Beimler Hans

Publié le par Mémoires de Guerre

Hans Beimler (2 juillet 1895 à Munich – 1er décembre 1936 à Madrid) est un militant communiste allemand qui fut détenu dans les camps de concentration nazis en 1933 et est mort en combattant aux côtés des Républicains espagnols pendant la guerre d'Espagne.

Beimler HansBeimler Hans

Le père de Hans Beimler était un ouvrier agricole. Beimler fréquenta l'école élémentaire de Waldthurn (Haut-Palatinat, Bavière) avant d'apprendre le métier de serrurier ; en 1913 il intégra la Fédération des travailleurs du métal allemands (DMV). Lors de la Première Guerre mondiale, il fut marin dans la Marine impériale, sur un dragueur de mines alors que les marins allemands prirent une grande part aux mouvements insurrectionnels de la Révolution allemande de 1918-1919. En 1918, il devint membre du Conseil ouvrier des ouvriers et soldats de Cuxhaven. Il adhéra par la suite au spartakisme, et devint en 1919 membre fondateur du Parti communiste allemand. Pendant la Révolution allemande de 1918-1919, Beimler se bat pour l'éphémère République des conseils de Bavière (avril-mai 1919), puis est emprisonné pendant quelque temps, après l’écrasement de la République. Beimler travailla ensuite comme machiniste, tout en poursuivant ses activités syndicales : il fut président de la cellule du KPD de Nymphenburg dans la banlieue de Munich.

Beimler fut de nouveau arrêté en juin 1921 après avoir essayé d'arrêter un transport de troupes en faisant sauter un pont et fut condamné à deux ans de prison. Il fut enfermé dans la prison de Niederschönenfeld, prison dans laquelle la République de Weimar détenait d'autres activistes : August Hagemeister (1920-1923) - Erich Mühsam (1920-1924) - Ernst Niekisch (1920-1921) - Ernst Toller (1920-1924) - Albert Daudistel (de) (1923-1925). À sa libération en 1923, Beimler travailla dans une usine de locomotives à Munich et devint membre du conseil bolchévique local. Surveillé par la République de Weimar comme membre du bureau des activités opérationnelles du PC de Bavière, Beimler fit cependant partie de la délégation de 14 travailleurs allemands invités en juillet-août 1925 en Union soviétique. De 1928 jusqu'au printemps 1932, Beimler fit partie de la direction de la section du KPD couvrant le district d’Augsbourg, puis devint secrétaire politique pour tout le sud de la Bavière. Parallèlement, Beimler fut élu membre du 1er parlement de Bavière, puis député communiste au Reichstag (1932).

Ernst Thälmann, chef du KPD, arrêté en mars 1933, assassiné en 1944, a donné son nom au Bataillon Thälmann, qui a fait partie de la XIe Brigade internationale (1936-37) puis de la XIIe B.I. (1937-38). Le 7 février 1933 a lieu à la Sporthaus Ziegenhals une réunion du ZK (Zentralkomitee) du KPD sous la présidence d’Ernst Thälmann : un coup d’état (avec le soutien du Parti social-démocrate d'Allemagne est envisagé. Le 11 avril 1933 Beimler est arrêté. Détenu illégalement, torturé au siège de la police de Munich, au bout de 2 semaines il est transféré au camp de concentration de Dachau. Dans la nuit du 8 au 9 mai, il tue un garde S.A. et s’évade sous le couvert de l’uniforme S.A. Il se cache, arrive à Prague. Il travaille à Prague, à Zurich, début 1934 il se trouve en France où il s'occupe des exilés allemands via le Secours Rouge pour le compte du KPD, voir le témoignage de Wilhem Gegenbach dans son ouvrage A l'école de l'exil 1933-1934 Editions Acratie novembre 2013 : premier contact entre les deux hommes page 208 ) puis (en novembre 1934) part pour l’Espagne. Le soulèvement armé nationaliste débute en Espagne le 17-18 juillet 1936. Immédiatement, à Paris (la France est depuis début mai 36 et les élections législatives françaises de 1936 sous le régime du Front populaire), le Comité central du Parti communiste étudie les premières mesures à adopter pour soutenir les Républicains espagnols.

Beimler est à Barcelone dès le 5 août et commence à recruter des volontaires allemands, autrichiens, scandinaves et suisses pour former le Bataillon Thälmann, qui sera incorporé à la XIe Brigade internationale (puis ultérieurement à la XIIe B.I.). Beimler crée un bureau d’accueil en gare de Barcelone pour les volontaires qui arrivent d'Europe du Nord via la France6. Il est nommé commissaire politique du Bataillon Thälmann. Les nationalistes, qui ont amené des pontons à Torija pour passer la rivière Manzanares dans la banlieue ouest de Madrid, seront arrêtés lors des combats acharnés de la bataille de Madrid. Le 1er décembre 1936, alors que le plus gros des combats de la bataille de Madrid est passé depuis une semaine et que la poussée nationaliste a été arrêtée, Beimler part en reconnaissance avec deux camarades dans le secteur de la Cité Universitaire, près du pavillon « El Palacete ». Dans un chemin creux (non loin de l’actuel Palais de la Moncloa), il est tué par balle, ainsi que son ami Francis Vehlow (pseudonyme : Louis Schuster), tandis que Richard Staimer (le futur gendre de Wilhelm Pieck) revient indemne et attribue la mort de ses compagnons à un sniper nationaliste, probablement marocain. Le 3 décembre 1936, un grand meeting a lieu au cinéma « Royalty » à Madrid, et des discours des nombreux dignitaires des différents partis de gauche (Pietro Nenni en particulier) célèbrent la mémoire de Hans Beimler.

Selon Hans Maassen , pendant le court délai entre la mort de Beimler à Madrid et son inhumation à Barcelone, plus de deux millions d’Espagnols se sont inclinés sur son cercueil. Beimler est enterré avec tous les honneurs au cimetière de Montjuïc, à Barcelone , et la XIe Brigade internationale est baptisée Brigade Hans Beimler en son honneur. Ernst Buch a composé les paroles du Beimler-lied. Par la suite, une rumeur court, propagée par l'épouse de Beimler et son amie Antonia Stern : Beimler aurait été liquidé par Richard Staimer sur ordre du NKVD, car il affichait ses sympathies pour les anarchistes et les POUMistes espagnols proches de Trotsky. Selon Werner Abel : Beimler, d’esprit très indépendant, n’était pas aimé de la hiérarchie militaire en place, critiquait ouvertement les actions de Staline et de ses adjoints en général, et s’étonnait en particulier que l’Union Soviétique n’ait rien fait pour sauver Ernst Thälmann ; de plus il s’opposait à ceux qu'il appelait des politiciens opportunistes, et qui cherchaient à établir leur domination sur les Brigades internationales. 

Abel cite par ailleurs l’esquisse biographique écrite par Friedbert Mühldorfer en addition à l’édition de 2011 du livre de Beimler Im Mörderlager Dachau : selon Mühldorfer, Beimler n’avait pas été nommé officiellement commissaire politique par l’appareil, il s’était présenté de lui-même et avait offert ses services… Son fils, Hans Beimler, né en 1917, vivait en Union soviétique. En 1938, au cours de la Grande Purge, le jeune homme est arrêté par le NKVD en même temps que de nombreux jeunes allemands (certains fils de militants communistes connus, comme Max Maddalena (de) et Gustav Sobottka), dans le cadre d’un prétendu complot des Jeunesses hitlériennes contre Staline. Six jeunes seulement, dont Hans Beimler fils, seront libérés. Hans parvient ensuite à fuir au Mexique. Beimler avait épousé en 1930, en secondes noces, Centa (1909-2000), qui travaillait au journal communiste Neues Zeitung de Munich. En 1933, elle est internée au camp de concentration ZK Moringen. Libérée, elle est à nouveau emprisonnée en 1942. En 1945 elle devient fonctionnaire du KPD de Bavière.

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