Saint-Nazaire. L'ancienne déportée, sentinelle face au FN

Publié le par Michel Godin

Saint-Nazaire. L'ancienne déportée, sentinelle face au FN

Qui est cette Nazairienne, survivante de Ravensbrück, qui a chassé les militants FN de la cérémonie en hommage aux déportés ?

Christiane Cabalé, médaillée du Sénat, solide témoin de la Résistance et de la Déportation

Christiane Cabalé, médaillée du Sénat, solide témoin de la Résistance et de la Déportation

« Je n'ai pas réfléchi, j'ai réagi spontanément. » Âgée de 93 ans, Christiane Cabalé a gardé l'esprit vif et la mémoire intacte. Alors qu'elle assistait à une cérémonie en hommage aux victimes de la Déportation, l'ancienne Résistante est troublée par la présence inopinée de membres du Front national.

« J'ai attendu que le maire de Saint-Nazaire, David Samzun, finisse son discours. Puis je lui ai demandé le micro. » La suite fait le tour des journaux (Ouest-France du 2 mai) et la vidéo est reprise en boucle sur Internet. « Votre présence est une insulte à mes amis morts dans les camps. Je vous demande de vous en aller. Honte à vous. »

Originaire de Nantes, Christiane Cabalé a 18 ans lorsque la police anticommuniste la conduit, avec ses parents, au commissariat de Chantenay, à Nantes. Leur maison servait de « boîte aux lettres » à la Résistance. Armes, tracts et matériel y transitaient pour le réseau.

« J'ai commencé par taper des tracts après l'école ou mon boulot. Je ne pouvais pas rester passive face à tout ça. Puis le Parti communiste nous a demandé de faire des inscriptions sur les murs. On écrivait "À bas les Boches, vive la France".» Jusqu'à la dénonciation.

Passeur de mémoire 

Direction Sarrebruck en wagon à bestiaux et arrivée à Ravensbrück. « Les appels, les coups, les cris, les chiens, l'absence de bouffe, puis le travail forcé douze heures par jour à fabriquer des obus. » À la Libération, Christiane a 21 ans, elle ne pèse que 36 kg. Employée à la SNCF, puis restauratrice à Saint-Nazaire, elle prend sa retraite et devient passeur de mémoire dans les collèges et lycées.

Durant vingt ans, elle se déplace dans les établissements.« Je racontais ma déportation et répondais aux questions des élèves. » Aujourd'hui encore, elle témoigne à domicile, « les classes d'histoire viennent chez moi ».

Sa réaction, la vieille dame l'analyse avec humour. « C'est dans ma nature. J'ai toujours été tête de lard. Je ne supporte pas la provocation et la malhonnêteté. »

Publié dans Articles de Presse

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