Sylvain Diet, l'hommage à un résistant et ancien maire

Publié le par La Dépêche du Midi

Sylvain Diet nous a quittés à l'aube de ses 100 ans

Sylvain Diet nous a quittés à l'aube de ses 100 ans

Suite au décès de Sylvain Diet, Anne-Marie Durand, ancien maire de Sébazac-Concourès, et Gérard Landes, premier adjoint, rendent un hommage à celui qui a consacré sa vie pour les grandes causes, nobles et justes. «Sylvain Diet est décédé le 25 juillet, à Montpellier, à l'âge de 99 ans. Il a été maire de la commune de Sébazac-Concourès de 1977 à 1995 où il a décidé de se retirer de tout engagement électif. À la fin des années 1970, la commune manquait de beaucoup d'équipements collectifs. Ses premières réalisations consistaient à créer un réseau d'assainissement. Combien de nuits Sylvain Diet, chaussé de ses bottes, par temps d'orage, a parcouru les rues de Sébazac à repérer tel réseau explosé, tel secteur inondé. Puis, au fil des ans, 2 hectares de terrain sont acquis pour implanter la salle polyvalente, les ateliers municipaux. Les écoles maternelles et primaires ont été regroupées avec tous les services de cantine, garderie. M. Diet avait un grand attachement pour l'école publique. On lui doit l'ouverture de l'école de Concourès alors que tous les enfants de ce village étaient scolarisés à Barriac. Cette école à deux classes est toujours active.

On lui doit le transfert de tous les équipements sportifs autour du stade Christian-Dumas, l'achat de la mairie actuelle installée dans une maison de maître entourée d'un grand parc, des lotissements, le premier centre commercial du Ruthénois et même de l'Aveyron (Eldorado).

Sylvain Diet était bien plus qu'un bâtisseur

Sa forte personnalité incarnait l'autorité mais pas l'autoritarisme, incarnait le respect, mais pas pour lui, pour les grandes causes, nobles, justes. Il était attentif à l'intérêt général et n'œuvrait que dans cet esprit-là. Son implication citoyenne durant toute sa vie, son souci des autres, son humour, resteront longtemps dans le souvenir de ceux qui ont eu le privilège de croiser son chemin.

S'engager pour la liberté était son premier défi

Sa présidence de l'Association départementale de résistants était totale, sans faille et sans compromissions.

Longtemps dans la mémoire des présents restera gravée une des dernières cérémonies qu'il a présidée à Sainte-Radegonde, commémorant le massacre des 30 résistants fusillés le 17 août 1944, la veille de la libération de Rodez.

Sa tenue parfaite, digne, rigide, sa voix grave, le ton du discours de même nature que celui d'André Malraux le jour de l'entrée de Jean Moulin au Panthéon, sous un chaud soleil, à l'heure exacte de l'exécution, ont, cet après-midi-là, viscéralement ému les participants attentifs au vibrant hommage du résistant à tous ceux qu'il n'avait pu ou su sauver.

Souvent, surtout après 1995, alors qu'il était libéré de sa charge d'élu, nous avons évoqué la générosité de l'engagement citoyen et son humilité.

Il concluait en précisant : «En temps de guerre il n'y a pas de héros, il n'y a que des victimes».

Ensuite il a rencontré beaucoup de collégiens ou lycéens. «Je ne témoigne pas, disait-il, nous discutons, je réponds à leurs questions». Il lui importait de comprendre leurs réflexions.

Il était toujours agréablement surpris et heureux de leur intérêt et de leur curiosité.

M. Diet a été instituteur dans divers villages aveyronnais. Il a terminé sa carrière en tant que maître formateur à l'École normale de Rodez.

Ceux qui l'ont connu ont été admiratifs de sa culture littéraire, de sa connaissance du latin, du grec ancien, de la géologie… Sa créativité était sans limite à travers le dessin, la peinture, les caricatures.

Il croquait le visage des élus du district du Grand Rodez

Combien de fois a-t-il subrepticement croqué le visage des élus du district du Grand Rodez de l'époque pendant des réunions parfois fastidieuses. À l'insistance de nos questions, il finissait par avouer : «Oui, au lycée, j'étais avec Soulages. En dessin, il était second, derrière moi…».

À nos questions sur les souvenirs heureux de sa vie, il nous parlait de sa famille, ses petits-enfants et arrière-petits-enfants, du plaisir que lui avait procuré le rapprochement physique à Montpellier, compensation à l'obligation de quitter Sébazac.

Il nous confiait ses évasions mentales vers Mirabel, cœur du maquis, où il revivait cet indestructible esprit de camaraderie de la Résistance.

Les élus, les services administratifs et techniques de la commune, gardent un souvenir fort et respectueux de cette époque.

Nous associons à cet hommage son épouse Henriette, celle qui était à ses côtés, dans les combats du maquis, dans la fonction d'enseignante et au quotidien.

Que sa famille, ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants soient assurés de la reconnaissance des Sébazacois.»

Ses obsèques ont eu lieu lundi 31 juillet à Montpellier.

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