

  • Brahim Haggiag : Ali la Pointe
  • Jean Martin : le colonel Mathieu
  • Yacef Saadi : Djafar, le chef de la Zone autonome d'Alger
  • Latafi Ahmed : Petit Omar
  • Larbi Zekkal : un combattant du FLN
  • Samia Kerbash : une des filles du réseau bombes
  • Ugo Paletti : le capitaine des parachutistes français
  • Fusia El Kader : Halima, l'une des filles du réseau bombes

Publié dans Films

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