Pourquoi Rudolph Hess n’a pas été condamné à mort en 1946 ?

Publié le par Réseau International

Pourquoi Rudolph Hess n’a pas été condamné à mort en 1946 ?

Il y a peu de temps, ont été remarqués les 75 ans de l’arrivée sur le sol écossais (le 10 mai 1941) du représentant officiel du parti nazi Rudolph Hess.

Pourquoi Rudolph Hess n’a pas été condamné à mort en 1946 ?

En commentant cet événement, la BBC l’a nommé « un des éléments les plus mystérieux de la Seconde Guerre Mondiale, et dont des forces obscures bloquent les tentatives d’en apprendre davantage ». Dans cet article, le journal IA REGNUM propose sa propre version de cette histoire intrigante, et met en avant aussi ses propres questions sur le sujet.

« Publication non souhaitable »

Le 17 août 1987, à l’âge de 93 ans, Rudolph Hess s’éteint dans la prison de Spandau à Berlin dans des circonstances peu claires. Il a été considéré comme étant l’un des principaux criminels nazis et pourtant lors du procès de Nuremberg n’a pas été condamné à la peine de mort.

La mort du « prisonnier numéro 7 » (selon son matricule en prison) est arrivée alors que sa remise en liberté était de plus en plus sérieusement discutée. De plus en plus de personnes connaissant le dossier comme son ancien avocat, un membre du parlement de Grande-Bretagne, et même l’ancien procureur général de Grande-Bretagne avaient la certitude que le « dossier Hess » avait été monté de toute pièce lors du procès de Nuremberg, à tel point que finalement le commandant américain en charge de la prison de Spandau avait écrit à Gorbatchev sur cette question, ce dernier a alors promis de se charger de l’affaire et peu de temps après, a été annoncée la mort de Rudolph Hess.

En premier lieu, il a été dit que Hess se serait pendu en faisant un collet avec le fil du radiateur de sa cellule. Cela se serait produit au moment où le garde en poste, qui selon les versions serait soit américain, soit anglais, s’est éloigné pour téléphoner dans le bâtiment voisin.

Le corps de Hess a été disposé au bureau militaire du procureur anglais. Le directeur de l’université de médecine de Londres, le docteur V.Cameron en présence de quatre autres collègues a procédé à l’autopsie du corps: Hess a d’abord perdu connaissance et serait mort un peu plus tard.

Différentes rumeurs sont apparues suite aux événements. Tous ces éléments contradictoires semblent pointer dans une seule et même direction…quelqu’un se méfiait que, une fois en liberté, Hess puisse dévoiler certains détails compromettants concernant la Seconde Guerre Mondiale. De nos jours, grâce aux documents des archives russes qui sont maintenant accessibles, il est évident que ces craintes n’étaient pas sans fondement.

A la fin des années 90, un groupe de chercheurs de l’institut des sciences russes sous la supervision de l’académicien I.D Kovalenko a travaillé en langue anglaise à la création d’un recueil secret de document d’archives concernant Hitler. Dans l’un des documents il est écrit que la fameuse expédition en avion de Hess en Écosse en mai 1941 a été désapprouvée par Hitler en personne.

Le recueil en question s’est plutôt bien vendu aux États-Unis, mais a été interdit de publication en Grande-Bretagne où les documents concernant d’éventuels liens entre Londres et le troisième Reich ne peuvent être divulgués jusqu’en 2017.

Joseph Staline a accueilli avec colère la nouvelle de l’expédition en Écosse de Hess et a rapidement établi un lien entre cette nouvelle et l’attaque du Reich sur l’URSS. Il ne s’est pas laissé convaincre par les arguments des Anglais affirmant qu’il s’agissait d’une manœuvre afin d’attirer Hess sur leur territoire, de le capturer puis de l’échanger contre deux agents britanniques Best et Stevens qui étaient prisonniers des Allemands.

Le 19 octobre 1942 Staline envoie à son ambassadeur en Grande-Bretagne Ivan Maiski un télégramme dans lequel il s’interroge si « Churchill ne retiendrait pas Hess en réserve dans le but de lancer des négociations avec l’Allemagne. Pendant l’automne 1942, Maiski a l’occasion de discuter de cette possibilité avec le ministre des affaires étrangères britannique Anthony Eden. Ce dernier décide à son tour d’informer l’ambassadeur anglais à Moscou Alan Clarke.

Le message fut le suivant :

    Tout d’abord Hess ne sera pas l’objet d’un procès par un tribunal international extraordinaire, de plus il faut transmettre à Staline la confirmation que Hess ne sera pas utilisé par le gouvernement anglais pour conclure un accord de paix séparé avec l’Allemagne.

Mais en mars 1943, Washington et Londres renoncent à organiser les jugements des criminels de guerre nazis. A la place ils proposèrent de simplement exécuter secrètement tous ceux qui tomberont dans leurs mains. Staline s’opposa à cette décision car il se méfiait de ses alliés occidentaux.

Moscou s’agita alors, de longues négociations eurent lieu, et au final les partis se mirent d’accord sur le fait qu’il serait question lors du procès que des aspects qui ne vont pas contre les intérêts des États. Néanmoins, le procès de Nuremberg en 1946 ne se fera pas sans « dérapage ». En effet, l’avocat chargé de la défense de Hess , le docteur Seidl a décidé d’aborder un sujet délicat. Il s’était procuré une photo-copie de l’accord secret Ribbentrop-Molotov de 1939 et a commencé à lire certains passages de l’accord pendant le procès.

Mais il fut interrompu par les avocats du parti opposé. Cependant le 22 mai 1946 dans un journal américain de Saint-Louis était imprimée l’intégrale du texte pourtant secret. A l’heure actuelle on ne sait toujours pas comment a été à ce point divulgué ce document, ni pourquoi après sa publication s’est suicidé le général soviétique Nickolai Zorjia.

La défense de Hess lors du procès de Nuremberg se fit de manière plutôt intelligente tant et si bien qu’au final il fut épargné. Qui avait réussi à lui sauver la vie ? Il est intéressant de remarquer ici que dans certains cercles très fermés, Hess était surnommé « l’Egyptien ». Il était né à Alexandrie, parlait parfaitement anglais, et était passionné d’occultisme occidental et de mysticisme. De plus, il était un proche de l’intellectuel et influent Karl Haushofer. L’historien V.Prousakov considère que Haushofer a fait son apprentissage avec le mystique (russe) Georges Gurdjieff. C’est Haushofer qui, dans les années 20, a fait entrer Hess dans l’entourage proche d’Hitler. Un an plus tôt parmi les proches d’Hitler fit son apparition une autre personnalité énigmatique, Alfred Rosenberg qui arriva au début des années 20 en Allemagne depuis l’URSS, qu’est-ce que cela pouvait bien signifier ?

Traduit par Florent Guyard pour Réseau International
 

Publié dans Articles de Presse

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