Jules Gaullier, mémoire vivante de la Seconde Guerre mondiale

Publié le par La Dépêche

Jules Gaullier, mémoire vivante de la Seconde Guerre mondiale

À 98 ans, c'est le plus âgé des adhérents de l'amicale des anciens combattants de Baziège. Jules Gaullier a accepté de raviver quelques-uns de ses souvenirs.

Jules Gaullier

Jules Gaullier

Celui qui n'a jamais connu son père, «sans doute un soldat de la guerre de 1914-2018», a été élevé par sa grand-mère jusqu'à ses 8 ans. Sa mère le destine à la coiffure. Pourtant c'est un autre avenir qui attend ce jeune homme brillant. Son patron coiffeur le conduira jusqu'à Paris où il deviendra ingénieur et s'embarquera dans de nombreux voyages à travers le monde.

Jules Gaullier se souvient du premier avion biplan traversant la Sologne, et entend encore les annonces au tambour pour des avis à la population. «J'ai été élevé dans l'esprit de la guerre !» affirme Jules Gaullier, qui est mobilisé le 16 septembre 1939 au 38e Régiment de transmissions à Montargis dans le Loiret. En raison de sa préparation militaire il est nommé caporal avec fonction de sergent et affecté en mars au 8e groupe de reconnaissance divisionnaire d'Infanterie comme opérateur radio.

«Après l'attaque des Allemands, ma division blindée se dirige vers Paris du 8 au 10 mai 1940. C'est alors que les combats pour la reconquête de la Somme débutent sous les attaques des avions Stukas», se souvient Jules Gaullier, qui n'a oublié aucun détail de la campagne de France de l'été 40. Du 18 au 20 mai les Allemands reculeront devant cette contre-offensive. La division blindée tiendra le front sur la Somme mais ne pourra pas faire de liaison avec la division du colonel de Gaulle. Les 5 et 6 juin la division de Jules Gaullier devra reculer vers Soissons et Compiègne en devançant les mineurs du génie chargés de détruire tous les ponts et les dépôts de carburants.

Le 21 juin 1940, parti en reconnaissance pour fixer les colonnes allemandes Jules Gaullier est fait prisonnier par un détachement blindé allemand et est cantonné dans un parc avec trois autres prisonniers. Avec ses camarades il décide de tenter une évasion à la faveur de la nuit. Jules connaît parfaitement la région et ramène tout le monde dans son village natal où ils se cachent. Ses compagnons poursuivent ensuite leur voyage en civil. Le Solognot reste caché jusqu'au 2 septembre 1940 et se rend à la gendarmerie de la Motte Beuvron où il rendra son uniforme et sera démobilisé.

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