Le 25 août 1944, Thiers se libérait de l’occupation allemande après 12 heures de combats

Publié le par Cécile Coudert

Le 25 août 1944, Thiers se libérait de l’occupation allemande après 12 heures de combats

Il y a 73 ans, la ville thiernoise se libérait de l’occupation nazie après une journée d’insurrection. Aux archives municipales : textes et photos témoignent.

Après les combats, les prisonniers allemands sont conduits vers le marché couvert. © archives municipales

Après les combats, les prisonniers allemands sont conduits vers le marché couvert. © archives municipales

Des livres écrits, des photos et même des vidéos de la Libération de Thiers réveillent le passé. Aux archives municipales, l'heure est à la mémoire collective pour fêter le 73 e anniversaire de la fin de l'occupation nazie. Florence Grange-Ponte, responsable du service partage des éléments connus à ce jour : « Thiers a été la seule ville du département à se libérer, seule, par les armes et sans l'aide de l'armée. Les Thiernois, les formations de résistants établies autour de Thiers ont, dès le matin, engagé le combat. » Au fil du récit, le passé se fait tout proche. 

Des combats pour sauver la ville

Le vendredi 25 août 1944, dès 8 heures, trois formations de résistance combattent pour la libération de la ville : les FTPF de Thiers, le 103 e Bataillon FFI-FTPF, le Bataillon CFL ainsi que des éléments du FFI-MUR. Thiers est alors occupée par un peu moins de 400 Allemands du 18 e Bataillon de Grenadiers de la Panzer Division Wessel. En partant du Moutier et en occupant rapidement la mairie, les résistants, « aidés par la population même si des témoignages racontent que beaucoup d'habitants se sont reclus derrière leurs volets » prennent peu à peu le contrôle du centre. « Nous avons des témoignages de personnes très courageuses aussi qui ont aidé à la libération de la ville. L'opératrice de la Poste a, par exemple, bloqué les messages des Allemands demandant des renforts », explique la responsable des Archives municipales.

Le professeur Daniel Barthelat précise dans son mémoire sur la libération de Thiers que « les Allemands étaient lassés de cette longue guerre. On retrouve dans leur bataillon beaucoup de Polonais, Hongrois, Roumains qui doutent du succès allemand. Beaucoup de soldats et de matériel avaient alors déjà quitté Thiers pour Vichy. » Une bataille gagnée d'avance alors ? Pas si sûr, car un témoignage de Marcel Guillaume, âgé de 16 ans lors de cette journée, décrit « des caves pleines jusqu'en haut de caisses d'obus de mortier : les Allemands avaient de quoi faire sauter la ville ! » De plus, Daniel Barthelat précise « qu'à Clermont, où on a laissé partir les Allemands sans intervenir, ils ont effectué des destructions et ont surtout exécuté leurs prisonniers jusqu'au dernier moment. Une utilisation efficace des armes lourdes aurait pu détruire une grande partie de la ville haute et causer des pertes par centaines. »

Le passé pour mémoire

À Thiers, au cours de ces douze heures de combats, 19 soldats allemands, 7 civils et 4 résistants seront tués. 85 personnes seront blessées dont 47 Allemands. 349 Allemands seront faits prisonniers et partiront ensuite vers Vichy après la reddition officielle, le matin du 26 août. Un bilan qui témoigne cependant de « l'efficacité d'une centaine de combattants mal équipés, aidés par une population locale pour le ravitaillement en boissons car il faisait très chaud ce jour-là, pour les indications afin de bien s'orienter dans les rues » ou encore par des initiatives individuelles, comme celle « d'un certain Gimel qui obtient pratiquement seul la reddition d'une vingtaine d'Allemands au collège Saint-Joseph. » 73 ans plus tard, la ville commémore la témérité de ces hommes lors d'un après-midi de commémoration. 

Publié dans Articles de Presse

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