Mein Kampf, un livre «pervers urgent d'analyser»

Publié le par Le Figaro par Noémie Halioua

Mein Kampf, un livre «pervers urgent d'analyser»

Alors que l'ouvrage d'Hitler va être réédité chez Fayard en janvier, le traducteur français Olivier Mannoni a défendu au micro d'Europe 1 l'intérêt pédagogique du corpus.

«Il est très urgent d'analyser ce corpus, de comprendre comment il fonctionne», a expliqué Olivier Mannoni, le traducteur français de Mein Kampf chez Fayard.

«Il est très urgent d'analyser ce corpus, de comprendre comment il fonctionne», a expliqué Olivier Mannoni, le traducteur français de Mein Kampf chez Fayard.

Depuis octobre, la réédition de Mein Kampf ne cesse de diviser. Si certains s'inquiètent de voir tomber le manifeste d'Hitler entre de mauvaises mains, d'autres sont convaincus que le pamphlet peut constituer un support pédagogique pour le grand public. C'est le cas d'Olivier Mannoni, le traducteur choisi par les éditions Fayard et qui a travaillé deux ans sur l'ouvrage qui énonce les bases idéologiques du programme nazi.

«Il est très urgent d'analyser ce corpus, de comprendre comment il fonctionne, quels sont ses ressorts et en quoi il demeure pervers et extrêmement dangereux», a expliqué au micro d'Europe 1 celui qui s'est attelé à reproduire le corpus en version française et qui a déjà traduit de l'allemand des romanciers comme Martin Suter ou Sherko Fatah.

Des conséquences qui perdurent

Outre l'intérêt historique d'un tel document, le traducteur français évoque l'importance de sa capacité à mettre en lumière certaines resurgences contemporaines, comme le complotisme. «On retrouve encore aujourd'hui des thèmes qui constituent le moteur de Mein Kampf, par exemple dans le complotisme, des idées comme l'invasion bactérienne, la crainte de la contamination par l'étranger et par l'Autre, développé de façon paranoïaque», analyse-t-il. Et d'ajouter: «Je pense que ce livre a eu des conséquences historiques dramatiques et qu'il a des conséquences intellectuelles qui continuent à exister aujourd'hui.»

M. Mannoni déclare s'être attelé à une traduction plus moderne que celle publiée en 1934 et plus fidèle au texte d'origine, pour mieux rendre compte du caractère «brouillon , incohérent, relativement mal écrit» de sa première version. Justifiant: «C'était une traduction en beau français, alors que l'allemand d'Hitler était abominable.»

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article