Maîche : une capture osée et rocambolesque

Publié le par L'est Républicain

Maîche : une capture osée et rocambolesque

Historien du vieux Maîche, Michel Simonin raconte l’enlèvement de l’officier allemand.

Elisabeth Schott, décorée des mains du général De Lattre de Tassigny

Elisabeth Schott, décorée des mains du général De Lattre de Tassigny

A l’occasion du dépôt de gerbe par le Souvenir Français, à la stèle FFI des Combes de Maîche, qui se déroulera le dimanche 24 avril, juste après les autres cérémonies officielles de la place des Déportés, Michel Simonin, historien du vieux Maîche, de l’horlogerie et de la Seconde Guerre mondiale et qui vient d’achever un nouveau livre, ressort de ses archives la photo d’Elisabeth Schott, de Montbéliard, qui a permis l’enlèvement d’un officier allemand, Helmüt Doll, aux Combes de Maîche.

Rappel des faits : après la destruction du poste de guet des Ecorces, l’armée allemande réquisitionne l’hôtel Mont-Miroir pour s’y installer le 3 juillet 1944. La garnison compte 80 soldats commandés par l’adjudant-chef Doll, particulièrement endoctriné par le nazisme.

A cette période, plusieurs résistants de Montbéliard sont détenus au Fort Hatry de Belfort, après l’échec du coup de main « Au Café des Chasseurs » de Montbéliard où trois résistants furent tués et un fait prisonnier (il s’agit de Robert Cuenot, jeune séminariste).

Au cours de ses visites journalières au Bristol de Montbéliard, une jeune infirmière, Elisabbeth Schott, du groupe des femmes de la Résistance de la cure de Saint-Maimboeuf, est volontaire pour prodiguer des soins à des blessés résistants incarcérés. C’est au cours de ces visites qu’elle est accostée par l’officier Doll qui entame une conversation galante. L’Allemand lui propose de venir le rejoindre à Maîche, ce qu’elle accepte avec méfiance. La rencontre a lieu le 5 août 1944.

Elle impose des exigences : pas de chien ni de soldat d’accompagnement lors de leurs promenades. Elisabeth a un prétexte pour sa famille : venir soigner un enfant malade. Le résistant Fred Olgiesser prend contact avec le groupe Doubs Nord qui fusionne avec son groupe de Bethoncourt pour cette opération d’enlèvement de l’officier allemand.

Tout avait été minutieusement préparé et répété. Le commandant Rémond, de Charquemont, a confié la mission au lieutenant Feuvrier, de Bonnétage, au gendarme Braley, du Russey. Le groupe Doubs Nord fut mobilisé avec Jeanz Panizza (celui-là même qui a franchi le premier le Rhin lors de la reconquête) et les FFI. Le groupe Fred de Bethoncourt Sainte-Suzanne fut engagé avec Néri, Poillet, Bencetti et Mme Mougin qui devait simuler un rendez-vous amoureux aux Combes en se dissimulant légèrement.

La capture de l’officier fut rocambolesque car il résista beaucoup. Problème inattendu : on ne savait pas comment le transporter. Il fut hissé sur une charrette qui passait par là. Elisabeth ne rentra pas chez elle mais à Hérimoncourt puis passa en Suisse où elle resta jusqu’à la libération de Montbéliard en 1944. Elle reçut la Croix de guerre en 1946, des mains du général De Lattre de Tassigny. Fred fut assassiné par les SS deux mois plus tard dans les bois de Dasles.

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