Saint-Brandan. Décès du résistant Robert Aubert

Publié le par Ouest France

Saint-Brandan. Décès du résistant Robert Aubert

Souvent, les anciens combattants parlent peu de ce qu’ils ont vécu. Ou alors, entre eux. L’histoire de Robert Aubert ne manque pas à cette règle en général implicite.

Un brevet militaire en date du 31 mars 1945. Le droit de manger dans un dépôt américain avec cette formule « is permitted to eat » (permis de manger)… Robert Aubert en 2012. | Ouest-France

Un brevet militaire en date du 31 mars 1945. Le droit de manger dans un dépôt américain avec cette formule « is permitted to eat » (permis de manger)… Robert Aubert en 2012. | Ouest-France

Nécrologie

« Notre père était dans une colonne américaine qui a libéré le camp de concentration de Dachau. Ça l’a marqué pour toute sa vie », raconte une des filles de Robert Aubert, résistant et ancien combattant, dont les obsèques ont eu lieu hier, vendredi, en l’église de Saint-Brandan.

Marqué à tel point « qu’il a toujours gardé, dans son portefeuille, une photographie de l’horreur découverte là-bas. » Autre manifestation de ce profond traumatisme : « A chaque commémoration, il tombait en sanglots. »

Si pour ses proches, il a toujours été « un taiseux » quand il s’agissait d’évoquer cette période sombre avec « une phrase ou deux, de temps en temps, pas plus, sans doute pour nous préserver », il n’en était pas de même avec les camarades anciens combattants : « Pendant les visites, au funérarium, ils nous ont raconté qu’il était capable de parler des heures de tout ce qu’il avait vécu. » Les deux sœurs ont pu reconstituer une partie de l’histoire de leur patriote de père, décédé à 93 ans. Après avoir refusé le STO (service de travail obligatoire) il a fini par être obligé de l’effectuer : « C’était à Paimpol. Avec des copains, ils se montraient parfois maladroits, laissant tomber, « malgré eux », des rails dans le fond du port, histoire de ne pas faciliter les projets de voie ferrée des Allemands. »

Les chemins des deux frères se séparent alors : « Notre oncle, Joseph, descend vers le sud de la Bretagne et sera sur le front de la poche de Lorient. Notre père rejoint les Américains. » Mécanicien et chauffeur, il est engagé dans la 7e armée américaine et fait partie d’une colonne chargée de libérer les camps de concentration : « A Dachau, il a su, grâce aux registres, que le cousin fait prisonnier à Senven y avait été interné jusqu’à la veille de son arrivée ! » Il n’y a plus jamais eu de nouvelles de lui, depuis. Un regret sans retour pour celui dont les multiples médailles témoignent à jamais de son passé de réfractaire, résistant et combattant volontaire.

Ces obsèques ont été célébrées ce vendredi 2 juin, à l’église de Saint-Brandan.

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