Saint-Hilaire-Cottes : Un chemin de la mémoire en projet

Publié le par L'Echo de la Lys

Saint-Hilaire-Cottes : Un chemin de la mémoire en projet
Guy Dubois entouré de Philippe Cauwet, maire, et Bernard Jouniaux, adjoint, devant l’exposition qu’il a montée au fil des ans

Guy Dubois entouré de Philippe Cauwet, maire, et Bernard Jouniaux, adjoint, devant l’exposition qu’il a montée au fil des ans

Après une carrière dans la gendarmerie, le colonel Guy Dubois est revenu s’installer à Saint-Hilaire-Cottes en 1987. C’est à cette époque qu’il s’est rendu compte que personne ou presque dans la commune ne se souvenait des tragiques événements survenus les 22 et 23 mai 1940. « Même moi, je n’en avais jamais entendu parler avant d’être élu », confie Philippe Cauwet, maire.

Pourtant, malgré les années, Guy Dubois n’a rien oublié de ces heures sombres de l’histoire cottihilarienne : « J’avais 9 ans à l’époque. Après les combats, je suis sorti de notre abri avec mon grand-père et je me souviens encore parfaitement des chars fumants qui avaient été attaqués. » Le bilan fait état de 16 morts chez les alliés, 32 côté allemand.

Depuis 30 ans, le militaire à la retraite se bat pour que ces événements ne tombent pas aux oubliettes. Grâce à de nombreuses recherches, il a pu reconstituer la bataille heure après heure. « J’ai même pu rencontrer le petit-fils du capitaine de Lencquesaing qui avait organisé la défense de Saint-Hilaire. » Son unité, composée de 300 hommes mais armée de 50 fusils seulement, n’a pas résisté longtemps à l’ennemi. Le lendemain, le 9e bataillon de chasseurs, en route pour Dunkerque, est lui aussi tombé dans une embuscade au cœur du village. « Ils se sont battus jusqu’à la dernière cartouche. Les combats se sont même terminés au corps à corps », précise Guy Dubois.

« Je n’oublierai jamais cette journée. »

Aujourd’hui, la seule trace qui subsiste de ces combats est la tombe d’un soldat enterré au cimetière de Cottes qui n’a jamais été réclamé par les siens. Guy Dubois, devenu entre-temps président des anciens combattants de la commune, a fait du devoir de mémoire son sacerdoce. « Passer le message permet de réveiller les consciences », explique-t-il.

En 2008, il a inauguré une plaque commémorative sur le monument aux morts rappelant ce triste épisode. Deux ans plus tard, une place du village a été baptisée « place du capitaine de Lencquesaing. »

Aujourd’hui, c’est un chemin de la mémoire que l’ancien gendarme âgé de 86 ans entend réaliser avec l’aide de la municipalité : « Comme ce qui a été fait avec l’ancien terrain d’aviation de Rely, il s’agit de réaliser un parcours historique avec des panneaux explicatifs aux endroits marquants des combats. »

Le projet devait voir le jour en 2016 mais, faute de subventions, il a été reporté. « J’espère qu’il verra le jour avant la fin de l’année », souligne Philippe Cauwet.

Publié dans Articles de Presse

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