PATRICIO AYLWIN - Le père de la transition démocratique chilienne est mort

Publié le par Le petit Journal par Alexandre Hamon

PATRICIO AYLWIN - Le père de la transition démocratique chilienne est mort

L’ex-président la République du Chili, Patricio Aylwin, est décédé ce mardi 19 avril à l’âge de 97 ans accompagné de sa famille. Il restera la grande figure politique du retour à la démocratie en 1990 après 17 ans de régime militaire d’Augusto Pinochet.

PATRICIO AYLWIN - Le père de la transition démocratique chilienne est mort

En décembre dernier, l’ancien chef d’Etat avait subi un traumatisme crânien suite à une chute à son domicile. Les proches d’Aylwin ont indiqué qu’après cet accident, sa santé n’a cessé de se détériorer. Il est mort de causes naturelles à son domicile de Providencia à 10h30 ce matin. Trois jours de deuil national ont été décrétés en son hommage.

Avocat diplômé de l’Université du Chili, Patricio Aylwin a débuté sa carrière politique en 1945 comme secrétaire de la Cour Suprême. Douze ans plus tard, en 1957, il a participé à la fondation du parti Démocratie Chrétienne (DC), dont il a été le président sept reprises.

Pour puis contre le coup d'Etat

En septembre 1973, en tant que chef du parti DC, il a apporté son soutien au coup d’Etat militaire de Pinochet, en affirmant qu’entre "une dictature marxiste et une dictature de nos forces armées, [il choisirait] la seconde". "Le gouvernement d'Allende avait échoué dans sa voie chilienne vers le socialisme et s'apprêtait à instaurer une dictature communiste par la force. L'action des Forces Armées a simplement anticipé ce risque pour empêcher le pays de tomber dans une guerre civile ou une tyrannie communiste", avait-il déclaré à la télévision espagnole en septembre 1973. 

Au fil des années, Aylwin s'est converti en un ferme opposant à la dictature. A partir de 1987, il a participé aux négociations avec Augusto Pinochet pour apporter des réformes à la Constitution de 1980, lesquelles ont marqué le premier vers la transition démocratique.

En 1988, il a soutenu la campagne victorieuse du « NO » dans le cadre du référendum de 1989 pour demander la sortie de Pinochet. Un an plus tard, il a été désigné candidat présidentiel pour la Concertation de Partis pour la Démocratie. Il a finalement gagné les élections le 14 décembre 1989 avec 55,2% des votes.

Il restera le premier président élu de la République et le père de la transition démocratique pacifique. Il a consolidé le retour à la démocratie, encouragé la réconciliation nationale et mis la lumière sur les violations des droits de l’homme perpétrées durant la dictature de Pinochet.

Son discours au Stade Nacional en 1990 est resté dans l'histoire. En invitant avec fermeté à la réconciliation entre les militaires et la société civile, il avait d'abord été hué par le public puis fortement applaudi. 

Sous sa présidence, le Chili a aussi connu un essor économique substantiel avec une croissance annuelle de l'activité de l'ordre de 7%. La pauvreté, qui touchait alors plus de 40% de la population, a été réduite de 20%. 

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