Andronikova Salomeïa

Publié le par Mémoires de Guerre

Princesse Salomeïa Nikolaïevna Andronikova. Née Salomé Andronikashvili, en octobre 1888 à Tiflis, décédée le 8 mai 1982 à Londres. 

Andronikova Salomeïa
Andronikova Salomeïa
Andronikova Salomeïa

Princesse géorgienne, philanthrope et égérie de l'Âge d'argent, dans la période pré-révolutionnaire russe, elle fut une éminente personnalité mondaine dans le monde de la littérature et de la peinture. Elle fut l'amie et l'inspiratrice de nombreux poètes et artistes : Anna Andréïevna Akhmatova et Osip Emilievitch Mandelstam. Ses charmes physiques et intellectuels furent célébrés dans les poèmes de l'écrivain géorgien Grigol Robakidze (1882-1962), du poète Ilia Mikhaïlovitch Zdanevitch, d'autres artistes furent inspirés par la princesse comme Boris Dmitrievitch Grigoriev (1886-1939), Alexandre Ievguenevitch Iakovlev et l'artiste-peintre ukrainienne Zinaïda Ievguenevna Serebriakova. Elle fut l'une des personnalités les plus remarquables de l'Âge d'argent. Le prince Iesseï Ivanovitch Andronikov 1893-1937, jeune frère de la princesse Salomeïa Nikolaïevna Andronikova

Seconde fille du prince Ivan Nikolaïevitch Andronikov (1863-1944) et de son épouse Lidïa Nikolaïevna Plechtcheeva-Mouratova (1861-1953). Son père sortit diplômé de l'Académie des Forêts de Moscou, il occupa le poste d'expert en chef du Comité du Caucase pour la protection contre le phylloxéra, il fut également maire de Batoumi. Sa mère fut diplômée en agronomie et à ses heures perdues philanthrope. Petite-nièce du poète russe Alexeï Nikolaïevitch Pletchtcheev, de son premier époux décédé tragiquement elle eut trois enfants. La princesse Salomeïa Nikolaïevna eut une sœur, la princesse Mariam Ivanovna Andronikova (1891-1976) et un frère, le prince Iesseï Ivanovitch Andronikov (1893-1937), un ancien officier de l'Armée blanche. Mariam, sa sœur, épousa T. Charachenidze, un économiste géorgien qui occupa un poste à l'Institut géographique de Tbilissi.

Son frère, le prince Iesseï Ivanovitch Andronikov, exerça la profession d'avocat et fut le chef de la troupe de théâtre de Moscou. Il fut le père du prince Konstantin Ieseevitch Andronikov. En 1920, le petit prince âgé de quatre ans et sa mère s'installèrent en France. Naturalisé français, le prince Konstantin fut un diplomate, un écrivain religieux, et le traducteur des Présidents de la République Charles de Gaulle, Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing. Le prince Iesseï Ivanovitch Andronikov connut une fin tragique. En 1934, avec l'aide d'un journaliste français, la princesse Salomeïa exilée en France adressa une lettre à son jeune frère résidant en URSS. Cette lettre attira les soupçons sur le prince Iesseï, arrêté par les Bolcheviks, il fut exécuté au cours de la Grande Purge de 1937. Involontairement, la princesse fut à l'origine de la détention puis de la mort de son frère. En 1906, la princesse Salomeïa Nikolaïevna Andronikova épousa Pavel Andreïevitch Tchaevladeltsev, dont elle divorça.

De cette union naquit : Irina Pavlovna Andreeva : Membre du Parti communiste français, résistante. En 1925, la princesse Salomeïa épousa l'avocat Alexandre Galpern, émigré en France et ami proche d'Alexandre Kerensky. La jeune princesse Salomeïa accompagnée de sa cousine (celle-ci épousera plus tard Sergueï Alexandrovitch Taneïev, frère d'Anna Aleksandrovna Vyroubova) quitta sa Géorgie natale pour étudier à Saint-Pétersbourg. En 1906, elle épousa Pavel Andreïevitch Tchaevladeltsev, un riche négociant en thé, un être passionné au caractère versatile. L'époux de la princesse Salomeïa s'éprit tout d'abord de la sœur de sa première épouse puis de sa belle-sœur, la princesse Mariama puis de la cousine de cette dernière. Attiré par la première, dès le lendemain, il lui était aisé de déclarer sa flamme à la seconde6. Le couple s'installa dans le district de Louga situé sur les bords du lac Vrevo, mais, cette union ne fut pas heureuse. L'un de ses amis, l'avocat Louarsab Nikolaïevitch Andronikov lui apporta son aide lors de son divorce. Dans la capitale impériale, la princesse fit la connaissance de poètes, d'artistes-peintres. À son domicile de Saint-Pétersbourg, elle créa un salon littéraire fréquenté par de grands auteurs de ce début du XXe siècle tels que Anna Andreïevna Akhmatova et Osip Emilievitch Mandelstam.

Après son divorce, Salomeïa Andronikova eut une liaison avec le poète Sergueï Lvovitch Rafalovitch (1875-1943). En 1916, en compagnie de sa fille et du poète Sergueï Rafalovitch, la princesse passa ses vacances en Crimée, au cours de ce séjour, l'artiste-peintre Vasili Ivanovitch Choukhaev (1887-1973) réalisa un magnifique portrait de Salomeïa Andronikova. Son séjour terminé, Salomeïa Nikolaïevna désira retourner dans la capitale russe, mais au cours de ses vacances, la ville de Saint-Pétersbourg fut prise dans la tourmente révolutionnaire. Dans une lettre adressée à la princesse, son ami, l'avocat Alexandre Iakovlevitch Galpern lui conseilla vivement de ne pas rentrer à Petrograd où la révolte populaire grondait. En compagnie de sa fille Irina, de son amant et d'une femme de chambre elle s'installa à Bakou puis à Tiflis. Avec les poètes Sergueï Mitrofanovitch Gorodestki (1884-1967) et Sergueï Lvovitch Rafalovitch, elle cofonda Orion un mensuel littéraire dédié à la poésie et édité en langue russe. À Bakou, la princesse eut pour voisine son amie Melikova Achkhen, elle y rencontra Zinovi Alekseïevitch Pechkov, un membre de la mission française auprès du gouvernement menchevik de Géorgie. En 1920, le capitaine proposa à la princesse d'émigrer en France, elle l'accompagna à Paris. Avant sa demande en mariage, le jeune capitaine Pechkov courtisa la jeune femme, mais ses parents se déclarant hostiles à cette union, ils se séparèrent tout en restant amis.

En 1925, elle épousa Alexandre Iakovlevitch Galpern, un ami proche du Président du gouvernement provisoire Alexandre Fiodorovitch Kerenski. Toutefois le couple vécut séparément, de 1925 à 1940, la princesse vécut seule à Paris où elle travailla pour l'hebdomadaire Vu fondé par l'éditeur Lucien Vogel. En 1925, avec le soutien de Zinovi Alekseïevitch Pechkov, elle aida l'artiste-peintre russe Zinaïda Ievguenievna Serebriakova à fuir la Russie soviétique. Pendant de longues années elle fut également le soutien financier de la poétesse russe Marina Ivanovna Tsvetaeva (1892-1941) exilée à Paris où, avec sa famille elle vécut dans la pauvreté. En 1940, accompagnée de son petit-fils, elle s'exila aux États-Unis où son époux occupé un poste à l'ambassade britannique. Pendant cette période d'occupation nazie, sa fille Irina, baronne Nolde (membre du Parti communiste français et membre de la résistance) et son gendre de nationalité russe au service de la France demeurèrent sur le sol français occupé par les nazis. Depuis 1937, la princesse résidait dans une maison achetée pour elle par le philosophe Isaiah Berlin, elle y décéda le 8 avril 1982. Conformément à ses dernières volontés, elle fut incinérée, ses cendres furent éparpillées sur Trafalgar Square.

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