Plougonvelin. La rocambolesque affaire « Lola » aux assises

Publié le par Mickaël Louédec

Plougonvelin. La rocambolesque affaire « Lola » aux assises

Une ex-call-girl brestoise et un de ses amis vont être entendus pendant neuf jours par la cour. Ils sont accusés du meurtre de Jean-Jacques Le Page, audioprothésiste réputé, à Plougonvelin, en 2009.

C’est dans cette propriété de Plougonvelin que le corps de Jean-Jacques Le Page a été découvert le 24 juillet 2009. | Archives Ouest-France/Jérôme Fouquet

C’est dans cette propriété de Plougonvelin que le corps de Jean-Jacques Le Page a été découvert le 24 juillet 2009. | Archives Ouest-France/Jérôme Fouquet

Qui a tué Jean-Jacques Le Page, au lieu-dit Treiz-Hir, à Plougonvelin, en 2009 ? L’épineuse question sera débattue pendant neuf jours, entre le 28 février et le 10 mars, par la cour d’assises du Finistère, réunie à Quimper.

Mais le dossier, fourni et compliqué, présente quelques incohérences. Et rien ne garantit que les parties civiles obtiendront des réponses à leurs questions. « Après huit ans, on n’est pas résignés. On veut savoir ce qui s’est passé », explique tout de même Jacques Arnol, neveu de la victime.

L’affaire démarre dans la nuit du 23 au 24 juillet, à 5 h, quand une voisine de Jean-Jacques Le Page appelle les secours. Elle sent comme une odeur de fumée et suspecte un incendie. Le pompier qui est au bout du fil tient seul la permanence pour la première fois. Il ne juge pas utile de donner suite à l’appel.

Quatre heures plus tard, il est 9 h quand les pompiers sont de nouveau appelés. Cette fois-ci, la maison du Treiz-Hir est bel et bien en flammes. Le corps de Jean-Jacques Le Page est retrouvé dans les décombres.

Quinze coups de couteau

Les enquêteurs penchent d’abord pour la piste accidentelle. L’hypothèse tient la route jusqu’à l’autopsie, qui révèle un hématome au crâne de la victime, un projectile dans l’œil et surtout une quinzaine coups de couteau.

Dès lors, plus de doute : il s’agit bien d’un meurtre. Le portable du retraité permet de remonter jusqu’à Laetitia Monier, une call-girl brestoise de 24 ans surnommée Lola. Les deux ont bien passé une partie de la soirée ensemble.

Des témoignages affirment qu’elle s’est ensuite rendue à une fête avec des couteaux dans son sac. L’un d’eux porterait même des traces de sang.

Interpellée, elle est placée en détention pendant plus de deux ans, malgré plusieurs demandes de remise en liberté.

Un de ses amis, William R., est interpellé à Marseille quelques jours plus tard. En garde à vue, il passe aux aveux, avant de se rétracter. Il est placé sous contrôle judiciaire dès le mois d’octobre.

Où étaient les accusés ?

Un proche du dossier parle de « zombies » pour décrire les deux co-accusés. Tous deux ont baigné dans l’alcool et la drogue avant les faits.

Laetitia Monier nie être l’auteure du meurtre depuis le début de l’affaire. Ses avocats disposent de témoignages pouvant apporter du crédit à leur plaidoirie.

Jean-Jacques Le Page aurait en effet été aperçu seul, ce soir-là, à 22 h 30, aux abords de son domicile. Un peu plus d’une heure plus tard, Lola est ailleurs. Une photo la montre bel et bien au cœur d’une fête, dans laquelle elle restera jusqu’au petit matin.

Les avocats de William R., qui aura trente ans pendant le procès, vont également mettre à mal l’accusation. Au moment supposé des faits, le téléphone portable de leur client est localisé à Brest.

Les Vans, pointure 44

Le jeune homme, qui n’a pas le permis de conduire, aurait passé une partie de la soirée à s’alcooliser dans le quartier de Recouvrance.

Une trace de chaussure, de marque Vans et de pointure 44, est pourtant retrouvée sur les lieux du meurtre. William R. porte des chaussures identiques.

Si Laetitia Monier était bien chez Jean-Jacques Le Page en début de soirée, était-elle toujours présente au moment du meurtre ? William R. était-il avec elle ? Ont-ils participé à un vol qui a mal tourné ?

La tâche des jurés s’annonce ardue pour répondre à ces questions.

D’autant que d’innombrables témoins vont être cités pendant neuf jours. Experts, « copains » de détention, marginaux, mais aussi habitants de Plougonvelin vont se succéder à la barre. Pas sûr qu’ils apportent tous un éclairage pertinent à l’affaire.

Laëtitia Monier, elle-même, fera-t-elle bonne figure devant les jurés ? Sa personnalité permet d’en douter.

Lors d’audiences correctionnelles récentes, elle s’est illustrée par un comportement tout à fait inapproprié, allant jusqu’à insulter procureure et juges.

Publié dans Articles de Presse

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