Stéphane Bourgoin, spécialiste des serial killers : « Chaque tueur est différent »

Publié le par L'est Républicain par Laurent Arnold

Stéphane Bourgoin, spécialiste des serial killers : « Chaque tueur est différent »

Spécialiste mondial des serial killers, Stéphane Bourgoin dédicaçait à la Fnac de Belfort. Depuis près de trente ans, il est « l’homme qui murmure à l’oreille des tueurs en série ».

Stéphane Bourgoin : « Le serial killer est devenu un phénomène de mode. Du coup, on a l’impression qu’il y a un tueur en série à chaque coin de rue. » Photo Laurent Arnold

Stéphane Bourgoin : « Le serial killer est devenu un phénomène de mode. Du coup, on a l’impression qu’il y a un tueur en série à chaque coin de rue. » Photo Laurent Arnold

Stéphane Bourgoin n’a pas eu beaucoup de répit. Le spécialiste des serial killers, venu dédicacer son dernier ouvrage, Les Dernières Paroles des condamnés à mort , a été sollicité, preuve que la figure du serial-killer intéresse bien au-delà du cinéma.

Qu’est-ce qui a fait que vous vous soyez intéressé autant aux serial killers ?

« C’est le viol et le meurtre de ma compagne en 1976 à Los Angeles. Je suis revenu en France mais je suis toujours resté en contact et j’étais informé de l’avancé de l’affaire jusqu’à l’arrestation du tueur deux ans plus tard. Il s’est avéré alors qu’il avait tué une douzaine de personnes. À cette époque, le concept de serial killer n’existait pas, comme celui de profiler. »

L’arrestation du meurtrier ne vous suffisait-elle pas ?

« Je voulais en savoir plus. C’était comme une catharsis, un exutoire. Un policier du LAPD m’a permis d’accéder à des dossiers, m’a permis d’obtenir des autorisations pour des rencontres en sa présence. En 1979, j’ai pu faire des rencontres seul à seul et j’ai filmé les entretiens. »

C’est donc au début des années 80 qu’on s’est vraiment intéressées aux tueurs en série ?

« Oui. À cette période, le FBI a interrogé 36 serial killers mais il ne possédait que des enregistrements audio. J’avais des centaines d’heures de vidéo et j’ai proposé de faire des copies. Ils ont accepté et ces vidéos ont été utilisées pour la formation des agents. On m’a en échange proposé de suivre en auditeur libre la formation de profiler. J’ai ainsi pu me constituer un important réseau. »

Le cinéma s’est emparé de la figure du tueur en série. À quel point les films sont-ils réalistes ?

« Il y a relativement peu de films qui sont réalistes. Mais par exemple, le rapport entre manipulation et mensonge qui s’installe entre Jodie Foster et Anthony Hopkins dans Le Silence des agneaux , j’ai pu le ressentir. Sauf que les rencontres ne se passent pas comme cela. Des 77 serial killers que j’ai interrogés, un seul était derrière une paroi. »

On a l’impression que les tueurs en série n’existent qu’aux États-Unis ou en Europe. Qu’en est-il vraiment ?

« On parle toujours plus de tueurs en série. Mais on ne parle jamais de ceux au Venezuela, Ghana, Mexique ou en Afrique du Sud même si on les identifie mieux qu’avant. Ce qui est sûr, c’est que le nombre de serial-killers augmente. Mais est-ce parce qu’on relie mieux entre elles les affaires de meurtres ? Ou est-ce autre chose ? Je ne sais pas. »

Publié dans Articles de Presse

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