Destouches Lucette

Publié le par Mémoires de Guerre

Lucette Destouches, née Lucie Almansor le 20 juillet 1912 à Paris et morte le 8 novembre 2019 à Meudon, est une danseuse et centenaire française. Elle fut la seconde épouse de Louis-Ferdinand Céline de 1943 jusqu'à la mort de l'écrivain en 1961. 

Destouches Lucette
Destouches Lucette

Jeunesse

Fille d'un Normand, Joseph Almansor, et d'une Flamande, Gabrielle Donas, Lucie Georgette Almansor naît en 1912 dans le 5e arrondissement de Paris. Elle grandit dans un appartement rue Monge, avec un singe pour animal de compagnie. À l'âge de dix ans, elle déménage rue de la Banque, dans le quartier de la Bourse, où elle habite jusqu'à ses vingt ans. À quatorze ans, elle est admise au conservatoire de danse. Elle devient la compagne de Louis-Ferdinand Céline en 1935, et l'épouse le 15 février 1943 dans le 18e arrondissement. Gabrielle et Gen Paul sont les témoins de mariage.

Seconde Guerre mondiale et après guerre

Après leur exode à La Rochelle, ils s'installent en juillet 1940 chez la mère de Céline, puis au 4, rue Girardon à Paris dans un appartement déniché par leur ami Gen Paul. En juin 1944, elle le suit dans sa fuite à Sigmaringen (avec son chat Bébert), où elle sympathise avec Maud de Belleroche. Se souvenant de cette époque, Abel Bonnard écrira d'elle : « la vaillante madame Céline, dont le courage, comme il arrive pour les meilleures des femmes, prenait la forme de la bonne humeur ». Puis, ils partent en exil au Danemark, où ils vivent dans une petite maison à Klarskovgaard, à côté de Korsør, près de la mer Baltique.

De retour en France en juillet 1951, ils rejoignent des amis à Nice. Et ils s'installent à la villa Maïtou à Meudon, sise 25 ter, route des Gardes. Elle sympathise alors avec le mari de Françoise Sagan, Bob Westhoff, et reçoit chez elle de très nombreuses personnalités, dont Arletty, Marcel Aymé, Michel Simon, Charles Aznavour et Angelo Rinaldi, Roger Nimier et Albert Paraz. Dans ses romans, Céline campe Lucette sous les traits du personnage de Lili. Celle-ci apparaît dans D'un château l'autre, Nord, et Rigodon, trois ouvrages qui content l'exil du couple pendant et après la guerre.

Louis-Ferdinand Céline meurt le 1er juillet 1961 vers six heures du soir après avoir déclaré à Lucette qu'il « [allait] crever ». Elle fait en sorte que la nouvelle reste aussi secrète que possible, et l'enterrement a lieu en présence d'une trentaine de personnes seulement, dont Marcel Aymé, Claude Gallimard, Roger Nimier, Robert Poulet, Jean-Roger Caussimon et Lucien Rebatet. Elle fait alors graver sur leur tombe, outre le nom de son mari,

« LUCIE DESTOUCHES
NÉE ALMANSOR
1912-19.. »

ignorant qu'elle dépasserait allègrement le siècle. En 1965, dans un entretien accordé à Colette Gouvion, elle affirme « [être] perdue ». Elle enseigne alors la danse classique. Elle fait notamment profiter de ses cours Judith Magre, Françoise et Isabelle Gallimard et Ludmila Tcherina, ainsi que les membres des 2Be3 à leurs débuts. Elle écarte la correctrice et transcriptrice de Céline, Marie Canavaggia, de la préparation des textes posthumes comme Rigodon. Après la mort de Céline et selon la volonté de l'écrivain, elle s'oppose fermement à la reparution de ses pamphlets antisémites (Bagatelles pour un massacre, L'École des cadavres et Les Beaux Draps) en France ; elle y consent finalement en 2017 ; mais le projet, porté par Gallimard, est finalement reporté sine die. En 2012, à l'occasion de son centième anniversaire, sort un recueil de textes sur Lucette dirigé par David Alliot, Madame Céline. Elle vivait jusqu'à son décès survenu le 8 novembre 2019 dans la maison familiale de Meudon, vendue à terme avec droit d'usage pour payer ses dettes et les trois personnes qui se relayaient auprès d'elle. 

Publications

  • Avec Véronique Robert-Chovin, Céline secret, Paris, Grasset, 2001 (réimpr. 2003), 165 p. (ISBN 2-246-61871-1, notice BnF no FRBNF37635510)

Publié dans Danseurs-Danseuses

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article