Disparition familiale à Nantes : les enquêteurs s'interrogent sur la personnalité du fils

Publié le par Le Figaro par Guillaume Frouin

Disparition familiale à Nantes : les enquêteurs s'interrogent sur la personnalité du fils

Pascal Troadec, sa femme, Brigitte, et leurs enfants sont introuvables alors que des traces de sang ont été retrouvées. L'enquête s'oriente sur Sébastien, 21 ans, qui semblait en vouloir à son père. Le point sur ce qu'il faut savoir ce lundi.

Disparition familiale à Nantes : les enquêteurs s'interrogent sur la personnalité du fils

Nantes

Qu'est-il arrivé aux Troadec? À Nantes, l'hypothèse d'une issue tragique dans la disparition de cette famille, dont on est sans nouvelles depuis dix jours, s'est renforcée dimanche. Le procureur de la République a en effet confirmé que les traces de sang retrouvées dans leur maison, à Orvault (Loire-Atlantique), étaient bien celles du couple et/ou de ses deux enfants.

La veille, Pierre Sennès avait déjà annoncé l'ouverture d'une enquête criminelle pour «homicides volontaires», «enlèvements» et «séquestrations». Confiée à l'antenne nantaise du service régional de la police judiciaire (SRPJ) de Rennes, elle vise donc à faire la lumière sur la subite disparition de Pascal Troadec, de son épouse, Brigitte, et de leurs deux enfants Sébastien (21 ans) et Charlotte (18 ans): celle-ci a été signalée par la sœur de la mère de famille, inquiète de ne plus avoir de nouvelles.

Un portable «souillé de sang»

Dans ce cadre, les enquêteurs de la police judiciaire ont procédé dans la nuit de jeudi à vendredi à de «minutieuses constatations de police technique et scientifique», selon le procureur. Celles-ci avaient alors confirmé la «présence de traces de sang en différents endroits de la maison». Surtout, les téléphones portables du couple et de ses deux enfants n'ont plus été utilisés depuis le 17 février. Et l'un d'eux a été retrouvé «souillé de sang», selon plusieurs médias. «Si la présence de traces de sang laisse supposer une scène de violence, pour autant il n'est pas possible à ce stade de déterminer avec précision le déroulement des faits», avait insisté le procureur de la République, rappelant que les enquêteurs travaillaient sur «toutes les hypothèses envisageables».

Lors de leurs investigations, les premiers policiers présents dans la maison découvrent qu'aucun drap ne recouvre les lits. Dans la salle de bains, ils ne trouvent ni brosse à dents, ni brosse à cheveux. Dans le réfrigérateur, plusieurs aliments sont périmés. Le chauffage est coupé et des draps, pas tout à fait secs, sont étendus à l'intérieur. Du linge humide se trouve encore dans la machine à laver.

Dans l'immédiat, des scellés ont été posés sur les ouvertures et la boîte aux lettres du pavillon familial. Les policiers ont également passé au peigne fin l'Audi et la BMW de Pascal Troadec et de son épouse, garées juste devant. Ils n'ont en revanche pas retrouvé la trace de la voiture de leur fils, étudiant en BTS informatique dans le Maine-et-Loire.

Soupçons sur le fils

    Cette enquête n'est pas sans rappeler aux policiers nantais la disparition de Xavier Dupont de Ligonnès en avril 2011

C'est sur la personnalité de ce dernier que l'enquête semble s'orienter. Selon une source proche du dossier et selon des voisins cités par l'AFP, il est décrit comme ayant «souffert de fragilités psychologiques». Il avait proféré des menaces de mort sur un blog en 2012, alors qu'il était scolarisé dans un lycée d'Orvault. Selon Le Parisien, il aurait par ailleurs écopé de travaux d'intérêt général pour harcèlement. Sur Twitter, le jeune homme semblait en vouloir à son père. «Punaise hier de 2h du mat a 20 h mon père gueuler j'arrêter pas dlui dire ‘ferme ta gueule' il continuer à brayer», écrivait-il en 2013, ou encore «Mes parents gueule tout le temp et boivent». Visiblement déprimé, il écrivait la même année: «'Putain' vivement ma mort, la vie me saoûle», ou «Si ont savait ce qui se passer réellement dans ma tête ont me prendrer pour un fou sans morale». Il se livrait également sur un forum de jeux vidéo.

Il apparaît également que le couple ne semblait pas avoir tissé de liens particuliers dans le quartier ; en journée, la mère de famille travaillait au centre des impôts de Nantes, tandis que son mari était opérateur chez un fabricant d'enseignes lumineuses de la commune. Leur fille Charlotte, étudiante en BTS à Fontenay-le-Comte (Vendée), est quant à elle «une fille bien» dont la famille «n'avait pas l'air d'avoir plus de problèmes que les autres», témoigne Léa, une de ses amies, qui la connaissait depuis trois ans.

En attendant, cette enquête n'est pas sans rappeler aux policiers nantais la disparition de Xavier Dupont de Ligonnès en avril 2011, suspect numéro un dans l'assassinat de sa famille. Les corps de son épouse et de ses quatre enfants avaient en effet été découverts sous la terrasse de leur maison, dans les anciens faubourgs de Nantes. Malgré des centaines de signalements de personnes croyant l'avoir croisé, le père de famille reste introuvable depuis bientôt six ans.

Publié dans Articles de Presse

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