EN DIRECT. Simone Veil : les hommages se succèdent

Publié le par Le Point

EN DIRECT. Simone Veil : les hommages se succèdent

Le président de la République a exprimé ses "très vives condoléances" tout en souhaitant que "son exemple" puisse "inspirer nos compatriotes"

Simone Veil

Simone Veil

13 h 25 - À la suite de la disparition de Simone Veil, France 2 et TF1 bouleversent leur programmation

En raison de la disparition soudaine de Simone Veil, les deux chaînes de télévision ont choisi de modifier leur programmation à la dernière minute. Sur France 2, à 15 h 50 sera diffusé le documentaire Simone Veil, une loi au nom des femmes écrit et réalisé par Richard Puech, puis à 20 h 55 le documentaire Un jour, une histoire : Simone Veil, l'instinct de vie, réalisé par Laurent Delahousse, Sarah Briand, Frédéric Martin et Alexis Guillot. Et, sur TF1, sera diffusé, ce samedi 1er juillet à 13 h 30 un portrait de Simone Veil : Simone Veil : ligne de vie, réalisé par Valérie Nataf. 

13 h 08 - Roselyne Bachelot : "Nous sommes tous les enfants de Simone Veil"

L'ancienne ministre de la Santé était proche de Simone Veil et s'est notamment battue pour qu'elle soit décorée de la Légion d'honneur.

13 h 03 - Simone Veil, l'académicienne

En mars 2010, Simone Veil est reçue à l'Académie française. Une reconnaissance de ses engagements et de ses combats. Sa réception parmi les immortels reste marquée par son discours, et par celui de Jean d'Ormesson.

12 h 43 - "Simone Veil reste immortelle", dit Sarkozy, qui l'a "admirée" et "aimée"

L'ancien président Nicolas Sarkozy a rendu hommage vendredi à Simone Veil, décédée à l'âge de 89 ans, saluant sur Facebook une femme qu'il a "admirée" et "aimée", et qui "reste immortelle". "J'ai connu Simone Veil, j'ai admiré Simone Veil et je veux l'écrire ici, j'ai aimé Simone Veil, dont l'amitié ne m'a jamais fait défaut. Son regard bleu pouvait exprimer l'autorité et même la colère mais il y brillait toujours une grande bonté et la lueur de l'espoir", a écrit Nicolas Sarkozy dans un long message posté sur Facebook.

Nicolas Sarkozy

2 h ·

Simone Veil reste immortelle

Simone Veil est morte. La France se désole et s’étonne qu’elle ait pu mourir tant son image, malgré le temps qui passe, était restée inaltérable. Pourtant Simone Veil aurait pu mourir beaucoup plus tôt car elle avait été condamnée à mort, il y a soixante douze ans, par le nazisme. Elle était juive, elle avait seize ans, elle n’avait donc pas le droit de vivre aux yeux de ceux qui avaient planifié la solution finale pour pouvoir exterminer tout un peuple à une échelle industrielle.

Simone Veil aurait dû mourir, elle aurait pu mourir comme elle avait vu mourir ces femmes et ces enfants que l’on envoyait prendre des douches dont on ne revenait jamais. Elle aurait pu mourir, comme son père, comme son frère ou encore comme sa mère, de fatigue, de froid et d’épuisement sur le bord des chemins empruntés par des millions de déportés dans les marches de la mort.

Simone Veil n’est pas morte, elle a survécu, puis elle a fait mieux, elle a vécu et elle a choisi de consacrer au bien commun cette vie qu’elle avait gagnée contre le mal absolu à force de courage, de volonté, de ténacité et d’intelligence. Simone Veil n’est pas morte, elle s’est mariée, elle a fondé une famille, elle a travaillé, elle s’est engagée.

A une époque où les gouvernements français étaient encore des clubs politiques réservés aux hommes, elle est devenue ministre de Valéry Giscard d’Estaing et s’est imposée dans un combat qui a marqué l’Histoire de notre société. Elle ne s’est pas élevée contre un dogme ou des convictions religieuses qu’elle respectait profondément mais elle s’est levée pour combattre la souffrance et une souffrance qui lui était particulièrement insupportable, la souffrance silencieuse des femmes. Simone Veil, en effet, n’était pas une idéologue car elle avait payé du prix le plus élevé la folie des idéologues. Du haut de la tribune de l’Assemblée Nationale, Simone Veil a simplement dit que la République ne pouvait pas continuer à fermer les yeux sur 300 000 avortements qui se pratiquaient chaque année clandestinement. Elle a simplement dit que la République ne pouvait plus accepter que des femmes meurent dans des souffrances abominables parce qu’elles n’avaient pas les moyens de prendre un avion et de se payer un séjour dans une clinique privée à l’étranger. Simone Veil a fait ce qu’elle croyait juste et même si elle a essuyé des insultes qui déshonoraient ceux qui les lui lançaient en pleine face, elle a su trouver une majorité qui allait au-delà des clivages politiques. Ce jour-là, elle a fait ce qu’elle considérait être son devoir. Rien de plus et ce fut sa grandeur.

Simone Veil s’est aussi engagée dans la vie politique pour défendre une idée, une idée qui lui paraissait plus grande qu’elle-même, plus importante que son propre destin politique dont elle n’a jamais fait un objectif. Cette idée, ce combat, c’était la construction européenne. Cette femme qui aurait pu entretenir à l’égard de l’Allemagne une méfiance instinctive et même un ressentiment inextinguible a été élue Présidente du Parlement Européen par des députés français et allemands. Simone Veil avait la conviction profonde, une conviction forgée par le drame de sa vie, -cette vie qui a donné le titre de son plus beau livre-, que seule la construction européenne permettrait au continent d’échapper aux démons de la guerre et de la haine et que sans une amitié franco-allemande sans faille, il n’y aurait de place ni pour la paix, ni pour l’Europe. Dans les années 1990, le retour de la guerre dans les Balkans, au cœur même du continent européen, fut pour elle comme un coup de semonce. Il rappelait que le combat pour une Europe politique, forte, efficace et gouvernée, était le seul rempart contre le retour du passé.

Simone Veil n’est pas morte car après s’être retirée de la vie politique, elle a consacré son énergie au devoir de mémoire. Mémoire des siens et mémoire de l’holocauste qui les avait dévorés. J’ai été heureux, comme une immense majorité de Français, de la voir entrer à l’Académie Française pour y devenir, là encore, une des rares immortelles de sa génération comme j’ai été fier, je l’avoue, d’obtenir une modification du code de la Légion d’Honneur pour qu’elle puisse être élevée à la dignité de Grand officier sans avoir reçu les grades inférieurs. La France de Claudel, de Racine et de Napoléon rendait hommage à cette femme qui, même dans les camps de la mort, n’avait jamais abdiqué et avait toujours défendu la dignité humaine en refusant de baisser les yeux. Simone Veil avait la dimension d’une femme d’Etat car son humanité ne lui interdisait jamais d’être, lorsque la situation l’exigeait, d’une très grande fermeté.

J’ai connu Simone Veil, j’ai admiré Simone Veil et je veux l’écrire ici, j’ai aimé Simone Veil dont l’amitié ne m’a jamais fait défaut. Son regard bleu pouvait exprimer l’autorité et même la colère mais il y brillait toujours une grande bonté et la lueur de l’espoir.

Simone Veil est partie rejoindre son mari Antoine avec lequel elle formait un couple hors du commun mais elle n’est pas morte car son action comme son souvenir oblige tous ceux qui l’ont admirée et aimée. En effet, ce souvenir aujourd’hui nous oblige, comme il oblige l’Europe qu’elle a servie à rester à la hauteur du témoignage de courage et de volonté qu’elle nous laisse.

Nicolas Sarkozy

12 h 33 - "Bouleversé", VGE souhaite que "sa vie exemplaire reste une référence pour les jeunes"

L'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing s'est dit vendredi "bouleversé" par le décès de Simone Veil, et a souhaité que "sa vie exemplaire reste une référence pour tous les jeunes d'aujourd'hui", dans un communiqué transmis à l'AFP. "C'était une femme exceptionnelle qui avait connu les plus grands bonheurs et les plus grands malheurs de la vie", écrit l'ancien président, qui en avait fait sa ministre de la Santé publique en 1974.      

12 h 29 - Le visage de l'IVG

Parmi ses nombreuses luttes, la loi sur l'interruption volontaire de grossesse, en 1975, restera le principal fait d'armes de Simone Veil. Elle s'était montrée digne face aux attaques. En 2007, dans un interview au Point, Simone Veil disait elle-même que l'IVG reste ce qu'elle retient "probablement" le plus parmi ce qu'elle a accompli.

12 h 27 - Anne Hidalgo veut attribuer le nom de Simone Veil à un lieu marquant de Paris

La maire PS de Paris Anne Hidalgo va proposer au Conseil de Paris d'attribuer le nom de Simone Veil, morte vendredi à 89 ans, à "un lieu marquant de la capitale", a-t-elle annoncé dans un communiqué. "Notre pays perd aujourd'hui à la fois l'une de ses plus belles figures d'engagement et en même temps l'un des ferments de sa concorde et de sa cohésion", a déclaré la maire socialiste, ajoutant que "notre ville n'oubliera pas celle qui s'est inscrite dans la lignée des combattantes de la liberté qu'elle prise", a-t-elle ajouté.

11 h 59 - Antonio Tajani : le message de Simone Veil reste "vivant"

Le message de Simone Veil sur les femmes et l'antisémitime reste "vivant", a déclaré vendredi à l'AFP le président du Parlement européen, Antonio Tajani. "Son message est vivant aussi bien en ce qui concerne le droit et le rôle des femmes en Europe qu'en ce qui concerne l'antisémitisme", a dit l'Italien Tajani à propos de la première femme présidente du Parlement européen.

11 h 46 - Marlène Schiappa : les combats de Simone Veil "resteront une inspiration pour des générations entières"

"Simone Veil était une femme admirable tant personnellement que politiquement. Sa résilience après les drames personnels, sa pulsion de vie après la Shoah, sont des leçons pour toute l'humanité", a déclaré Marlène Schiappa. La secrétaire d'État auprès du Premier ministre, dans un communiqué, a rendu hommage à l'ancienne ministre : "Politiquement, le combat qu'elle a mené pour le droit à l'IVG en ne lâchant jamais son objectif et en ne cédant pas un millimètre de terrain aux réactionnaires restera une inspiration pour des générations entières. En tant que secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, c'est avec une profonde émotion et un profond respect que je salue sa mémoire, et lui adresse la reconnaissance éternelle de la République française."

11 h 41 - Christian Estrosi pleure Simone Veil, la Niçoise

Christian Estrosi, maire de Nice, a réagi à la disparition de Simone Veil. "Nice sera éternellement honorée de lui avoir donné le jour", déclare-t-il dans un communiqué diffusé sur Twitter. Il exprime lui aussi sa tristesse face à la perte de Simone Veil qui "incarne tout ce que l'humanité, et ce que les femmes dans l'humanité ont pu produire de meilleur", et rappelle que la ville de Nice conservera aussi son nom "donné à une grande artère de ce quartier qui construira la Nice de demain". 

11 h 40 - "IVG, loi Veil devenue iconie : une femme s'est battue pour toutes les femmes"

Alain Juppé, ex-Premier ministre a exprimé sa "tristesse", clamant son "profond respect pour la femme politique, son courage, son audace dans le combat pour la condition féminine". Eric Ciotti, député Les Républicains, a lui salué une "niçoise" qui "était un exemple pour nous tous", "une femme d'exception qui a vécu l'horreur des camps de la mort". L'ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine a voulu rendre hommage à "une femme de courage et d'engagement pour les droits et liberté des femmes. IVG, loi Veil devenue loi iconique : une femme s'est battue pour toutes les femmes dans une France et une Assemblée dominée par les hommes".

11 h 36 - Édouard Balladur : "Nous perdons une des grandes femmes de notre temps"

"C'est avec une très grande émotion que j'ai appris la disparition de Simone Veil. J'avais pour elle infiniment de respect et d'amitié. Sa personne et son histoire faisaient honneur à notre pays. Puisse son exemple nous inspirer longtemps", a déclaré Édouard Balladur, ancien Premier ministre, dans un communiqué. Les hommages s'enchaînent dans le monde politique après la nouvelle du décès de Simone Veil. Benoît Hamon, ex-candidat à l'élection présidentielle, "s'incline à la nouvelle du décès de Simone Veil, survivante de la Shoah, ministre de la loi IVG, inlassable européenne". "Nous perdons une des grandes femmes de notre temps, un modèle de courage et d'humanité. Elle était un exemple, elle laissera un vide immense", a également réagi Bernard Accoyer, secrétaire général des Républicains.

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