Décès de Rocard : la classe politique salue l'homme de "la modernisation de la gauche"

Publié le par Les Echos par Clémence Lemaistre

Décès de Rocard : la classe politique salue l'homme de "la modernisation de la gauche"

A peine le décès de l'ancien Premier ministre annoncé, ce samedi soir, les réactions ont afflué pour rendre hommage au théoricien de la deuxième gauche.

A peine le décès de l'ancien Premier ministre annoncé, ce samedi soir, les réactions ont afflué pour rendre hommage au théoricien de la deuxième gauche

A peine le décès de l'ancien Premier ministre annoncé, ce samedi soir, les réactions ont afflué pour rendre hommage au théoricien de la deuxième gauche

La classe politique a salué la mémoire, samedi soir, de l'ancien Premier ministre Michel Rocard, décédé un peu plus tôt dans l'après-midi. A droite comme à gauche, nombreux ont été ceux qui ont rendu hommage au père de "la deuxième gauche", qui entendait incarner une vision rénovée de la gauche, prenant en compte "les contraintes de l'économie mondialisée" sans "renoncer aux ambitions sociales".

François Hollande a ainsi salué un homme qui incarnait un socialisme conciliant "utopie et modernité". "Une grande figure de la République et de la gauche vient de disparaître. Michel Rocard ne dissociait jamais son action de ses idées (...) C'était un rêveur réaliste, un réformiste radical, animé par le mouvement des idées, le sort de la planète et de la destinée humaine", a déclaré le chef de l'Etat, dans un communiqué publié par l'Elysée. "Sa méthode fut celle du dialogue du compromis. Il nous inspire encore aujourd'hui", a-t-il ajouté.

Manuel Valls a, pour sa part, rendu un hommage ému à Michel Rocard, dont il s'est toujours senti proche par la pensée. C'était "un militant, un visionnaire et un homme d'Etat", qui a "incarné la modernisation de la gauche et l'exigence de dire la vérité", a affirmé le Premier ministre, dans un communiqué.

"C'est avec une immense tristesse que j'apprends aujourd'hui la disparition de Michel Rocard. Je me suis engagé en politique par et pour Michel Rocard. Parce qu'il avait dit en 1978 qu'il n'y avait pas de fatalité à l'échec de la gauche. Parce qu'il disait avant les autres que le changement passe par la réforme et non par la rupture", a souligné Manuel Valls.

Chirac salue un "ami de jeunesse"

Dans une déclaration écrite, l'ancien président de la République Jacques Chirac a rendu hommage à son "ami de jeunesse". "La France perd un homme d État qui unissait, de manière rare, le goût des concepts et la capacité d'action et de réalisation", a-t-il déclaré.

La passation de pouvoir à Matignon entre le nouveau Premier ministre, Michel Rocard, et son prédécesseur, Jacques Chirac, le 10 mai 1988

La passation de pouvoir à Matignon entre le nouveau Premier ministre, Michel Rocard, et son prédécesseur, Jacques Chirac, le 10 mai 1988

Michel Rocard et Jacques Chirac se sont côtoyés dès 1951 sur les bancs de Sciences-Po Paris. Michel Rocard aimait à dire en plaisantant qu'il trouvait alors son condisciple "trop à gauche". Fin juin, il Rocard déclarait dans une interview fleuve dans Le Point que les deux hommes avaient en commun "l'humour, le refus de l'arrogance et la simplicité".

"Rôle essentiel" pour la gauche

Dans une tribune publiée dans le JDD, Jacques Delors écrit : "C'est un regret pour moi qu'il n'ait pas été président de la République. Michel Rocard était essentiel à la gauche en France, le reste ce sont les petites zizanies habituelles du PS !".

Il y avait "des divergences très nettes entre François Mitterrand et Michel Rocard", rappelle l'ancien ministre de l'Economie (1981-1984). Mais il fallait "concilier les deux pour permettre au PS de revenir au pouvoir, il faudrait aujourd'hui concilier les deux pour permettre au PS de mieux diriger le pays", note-t-il.

"Dans ce combat des idées pour renouveler le socialisme français il a joué le rôle essentiel", affirme encore Jacques Delors, selon lequel "si l'on reprend la venue de nouvelles générations au PS, l'attraction notamment de beaucoup de chrétiens, c'était Michel Rocard".

"Homme libre" et "réformiste avant l'heure"

En marge des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, Emmanuel Macron a lui salué "un exemple, d'abord, par sa liberté. C'était un homme libre qui ne s'est jamais (...) laissé emprisonner dans les jeux d'appareils, dans les modes du moment". "C'était surtout un formidable enthousiaste", a relevé le ministre de l'Economie, souvent présenté comme un disciple de Michel Rocard.

Jean-Michel Baylet, ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales et ex-président des Radicaux de gauche, a également salué "un réformiste avant l'heure, qui voulait réformer la France".

Disparition de M #Rocard: grande émotion. Réformiste avant l'heure, il voulait réformer la France.Fier d'avoir appartenu à son gouvernement. — Jean-Michel BAYLET (@JMBaylet) 2 juillet 2016

La maire de Paris, la socialiste Anne Hidalgo, ou encore Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères, ont également twitté leur tristesse.

A droite aussi, nombreuses sont les personnalités politiques à avoir salué la mémoire de Michel Rocard "dont l'esprit & la parole libres n'ont jamais abdiqué face aux carcans idéologiques et partisans", selon les mots de Nathalie Kosciusko-Morizet (LR). Alain Juppé a, lui, évoqué un "esprit agile, une culture historique, un goût du débat sans concessions mais sans sectarisme. Entre nous, des divergences mais de l'estime", a-t-il conclu.

Au lendemain du Brexit, l'ex-EELV, Jean-Vincent Placé, secrétaire d'Etat chargé de la réforme de l'Etat, a pour sa part tenu à rendre hommage à l'européen convaincu qu'était Michel Rocard.

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