Mort de Patricio Aylwin, premier président élu après la dictature de Pinochet au Chili

Publié le par Le Monde

Mort de Patricio Aylwin, premier président élu après la dictature de Pinochet au Chili
Mort de Patricio Aylwin, premier président élu après la dictature de Pinochet au Chili

Son élection avait marqué le début de la transition démocratique au Chili. Le démocrate-chrétien Patricio Aylwin est mort mardi 19 avril, à l’âge de 97 ans, a annoncé sa famille. Il était le premier président élu après la dictature d’Augusto Pinochet, de 1973 à 1990.

« Le Chili a perdu un grand homme d’Etat, un homme qui plaçait l’unité avant nos divergences, un homme qui a rendu possible la démocratie après avoir été élu président de la République ; et en ce sens, nous devons beaucoup à Patricio » Aylwin, a déclaré l’actuelle présidente, la socialiste Michelle Bachelet. Le gouvernement a décrété trois jours de deuil pour rendre hommage à l’ancien chef de l’Etat, qui avait dirigé le pays durant les premières années de la transition démocratique au Chili.

Une transition démocratique contrastée

Le régime d’Augusto Pinochet était tombé à l’issue du référendum de 1988, le dictateur, qui avait pris le pouvoir le 13 septembre 1973, ayant été rejeté par les électeurs. Après cette défaite, en mars 1990, Augusto Pinochet avait remis le pouvoir à Patricio Aylwin, élu président, dès le premier tour, le 14 décembre 1989, avec 55 % des suffrages.

D’un côté, Patricio Aylwin était apprécié pour avoir réussi à combiner croissance économique et mise en place de la démocratie durant son mandat, consécutif à son élection en 1989. De l’autre, certains l’ont accusé d’avoir privilégié la stabilité aux dépens d’un approfondissement des réformes politiques.

On a pu également lui reprocher de ne pas s’être plus fermement prononcé contre les violations des droits humains commises sous son prédécesseur, le général Pinochet, qui avait renversé le président marxiste Salvador Allende lors du putsch du 11 septembre 1973.

Patricio Aylwin avait pourtant créé une commission nationale de vérité et de réconciliation, chargée d’enquêter sur les exécutions politiques et les disparitions de militants de gauche sous la dictature.

Toutefois, non seulement Augusto Pinochet est resté à la tête des forces armées pendant plusieurs années après avoir quitté ses fonctions présidentielles, mais la Constitution que le dictateur avait mise en œuvre est restée en vigueur. De ce fait, il a fallu de nombreuses années après la transition démocratique pour que les auteurs présumés de crimes commis sous la dictature puissent être traduits devant la justice.

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