Kubis Jan

Publié le par Mémoires de Guerre

Jan Kubiš, né le 24 juin 1913 à Dolní Vilémovice, Moravie (République tchèque) et mort le 18 juin 1942 à Prague, Tchécoslovaquie) est un soldat et résistant tchécoslovaque qui, formé et envoyé par les Britanniques, participe à l’assassinat du général SS Reinhard Heydrich le 27 mai 1942 à Prague, alors un des plus hauts dignitaires du régime nazi. C'est Kubiš qui lance la grenade antichar qui blesse le « bourreau de Prague », lequel meurt de ses blessures une semaine plus tard.

Kubis Jan
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Le Slovaque Jozef Gabčík et le Tchèque Jan Kubiš du groupe Anthropoid, ainsi que cinq autres soldats de l’armée tchécoslovaque en exil répartis en deux groupes — de noms de code Silver AN et Silver BN — sont parachutés par la Royal Air Force dans la nuit du 28 au 29 décembre 1941 en Tchécoslovaquie annexée, entre 2 h et 3 h du matin. À Prague, ils contactent des familles et des organisations de résistance qui les aident à préparer l’assassinat de Heydrich. Le 27 mai 1942 vers 10 h 35, installé sur le siège avant à côté du chauffeur, Heydrich effectue son trajet habituel d’une vingtaine de kilomètres entre sa résidence à Panenské Břežany et le palais Czernin, Černínský palác en tchèque, où se trouvent ses bureaux. Sur cet itinéraire, Gabčík et Kubiš attendent à un arrêt de tramway situé dans un virage serré en épingle près de l’Hôpital Bulovka dans le quartier de Prague -Libeň. 

En complément de leur arme de poing, Gabčík dispose d’un pistolet mitrailleur Sten, et Kubiš est muni de deux grenades antichars modifiées ; ces armes sont dissimulées dans des serviettes porte-documents. Ils attendent d’être avertis par un 3e homme, Josef Valčík, posté cent mètres plus au nord, qui joue le rôle de guetteur. Lorsque ce dernier utilise un miroir pour les informer de l’arrivée imminente de la voiture de Heydrich, les deux hommes préparent leurs armes. Au moment où la Mercedes, capote relevée en arrière, s’approche et ralentit pour prendre le virage, Gabčík se précipite, se place devant le véhicule et tente de faire feu avec son pistolet mitrailleur, mais celui-ci s’enraye et aucun coup ne part. Heydrich ordonne à son chauffeur d’arrêter la voiture puis se lève pour essayer d’abattre Gabčík. Mais au même instant Kubiš, resté en arrière sur le trottoir, lance sa grenade vers la voiture, sans l'atteindre toutefois : la charge explose près de la roue arrière droite, transperce la carrosserie située entre l’aile arrière et la portière, projette des débris de métal et des fragments de fibres de siège qui pénètrent dans le dos de Heydrich

Kubiš est aussi atteint par l’explosion, mais légèrement. Gabčík abandonne sa Sten et, aussitôt, les deux assaillants sortent leur pistolet pour tirer sur Heydrich mais comme l’explosion les a également choqués, ils manquent leur cible : ils prennent alors la fuite dans des directions différentes. Le chauffeur, le SS-Oberscharführer Johannes Klein, part à la poursuite de Kubiš qui monte sur une bicyclette. Heydrich, ne ressentant apparemment pas ses blessures, descend aussi de voiture mais en titubant, il réplique et tente de poursuivre Gabčík : il s’effondre rapidement sur le sol. Klein ne parvient pas à rattraper Kubiš et revient vers Heydrich, celui-ci saigne abondamment et ordonne à Klein de poursuivre Gabčík à pied. Klein s'élance à nouveau et retrouve Gabčík dans une boutique de boucher, mais le parachutiste fait feu à deux reprises avec son pistolet, blessant sérieusement Klein à la jambe, ce qui lui permet de s'échapper et de rejoindre une cache, après avoir pris un tramway. À ce moment, les deux parachutistes en fuite sont persuadés que leur mission a échoué. 

Heydrich est transporté à l’hôpital Bulovka tout proche, où il subit une opération. Il se rétablit progressivement et, six jours plus tard, il prend son déjeuner assis dans son lit, mais c’est alors que son état s'aggrave brutalement et il tombe dans le coma : il succombe le lendemain matin, le 4 juin 1942. Les responsables nazis lancent une recherche intensive des deux « terroristes », avec demande de collaboration de la population et offre de prime, utilisant même les salles de cinéma ; pour qu'un indicateur puisse les reconnaître, ils montrent les objets laissés sur place par les meurtriers de Heydrich : une casquette, un imperméable, une Sten, deux serviettes porte-documents, une bicyclette. Sur trahison d'un membre d'un autre commando — Karel Čurda, du commando Out Distance parachuté le 28 mars 1942 — qui donne entre autres le nom de la famille Moravec ayant hébergé les parachutistes avant l’attentat, et après un interrogatoire « poussé » de cette famille, ils les trouvent en compagnie d’autres parachutistes, cachés dans une église de Prague, l'église Saints-Cyrille-et-Méthode. 

Trois semaines après l'attentat, le 18 juin vers 4 h 15, sept cents SS du bataillon de réserve Deutschland et du bataillon de garde Prag, sous le commandement du Brigadeführer Karl Fischer von Treuenfeld, font le siège de l'église mais ne sont pas en mesure de capturer les parachutistes vivants. Trois d’entre eux, dont Kubiš, sont postés dans les galeries latérales et la tribune d’orgue, pour monter la garde ; ils livrent bataille pendant deux heures : deux sont gravement blessés et se suicident, Kubiš souffre de multiples blessures et meurt vidé de son sang. Les quatre autres parachutistes, dont Gabčík, sont réfugiés dans la crypte ; ils refusent de se rendre en dépit des assauts répétés des SS, d’une tentative d’enfumage au gaz lacrymogène et de l'inondation entamée avec l'aide des pompiers de la ville : ils finissent par se suicider. Les Allemands perdent au moins quatorze hommes, tués, et vingt-et-un autres, blessés. Après les combats, c’est le traître Čurda qui est chargé d’identifier les corps des résistants alignés devant l'église.

Publié dans Militaires

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