L'ambassadeur russe à l'ONU, Vitali Tchourkine, est mort «soudainement»

Publié le par Radio France Internationale

L'ambassadeur russe à l'ONU, Vitali Tchourkine, est mort «soudainement»

Le représentant permanent de la Russie aux Nations unies, Vitali Tchourkine, est mort soudainement à New York ce lundi 20 février, a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères, sans préciser la cause du décès. Depuis plus de 10 ans, il représentait Moscou comme membre permanent du Conseil de sécurité. Au delà du choc pour les diplomates, sa disparition marque une période d’incertitude pour le Conseil de sécurité.

Vitali Tchourkine le 2 septembre 2015 aux Nations unies à New York.

Vitali Tchourkine le 2 septembre 2015 aux Nations unies à New York.

Après être tombé malade à son bureau, l'ambassadeur russe aux Nations unies, Vitali Tchourkine, est mort subitement lundi à l'hôpital à New York,où il avait été précédemment admis. L'ambassadeur est mort à la veille de son 65e anniversaire.

Le président Vladimir Poutine s'est dit « profondément bouleversé » par la nouvelle. « Le chef de l'Etat appréciait grandement le professionnalisme et les talents de diplomate de Tchourkine », a dit Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin. L'adjoint de Tchourkine à l'ONU, Piotr Ilitchev, a estimé que « la Russie a subi là une perte grave, celle d'une personne irremplaçable ».

L'ex-représentante permanente des Etats-Unis à l'ONU, Susan Rice, a fait part de son émotion sur Twitter, décrivant Vitali Tchourkine comme « un adversaire redoutable mais toujours amical (...) intelligent, déterminé, efficace et plein d'humour ».

Le représentant permanent de la France à l'ONU, François Delattre, a pour sa part décrit le représentant russe comme « un des diplomates les plus talentueux » qu'il a rencontrés.

C’était l’homme des phrases coup-de-poing et des traits d’esprit caustiques, rapporte notre envoyée spéciale à New York, Marie Bourreau. Vitaly Tchourkine était très respecté par ses pairs malgré une année 2016 marquée par des relations très conflictuelles sur fond de guerre en Syrie. A six reprises, Vitaly Tchourkine avait mis son veto à des résolutions pour mettre un terme au conflit syrien, jusqu’à incarner les blocages du Conseil de sécurité et le soutien sans faille de Moscou à Bachar el-Assad.

Dans les arcanes de la diplomatie russe depuis près de 40 ans, son nom circulait pour remplacer le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Sa disparition ouvre donc une période de grande incertitude pour le Conseil de sécurité où Moscou possède un siège permanent mais aussi pour la diplomatie russe qui devra trouver très rapidement un ambassadeur aussi expérimenté pour gérer les positions du Kremlin sur la Syrie ou l’Ukraine à l’ONU mais aussi les relations avec la nouvelle équipe de l’administration de Donald Trump.

Le porte-parole de l'ONU, Farhan Haq, qui a été informé lors d'un briefing à la mi-journée, a présenté ses condoléances, soulignant combien l'ambassadeur russe avait été au siège des Nations unies ces dernières années une « présence régulière ».

Porte-parole du ministère soviétique des Affaires étrangères en 1990 et 1991, il était devenu par la suite vice-ministre russe des Affaires étrangères, ambassadeur en Belgique puis au Canada, avant d'être nommé aux Nations unies en 2006.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article