Rafle du Vel d’Hiv : le PCF fustige la venue de Netanyahu

Publié le par The Times of Israël Staff

Le Premier ministre israélien a été invité par le président français pour commémorer les 13 152 juifs raflés en juillet 1942 sur ordre du pouvoir français en place pendant l’Occupation

Le président français Emmanuel Macron (au milieu) avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et son épouse Sara (à gauche) au Parlement européen à Strasbourg, en France, le 1er juillet 2017 (Crédit : AFP Photo / Patrick Hertzog)

Le président français Emmanuel Macron (au milieu) avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et son épouse Sara (à gauche) au Parlement européen à Strasbourg, en France, le 1er juillet 2017 (Crédit : AFP Photo / Patrick Hertzog)

Le Parti communiste a déploré samedi la venue du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, aux commémorations du 75e anniversaire de la Rafle du Vel d’Hiv, estimant qu’il n’est « pas l’homme » du message « fort de paix » qui doit être envoyé à cette occasion.

La commémoration de la rafle, le 16 juillet, « doit envoyer un message fort de paix, et Benjamin Netanyahu n’est pas l’homme de ce message », écrit le PCF dans un communiqué.

« Ce n’est pas faire honneur aux 13 152 juifs, parmi lesquels plus de 4 000 enfants, que la police de Pétain rafla dans la région parisienne pour les envoyer à la mort et complaire à l’Occupant allemand », ajoute le parti.

Netanyahu vient commémorer la « rafle du Vel d’hiv ». Les 16 et 17 juillet 1942, 13.152 hommes, femmes et enfants juifs avaient été arrêtés à la demande des nazis et sur ordre du pouvoir français en place pendant l’Occupation.

Retenus dans des conditions inhumaines, pendant quatre jours, 1 129 hommes, 2 916 femmes et 4 115 enfants furent entassés sur les gradins du Vélodrome d’hiver (démoli en 1959), voué aux courses cyclistes, avant d’être emmenés dans deux camps, à Beaune-la Rolande et Pithiviers, au sud de Paris.

Là, quelque 3 000 enfants en bas-âge furent brutalement séparés de leurs parents, déportés les premiers vers Auschwitz via Drancy.

Cette rafle représente à elle seule plus du quart des 42 000 Juifs envoyés de France à Auschwitz en 1942, dont seuls 811 reviendront chez eux après la fin de la guerre.

Des seuls « raflés » du Vel d’Hiv, moins d’une centaine – aucun enfant – survécurent.

Lors des élections, Marine Le Pen semblait retourner aux standards des méthodes paternelles en niant, à plusieurs reprises, la responsabilité de la France dans la déportation de juifs sous l’occupation nazie, en rappelant qu’elle considérait que « le régime de Vichy n’était pas la France ».

« Nul n’a oublié qu’en octobre 2015, le dirigeant israélien avait provoqué une indignation unanime, jusqu’au gouvernement allemand, en affirmant, au mépris de la réalité historique et des faits, qu’ ‘Hitler n'(avait) pas souhaité exterminer les juifs’ « , affirme le PCF.

« Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs à l’époque [de la rencontre entre le mufti et le leader nazi], il voulait expulser les Juifs », a déclaré Netanyahu. « Et Hadj Amin al-Husseini est allé voir Hitler et lui a dit : « Si vous les expulsez, ils vont tous venir ici [en Palestine mandataire], » avait déclaré le Premier ministre israélien en octobre 2015.

« Alors, que dois-je faire avec eux ? a-t-il demandé [Hitler] », selon Netanyahu. « Il [Husseini] a dit, « les brûler. »

Netanyahu parlait dans le contexte des accusations palestiniennes de longue date – le mufti était l’un des premiers à colporter de telles allégations contre les Juifs dans la Palestine mandataire – selon lesquelles Israël cherche à prendre le contrôle du mont du Temple à Jérusalem.

Netanyahu avait dit qu’il n’avait aucunement l’intention « d’absoudre Hitler de sa responsabilité », mais voulait plutôt montrer que « l’ancêtre du nationalisme palestinien, qui était sans Etat et sans ce qu’on appelle une « occupation », sans les territoires et sans les implantations, avait déjà le projet, à travers l’incitation systématique à la haine, d’anéantir les Juifs.

« A mon grand regret, Hadj Amin al-Husseini est jusqu’à ce jour une figure vénérée dans la société palestinienne – il apparaît dans les manuels scolaires et est célébré comme le père de la nation – et l’incitation qui a commencé avec lui, l’incitation à tuer des Juifs, persiste encore, » avait-il dit. « L’incitation à la violence doit cesser si nous voulons mettre fin à ces meurtres. Il est primordial de reconnaître les faits historiques et ne pas les ignorer ».

Marine Le Pen, présidente du Front national (FN), au soir du premier tour des élections législatives, à Paris, le 11 juin 2017. (Crédit : Denis Charlet/AFP)

Marine Le Pen, présidente du Front national (FN), au soir du premier tour des élections législatives, à Paris, le 11 juin 2017. (Crédit : Denis Charlet/AFP)

« Le Premier ministre israélien, dont l’obédience d’extrême droite n’est plus un secret pour personne, est un homme de guerres et de violences qui, chaque jour, fait obstacle à la construction d’un processus de paix, juste et durable, entre Israéliens et Palestiniens », poursuit le parti, qui « réprouve l’invitation faite à Benjamin Netanyahu par le président Emmanuel Macron ».

« L’Elysée confirme la venue de Benjamin Netanyahu [annoncée par le Times of Israel le 2 juillet dernier] , Premier ministre d’Israël, le dimanche 16 juillet, pour la commémoration de la rafle du Vel d’hiv », arrestation massive de juifs à Paris en 1942.

« A cette occasion, un entretien de travail aura lieu » entre le président français et le Premier ministre israélien, d’après l’Elysée.

La France avait organisé en janvier 2017 une conférence internationale sur le Proche-Orient pour réitérer le soutien de la communauté internationale à la solution à deux Etats, israélien et palestinien.

La dernière visite du Premier ministre israélien remonte à janvier 2015 quand il avait défilé à Paris aux côtés de plusieurs dirigeants étrangers, à l’invitation du président François Hollande, pour exprimer sa solidarité après une série d’attaques jihadistes ayant visé Charlie Hebdo, des policiers et l’Hyper Casher de Vincennes.

De gauche à droite : le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président malien Ibrahim Boubacar Keita, le président français Francois Hollande, la Chancelière allemande Angela Merkel et le président palestinien Mahmoud Abbas take lors de la Marche Républicaine à Paris le 11 janvier 2015 (Crédit : Patrick Kovarik/AFP)

De gauche à droite : le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président malien Ibrahim Boubacar Keita, le président français Francois Hollande, la Chancelière allemande Angela Merkel et le président palestinien Mahmoud Abbas take lors de la Marche Républicaine à Paris le 11 janvier 2015 (Crédit : Patrick Kovarik/AFP)

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