La secrétaire de Goebbels meurt à 106 ans

Publié le par L'Essentiel

La secrétaire de Goebbels meurt à 106 ans

Brunhilde Pomsel, la secrétaire du chef de la propagande du régime nazi, Joseph Goebbels, et sujet d'un récent documentaire biographique, est décédée.

La secrétaire de Goebbels meurt à 106 ans

Brunhilde Pomsel «est décédée le 27 janvier», a indiqué lundi à l'AFP le réalisateur du film, Christian Kroenes, une date qui correspondant à la journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste. Brunhilde Pomsel avait côtoyé au plus près, de 1942 à la fin de la Seconde guerre mondiale, Joseph Goebbels, figure parmi les plus craintes et influentes au sein du régime d'Adolf Hitler. Elle appartenait à une équipe restreinte de secrétaires et sténographes au service de l'architecte de la propagande nazie.

Considérée comme l'un des derniers témoins -voire la dernière- à avoir approché d'aussi près le cercle du pouvoir nazi, Brunhilde Pomsel affirmait, comme d'ailleurs un grand nombre d'Allemands de cette génération, n'avoir rien su des camps qui furent au cœur du génocide juif. «Dois-je me reprocher de ne pas avoir été intéressée par la politique?» dit-elle dans le film, «nous ne savions rien. Nous étions nous-mêmes dans un gigantesque camp de concentration», poursuit-elle en référence à la répression et à l'omnipotence de la police politique. Elle admettait aussi être allée «acclamer» Hitler dès 1933 car elle ne savait pas «ce qui allait venir».

«Je ne pouvais pas résister, je fais partie des lâches»

Elle affirme n'avoir appris l'existence de système concentrationnaire qu'en 1950, lorsqu'elle fut libérée de cinq ans de détention par les Soviétiques. «Je ne pouvais pas résister, je fais partie des lâches» , admet-elle dans le documentaire composé pour l'essentiel de son témoignage et d'images d'archives illustrant les crimes des nazis. Le décès de la secrétaire intervient alors qu'elle venait d'achever une autobiographie dont la parution est prévue en mars.

Selon Christian Kroenes, il s'agissait pour elle d'un message face à la montée des populismes de droite dans les démocraties occidentales. «Compte tenu des évolutions politiques en Europe et aux Etats-Unis, face au nationalisme croissant en Europe, l'essor dans le monde du populisme de droite et l'élection de Donald Trump, elle qualifiait ses souvenirs de signal d'alarme pour les générations actuelles et futures», souligne le réalisateur.

Brunhilde Pomsel, dans un entretien en juin à l'AFP, avait assuré avoir «la conscience tranquille». Si elle avait accepté de se prêter à ce documentaire, c'était pour «informer la nouvelle génération de toutes ces choses, comme il y a de moins en moins de témoins», avait-elle dit. Évoquant Goebbels, Pomsel raconte que l'image de «nain enragé» du propagandiste vociférant et gesticulant devant les foules était un rôle qu'il jouait. «Sur Goebbels on peut dire une chose, c'était un acteur excellent», dit-elle décrivant un homme qui dans le quotidien était «froid» et posé. 

Publié dans Articles de Presse

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