Panama Papers, les Ports Francs réagissent

Publié le par Tribune de Genève par Pierre-Alexandre Sallier

Panama Papers, les Ports Francs réagissent

Oeuvres d'arts spoliéesLe directeur général des entrepôts publics, répond aux révélations sur la présence d’un Modigliani volé par les Nazis à Genève.

Panama Papers, les Ports Francs réagissent

«Nous ne pouvons ni infirmer ni confirmer la présence de l’œuvre en question, puisque seul notre locataire ainsi que l’Administration fédérale des douanes connaissent les marchandises déposées», se défendait vendredi après-midi Alain Decrausaz, directeur général des Ports Francs de Genève. Quelques heures plus tôt, le Ministère public genevois avait, selon le quotidien Le Temps, mené une perquisition sur le site des Ports Francs, dans les locaux de la société d’entreposage Rodolphe Haller.

Une visite de la police en lien avec les révélations – publiées jeudi par la Tribune de Genève dans le cadre de l'enquête sur les «Panama Papers» – au sujet du véritable propriétaire d’un Modigliani disparu depuis la Guerre. Aujourd’hui stockée aux Ports Francs par la société Haller et recherchée par un descendant du marchand d’art parisien spolié par les Nazis, l’œuvre appartient officiellement à la société-écran IAC. Cette dernière masque David Nahmad, l’un des plus influents collectionneurs d’art au monde.

Acquis dans le secret lors d’une vente aux enchères en 1996, ce portrait de l'Homme assis appuyé sur une canne – il vaudrait aujourd’hui 25 millions de francs – «aurait ensuite plusieurs fois quitté les Ports Francs et Entrepôts Genevois pour des expositions publiques à l’étranger», précise Alain Decrausaz. Selon ce dernier il n’était pas caché «mais simplement entreposé dans des conditions optimales de qualité et de sécurité».

En plein processus de réforme – sous la houlette d’un ancien chef du Département des finances – que peut faire le blockhaus gris du quartier de l’Etoile pour ne plus servir de refuge aux œuvres spoliés? «Ce n’est pas à notre avis la Douane qui a le moyen de vérifier cette qualification – celle-ci nécessite une approche totalement nouvelle du marché de l’art», estime le directeur général de cette institution publique.

Ce dernier appelle le monde de l’art à mettre en place «une autorégulation» de ses activités. Alain Decrausaz évoque par exemple la mise en place, «par le marché», d’un «passeport» pour chaque œuvre de valeur conséquente. Dans le cas du Modigliani incriminé «nous nous retrouverions en situation de bénéficier d’une traçabilité mentionnant au minimum l’ayant droit économique, ou le propriétaire «acheteur» de l’œuvre, lors de la vente de 1996». A l’en croire, les événements de la vie du tableau seraient par la suite «particulièrement aisés à suivre». (TDG)

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article