Fourmies Le caporal Edmond Lempereur a combattu dans les Balkans en 14-18

Publié le par La Voix du Nord par Lionel Maréchal

Fourmies Le caporal Edmond Lempereur a combattu dans les Balkans en 14-18

Soldats du 84e régiment d’infanterie d’Avesnes-sur-Helpe, ils étaient « programmés » pour se battre sur le front français durant la Première Guerre mondiale (1914-1918). Sauf que certains ont atterri en Grèce. Pour les batailles des Dardanelles, de Salonique… Comme le caporal Edmond Lempereur, de Fourmies.

Fourmies Le caporal Edmond Lempereur a combattu dans les Balkans en 14-18

«  Il est décédé en 1972. J’avais 17 ans. Il n’en a jamais parlé alors qu’i l a participé à une guerre totalement oubliée. C’est ce que j’ai récemment découvert  ». À l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale (1914-1918) – dont on célèbre ce vendredi le 98e anniversaire de l’Armistice –, Jean-Louis Chappat, directeur d’école retraité, est lui aussi parti sur les traces de son grand-père maternel, Edmond Lempereur. Qui aura connu une mobilisation peu commune. Alors que ses frères d’arme étaient dans les tranchées sur le front français, lui s’est battu en Grèce sur le front d’Orient dans les Balkans. Comme d’autres soldats du 84e régiment d’infanterie en casernement à Avesnes-sur-Helpe. Un périple de plus de 2 000 km pour défendre les couleurs… Le futur caporal Lempereur était né en 1892 à Saint-Souplet.

Des conditions épouvantables dans les marais

Noueur de métier dans l’industrie textile, il arriva forcément vite à Fourmies quelques années plus tard pour travailler dans les filatures de la commune – il finira sa carrière professionnelle contremaître chez Noiret. Appelé en 1914, il se retrouvera du côté de Charleville-Mézières. Avant le grand voyage… en 1915, une partie du 84e RI rejoint la Grèce (pro-Triple Entente France, Royaume-Uni et Russie). Il embarque sur le paquebot La Provence qui l’emmènera à Salonique. «  D’après mes recherches, les soldats ont combattu là-bas dans des conditions épouvantables, notamment dans les marais  », précise M. Chappat. Il sera aussi des batailles des Dardanelles, de Salonique… où les Alliés sont coincés entre deux fronts : au nord, celui de la Triple Alliance ou Triplice (les empires allemand, austro-hongrois...) ; au sud, celui de l’empire ottoman. Une tenaille. Le Fourmisien rentrera en 1916 avec le paludisme pour lequel il sera soigné : «  Il en avait gardé des séquelles  ». Avant de terminer la guerre sur le front italien. « Pépé Edmond » est mort à l’âge de 80 ans avec la croix de guerre et les médailles militaire et de Serbie (alliée à la France via la Russie).

Le front d’Orient

De 1915 à 1918, les 210 000 soldats français dans les Balkans ont également connu l’enfer près du détroit de Bosphore. Pris entre la Triple Alliance et ses alliés (comme la Bulgarie) et l’empire ottoman. Sur place, dans un climat méditerranéen (avec des étés très chauds), ils manquent de nourriture et d’hygiène. Et les nuisibles prolifèrent : rats, mouches, parasites… qui sont à l’origine de nombreuses maladies (paludisme, dysenterie, typhus, etc.). Au plus fort des combats, ce sont quelque 600 000 hommes qui s’affrontent de part et d’autre.

Publié dans Articles de Presse

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