Fusillés du 6 juin 1944 à la prison de Caen : « un mystère mais on espère toujours »

Publié le par Liberté Le Bonhomme Libre par Arnaud Héroult

Fusillés du 6 juin 1944 à la prison de Caen : « un mystère mais on espère toujours »

Vanina Brière vient de sortir son 3e livre, Théo, petit-fils de héros anonyme. Un roman sur les civils dans la bataille de Caen et les fusillés de la prison de Caen le 6 juin 1944.

Vanina Brière est auteure jeunesse et chercheuse à la Fondation pour la Mémoire de la Déportation à Caen

Vanina Brière est auteure jeunesse et chercheuse à la Fondation pour la Mémoire de la Déportation à Caen

Lundi 6 juin 2016, deux cérémonies auront lieu à la prison de Caen. Une publique, devant la maison d’arrêt. L’autre privée à l’intérieur. Un instant intime de recueillement pour les familles qui ont perdu un proche il y a 72 ans jour pour jour.

Le 6 juin 1944, alors que les Alliés viennent de débarquer, 70 à 80 prisonniers sont exécutés par la Gestapo. La plupart des fusillés sont des résistants. Enterrés dans la cour de la promenade de la prison, les corps sont exhumés fin juin 1944 face à l’avancée des troupes de libération. Les corps sont alors emmenés en camion et jetés dans un lieu qui n’a depuis, jamais été découvert.

L’histoire de leur vie

Avec Théo, petit-fils de héros anonyme, Vanina Brière signe son troisième roman, après Les souliers à talons et Le premier des convois.

Trois ouvrages en relation avec la Seconde guerre mondiale. « J’ai écrit le premier car j’avais deux enfants en primaires et je trouvais qu’il n’y avait pas d’outils pédagogiques sur ce conflit. Et aussi parce que j’ai toujours adoré la littérature jeunesse », confie la doctorante en histoire contemporaine (sa thèse portait sur les Français déportés au camp de concentration de Buchenwald). Ensuite « le Mémorial de Caen m’a fait intervenir dans beaucoup d’écoles. Mon objectif c’est de vulgariser l’Histoire, encore plus pour les enfants. »

C’est par son travail à Caen, à la Fondation pour la Mémoire de la Déportation que l’historienne a eu l’idée de ce nouveau livre :

Depuis 10 ans on participe aux cérémonies en hommage aux fusillés de 44 à la prison de Caen. Les veuves, enfants, petits-enfants n’ont que ce lieu pour se souvenir. Mais toujours avec cette question : où sont les corps. C’est l’histoire de leur vie.

Mais Théo, petit-fils de héros anonyme, n’est pas un nouveau récit historique sur ce sujet. « Tout a déjà été fait. Le livre de Jean Quellien par exemple. Moi, je romance des histoires vraies. »

En l’occurrence, elle se base sur des témoignages. « J’ai interrogé des enfants qui se souviennent de l’arrestation de leur père. Comme Christian Arrot qui avait 6 ans en 1944. »

Comment les familles ont su

Mais avec ces rencontres, Vanina Brière, fait une trouvaille, plus personnelle :

J’ai découvert comment les familles ont su que leurs parents avaient été fusillés. Ils n’ont appris la mauvaise nouvelle qu’en 1945. Ils attendaient le retour des déportés, certains anciens prisonniers à la prison de Caen. Ce sont eux qui leur ont dit.

Mais toujours cette question lancinante et ce calvaire pour les familles des victimes. Retrouvera-t-on un jour les corps des fusillés ?

« Cela reste un mystère mais on espère toujours », pense Vanina Brière. « Jusqu’à la fin des années 1980 il y a eu des enquêtes de l’Etat. Ce que l’on sait, c’est qu’il y a eu 1 h 30 maximum de route. On sait jusqu’à où ils ont pu aller. »

Mais où ? « Ce peut-être du côté de Carpiquet, peut-être qu’avec le projet d’allongement de la piste on verra. L’autre espoir pourrait venir de spéléologues si les corps ont été jetés dans une cavité. » Et enfin les corps auront leur sépulture.

Théo, petit-fils de héros anonymes (Oskar éditeur), 9,95 €.

Fusillés du 6 juin 1944 à la prison de Caen : « un mystère mais on espère toujours »

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