Opération Allied Force

Publié le par Mémoires de Guerre

L'Opération Allied Force (français : opération force alliée) est le nom de l'opération militaire de bombardement de l'OTAN sur des cibles serbes (Yougoslave à l'époque, petite Yougoslavie) durant la guerre du Kosovo, du 23 mars au 10 juin 1999, à la suite de l'incident de Račak.

Opération Allied Force

Historique

La campagne aérienne a duré 78 jours, du 24 mars au 10 juin 1999. Le nombre de sorties aériennes nécessaires pour faire plier la République fédérale de Yougoslavie fut de 37 465, soit 480 par jour en moyenne. L'opération de frappes aériennes a été décidée après l'échec de la conférence de Rambouillet (6 février-19 mars 1999) et prise le 22 mars 1999. La cible proclamée de ces raids était le complexe militaro-industriel serbe et les centres du pouvoir de Slobodan Milošević. Cependant, de nombreux bâtiments non militaires (notamment des usines chimiques, ce qui provoqua de graves problèmes écologiques et sanitaires) ainsi que des civils furent bombardés. Les pertes humaines non civiles du côté yougoslave seraient, selon les déclarations du gouvernement Miloševic en juin 1999, de 462 soldats tués et 199 blessés, ainsi que de 114 policiers tués.

L'OTAN annonça un bilan matériel de 20 chars, 220 transports et 450 pièces d’artillerie de l'armée populaire yougoslave détruits. Cependant, une enquête du magazine Newsweek publiée le 15 mai 2000, s’appuyant sur un rapport de l’armée de l’air américaine, révéla que seuls 14 chars, 18 transports de troupes et 20 pièces d’artillerie yougoslaves avaient été détruits et que le reste du bilan était constitué par les leurres utilisé par les forces yougoslaves. Cinq avions de combat MiG-29 et un J-22 Orao furent détruits en vol, plusieurs autres au sol. Les casernes, bases aériennes, et dépôts logistiques furent sérieusement endommagés ainsi que l'industrie pétrochimique et les réseaux de transport. Une enquête de l'Organisation non gouvernementale Human Rights Watch a recensé 90 incidents lors des bombardements, entraînant la mort de 489 à 528 civils. Environ deux tiers d'entre-eux (303 à 352) étaient des réfugiés kosovars. Si l'OTAN se défendit en invoquant le concept de dommage collatéral, elle n'en fut pas moins vivement critiquée, l'enquête précédente, par exemple, concluant à une violation du droit international humanitaire.

58 574 missions aériennes sur ses 78 jours d’opération, effectuées par un total maximal de 786 aéronefs de l'OTAN pendant lesquelles deux appareils américains furent perdus au combat (Un F-117 et un F-16) ; plus de 800 missiles sol-air ont été tirés par la DCA de l'Armée populaire yougoslave. On compte 8 676 missions offensives qui ont conduit au largage d'environ 23 000 munitions, 5 551 missions de défense aérienne et 4 397 missions SEAD anti-radar, le reste étant du soutien. 12 F-16 de la Composante Air de l'armée belge présents à Amendola Air Base (en) ont effectué 679 sorties de combat et ont largué 279 bombes et missiles.

Les forces aériennes françaises ont effectué environ 2 000 sorties durant ce conflit ; 420 missions ont permis le tir effectif de 988 bombes et missiles dont 49 furent largués au-dessus de la mer Adriatique par des Super-Étendard. Les stocks de munitions air-sol de l'armée de l'air et de l'aviation navale françaises ont rapidement été insuffisants, notamment les bombes guidées par laser (BGL), ce qui a conduit à utiliser des bombes Paveway américaines en complément. Lorsque la configuration des cibles s'y prêtait – large surface à traiter, pas de risques collatéraux… – des bombes « lisses » non guidées de fabrication française ont été utilisées, bien que l'insuffisance des stocks ait rendu nécessaire, en cours de campagne, l'acquisition de bombes américaines Mk82, de 250 kg. 398 bombes lisses furent utilisées sur un total de 988 bombes et missiles largués. D'après Jean-Christophe Buisson, rédacteur en chef au Figaro Magazine et essayiste, cette opération humanitaro-militaire violait plusieurs lois et conventions internationales (par exemple l'article 2 de la Charte des Nations Unies qui interdit l'usage de la force « contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout État.

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