D. B. Cooper

Publié le par Mémoires de Guerre

D. B. Cooper (aussi connu sous le nom de Dan Cooper, DB Cooper) est un pseudonyme utilisé par un pirate de l’air qui, le 24 novembre 1971, après avoir reçu une rançon de 200 000 USD, sauta en parachute de l’arrière d’un Boeing 727 alors qu’il volait au-dessus de la région du Nord-Ouest Pacifique des États-Unis. Aucune preuve concluante n’a permis de déterminer l’endroit où se trouve Cooper, et plusieurs théories se disputent l’explication de ce qui s’est passé après son saut. Les seuls indices qui ont été trouvés dans l’affaire sont ambigus : environ 6 000 USD, échoués sur les rives du fleuve Columbia, et une partie d’un symbole supposé appartenir à l’escalier arrière de l’avion duquel Cooper sauta. La nature de la fuite de Cooper et l’incertitude sur ce qui lui est arrivé continuent à intriguer l’opinion publique. En 2012, l’affaire Cooper (nom de code « Norjak » pour le FBI) reste non résolue mais un nouvel élément entre en jeu : une femme affirme être la nièce de D. B. Cooper. Le 12 juillet 2016, le FBI abandonne officiellement l'enquête après avoir exploré toutes les pistes crédibles, sans succès.

Croquis du FBI esquissant D. B. Cooper en 1971 et ce à quoi il pourrait ressembler plusieurs années plus tard.
Croquis du FBI esquissant D. B. Cooper en 1971 et ce à quoi il pourrait ressembler plusieurs années plus tard.

Croquis du FBI esquissant D. B. Cooper en 1971 et ce à quoi il pourrait ressembler plusieurs années plus tard.

À 16h35, le 24 novembre 1971, aux États-Unis (la veille de Thanksgiving), un jour de mauvais temps, un homme voyageant sous le nom de Dan Cooper détourne le vol 305, un Boeing 727-051 de la compagnie Northwest Orient Airlines décollant de l’aéroport international de Portland, Oregon, en menaçant de faire exploser une bombe à bord (il porte avec lui une mallette contenant des câbles électriques et des « bâtons rouges »). Lorsque Cooper prit place à bord de l’avion, il comprenait seulement 6 membres d’équipage et 36 passagers, n'étant rempli qu'au tiers. Il portait un imperméable noir, des mocassins, un costume d’affaires foncé, une chemise blanche parfaitement repassée, une fine cravate noire, et une épingle de cravate nacrée. Il portait également des lunettes de soleil enveloppantes. 250 kilomètres séparant Portland de la ville destination de Seattle, le vol ne devait durer que quelques dizaines de minutes. L’avion était à peine dans les airs, qu’il appela son hôtesse de l'air, Florence Schaffner, assise non loin, pour commander une boisson. Après l’avoir payée, il lui tendit une enveloppe. Elle pensa qu’il lui donnait son numéro de téléphone, donc elle la glissa, non-ouverte, dans sa poche. Cooper se pencha plus près, « Mademoiselle, vous feriez mieux de regarder ce message. J’ai une bombe ». Dans l’enveloppe se trouvait une note qui disait, « J’ai une bombe dans ma mallette. Je m’en servirai si nécessaire. Je veux que vous restiez à mes côtés. Vous êtes détournés ».

Quand l’hôtesse de l’air informa le cockpit des intentions de Cooper, le pilote, William Scott, contacta le contrôle du trafic aérien à Seattle-Tacoma, et on lui ordonna de coopérer avec le pirate de l’air. Scott indiqua à Florence Schaffner de retourner s’asseoir près de Dan Cooper, qui entrebâilla sa mallette un instant, suffisamment longtemps pour permettre à Schaffner d’apercevoir des cylindres rouges et des câbles électriques. Il lui ordonna de dire au pilote de ne pas atterrir avant que l’argent et les parachutes ne soient prêts à Seattle-Tacoma. Elle retourna au cockpit pour transmettre les instructions de Cooper. Quand l’avion atterrit à sa destination originale prévue, l'aéroport international de Seattle-Tacoma près de Seattle, Washington, à 17h45, il relâcha tous les passagers en échange de 200 000 USD (en coupures de 20 USD) et quatre parachutes (deux principaux ventraux et deux dorsaux de secours), supposés être pour les quatre personnes restantes à bord de l'avion (le pilote, le copilote, une hôtesse de l’air et lui-même). On pense que c'était une manière pour D. B. d’être sûr qu’aucun des parachutes qui lui étaient remis n'était piégé.

À 19h45, il intima à l'équipage de reprendre les airs, leur ordonnant de voler vers Mexico à une altitude relativement basse, environ 10 000 pieds [3 000 m], et à une vitesse faible (150 nœuds). L'altitude normale de croisière est d’environ 25 000 pieds [7 600 m] à 37 000 pieds [11 300 m] avec les trains d’atterrissage enclenchés et 15 degrés de volets. À un moment du vol, il sauta de l’escalier arrière de l’avion avec l'argent et les parachutes. Le FBI suppose que son plongeon eut lieu vers 20h11 au-dessus du sud-ouest de l'État de Washington, car à ce moment l'équipage perçut une très légère modification du centrage de l'appareil. À cause de la mauvaise visibilité, son plongeon ne fut pas remarqué par les deux avions de chasse F-106 de l’US Air Force qui pourchassaient l’avion de ligne. Des spécialistes supposent qu'il a atterri au sud-est de la ville d'Ariel au bord du Lake Merwin, 48 km au nord de Portland. En dépit de 18 jours de recherches sur la zone d’atterrissage estimée, aucune trace de l’homme ou de son parachute n’a jamais été trouvée, et on ne sait même pas s’il a survécu à sa fuite. Le FBI questionna puis relâcha un homme du nom de Daniel B. Cooper, qui ne fut jamais considéré comme un suspect significatif. Cependant, à cause d’une mauvaise communication avec les médias, les initiales « D. B. » sont restées fermement associées au pirate de l’air et c’est ainsi qu’il est connu au début du XXIe siècle.

Après trois détournements similaires (mais moins réussis) en 1972, le FAA ordonna que tous les Boeing 727 soient munis d’un mécanisme connu sous le nom de Cooper vane, une cale aérodynamique mécanique qui empêche l’escalier arrière d’être abaissé pendant le vol. Le 13 février 1980, 5 800 USD (en coupures de 20 USD) de la rançon furent trouvés par une famille qui pique-niquait à 8 km au nord-ouest de Vancouver (Washington) sur les rives du fleuve Columbia. On a su que les coupures provenaient de la rançon remise à Cooper, car les numéros de série des billets correspondaient à ceux enregistrés par les autorités, dans le but de le traquer et de l’appréhender dans l’éventualité où il aurait cherché à les dépenser ou les déposer. Cette découverte suscite de nombreuses hypothèses et rumeurs. Le 12 juillet 2016, le FBI déclare improbable la résolution de cette enquête, et arrête ses recherches actives.

Animation simulant le saut de D. B. Cooper (cliquez pour voir l'animation).

Animation simulant le saut de D. B. Cooper (cliquez pour voir l'animation).

Les suspects

Richard McCoy, Jr.

Un des détournements de 1972 a été mené par Richard McCoy, Jr. Le 7 avril 1972, quatre mois après le détournement de D. B. Cooper, McCoy embarqua sur le vol United Flight 855 pendant une escale à Denver. C’était un Boeing 727 avec un escalier arrière, du même type que celui utilisé dans l’affaire Cooper, que McCoy utilisa pour s’échapper après avoir donné à l’équipage le même type d’instructions que Cooper. Après avoir reçu un renseignement, la police commença à enquêter sur le cas McCoy. Marié, ayant deux jeunes enfants, il était professeur de catéchisme mormon tout en étudiant le droit à l’Université Brigham Young. Il était aussi vétéran de la guerre du Viêt Nam, ancien béret vert pilote d’hélicoptère et un parachutiste.

Après une correspondance positive d’une empreinte digitale et d’une écriture manuscrite, McCoy fut arrêté deux jours après le détournement. Ironiquement, McCoy faisait partie des équipes de la Garde nationale américaine impliquée dans la recherche en hélicoptère du pirate de l’air. À son domicile, les agents du FBI trouvèrent une tenue de parachutiste et un sac de toile rempli de 499 970 USD en liquide. McCoy clama son innocence, mais fut condamné pour un des détournements de 1972 et reçut une peine de 45 ans de prison. Une fois incarcéré, utilisant son accès au cabinet dentaire de la prison, McCoy fabriqua un faux pistolet à l’aide de pâte dentaire. Il s’échappa avec plusieurs autres condamnés en août 1974 après avoir volé un camion poubelle et en le projetant contre l’entrée principale de la prison. Cela prit trois mois au FBI pour localiser McCoy, en Virginie. McCoy tira sur les agents du FBI et l’agent Nicholas O’Hara le tua en répliquant avec un fusil de chasse.

D. B. Cooper : The Real McCoy, coécrit par un ancien agent du FBI du nom de Russell Calame, a été publié en 1991. Le livre soutient la thèse suivant laquelle Cooper et McCoy étaient la même personne, en faisant mention des méthodes semblables de détournement et d’une cravate oubliée par Cooper, similaire à celles portées par les étudiants de l'Université Brigham Young. L’auteur soutient que McCoy « n’a jamais admis ni nié être Cooper ». Et lorsqu’il fut directement demandé à McCoy s’il était Cooper, il répondit « Je ne veux pas en parler avec vous ». L’agent qui tua McCoy est cité comme ayant dit : « Lorsque j’ai tué Richard McCoy, j’ai tué D. B. Cooper au même moment ». La veuve de Richard McCoy, Karen Burns McCoy, gagna un procès contre les coauteurs du livre et contre son éditeur.

Duane Weber

En juillet 2000, U.S. News & World Report publia un article à propos d’une veuve de la ville de Pace en Floride, appelée Jo Weber, proclamant que son défunt mari, Duane Weber, lui ait avoué « Je suis Dan Cooper » juste avant sa mort en 1995. Elle devint suspicieuse et commença à effectuer des recherches sur le passé de son mari. Duane Weber a servi dans l’armée américaine durant la Seconde Guerre mondiale et plus tard a servi dans une prison près de l’aéroport de Portland. Elle se rappela que son mari a eu une fois un cauchemar où il parla pendant son sommeil d'un saut à partir d’un avion et dit « avoir laissé [s]es empreintes sur l’escalier arrière ». Elle a une fois trouvé un vieux billet d’avion dans ses papiers au nom de la compagnie Northwest Airlines qui indiquait SEA-TAC (indicatif de l'aéroport de Seattle-Tacoma). Elle se rappela que, peu avant sa mort, Duane lui révéla qu’une vieille blessure au genou lui était arrivée en « sautant d’un avion ».

Weber se rappela aussi des vacances en 1979 que le couple prit vers Seattle, « un voyage sentimental » d’après ce que lui dit Duane, avec une promenade vers le fleuve Columbia. Elle se rappela comment, bizarrement, Duane marcha tout seul vers la rive du fleuve, seulement quatre mois avant qu’une partie de l'argent comptant de Cooper ne soit trouvée dans le même secteur. Une des plus convaincantes pièces à conviction que Weber produisit était le fait qu’elle avait trouvé un livre sur l’affaire Cooper à la bibliothèque locale, sur lequel elle trouva des annotations à l’intérieur correspondant à l’écriture manuscrite de son mari. Elle commença à correspondre avec l’agent du FBI Ralph Himmelsbach, l’enquêteur en chef sur l’affaire Cooper. Himmelsbach a reconnu que Weber était l’un des meilleurs suspects sur lesquels il ait enquêtés. Bien que la correspondance entre le portrait-robot et les photographies de Duane Weber doive être considérée comme peu concluante, récemment, un logiciel d’identification faciale a été utilisé sur 3 000 photographies (y compris celle de Weber et deux autres suspects), et l’a évaluée comme « la meilleure correspondance » des 3000.

John List

En 1971, le « tueur de masse » John List fut considéré comme suspect dans l’affaire D. B. Cooper, qui se produisit juste après qu’il eut tué sa famille. L’âge de List, les traits physiques de son visage et sa corpulence étaient semblables à ceux du mystérieux pirate de l’air. Cooper sauta de l’avion détourné avec 200 000 USD, la même somme que le total des dettes de List. De sa prison, List a énergiquement nié être Cooper, et le FBI ne le considère plus comme un suspect.

Publié dans Banditisme, Faits Divers

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