Noyal-Pontivy. Thérèse Pelletier raconte le 6 juin 1944

Publié le par Ouest France

Noyal-Pontivy. Thérèse Pelletier raconte le 6 juin 1944

C’était il y a 73 ans. Thérèse Pelletier avait 8 ans quand les parachutistes américains ont sauté sur son village de Sainte-Mère-Église.

Thérèse Pelletier vit aujourd’hui à Noyal-Pontivy. Colin Michel

Thérèse Pelletier vit aujourd’hui à Noyal-Pontivy. Colin Michel

Huit jours avant le débarquement, "il y a eu des lumières dans le ciel. Des filaments argentés sont tombés du ciel. On m’a fait croire qu’en les trempant dans du vinaigre, apparaîtrait la date du Débarquement ", se souvient Thérèse Pelletier, 81 ans.

Le 5 juin 1944, les Allemands occupent Saint-Mère-Église (Manche), le village de Thérèse depuis déjà quatre ans, quand à 23 h, le tocsin sonne. Un violent incendie brûle un bâtiment : " C’était intentionnel, pour guider les parachutistes ". Le lendemain, 15 000 hommes sont largués par des avions, le Débarquement commence.Malgré le tonnerre de feu, Thérèse dort à poings fermés : " Ma mère m’a réveillée pour voir les parachutistes sauter ".

"J’entendais les bruits des combats "

Le 7 juin, vers 13 h Sainte-Mère-Église est pris pour cible par les Allemands. L’ordre est donné d’évacuer. Les familles se retrouvent dans une ancienne ferme située à l’extérieur du bourg : " Pendant quatre jours, nous n’avons fait que prier. Prières pour vaincre la peur et prières pour ceux qui avaient laissé leur vie ", rapporte la Noyalaise.

Le groupe est ensuite emmené par les Américains dans une tranchée : " J’entendais les bruits des combats tout près, raconte Thérèse. Mais je ne crois pas avoir eu peur ".

Une party pour fêter la libération

La fameuse party de la libération. Thérèse est la 3e en bas en partant de la gauche. Colin Michel

La fameuse party de la libération. Thérèse est la 3e en bas en partant de la gauche. Colin Michel

En juillet, une fois les affrontements terminés, le 9e groupe d’aviation américaine organise " une party ". Chaque aîné des familles est convié à déjeuner avec un soldat. Thérèse est de la fête : " J’ai encore la photo de cette journée, je la garde précieusement ".

Thérèse Pelletier a quitté Sainte-Mère-Eglise en 1946 sans jamais oublié cette période : " Il y a quelques années, j’ai eu besoin d’y retourner, raconte la femme. Depuis, avec mon époux Philippe, nous retrouvons régulièrement des anciens de mon école primaire, pour parler du bon vieux temps ".

Publié dans Articles de Presse

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