Jacques Maire est décédé

Publié le par Eric Nicolas et Christophe Gobin

Jacques Maire est décédé

Condamné puis acquitté en 2008 au terme d’un troisième procès, le maçon dombaslois est mort chez lui à 64 ans dans la nuit de samedi à dimanche. L’affaire Nelly Haderer, qui date de 1987, est définitivement refermée.

8 décembre 2017. Jacques Maire entre M es Alexandre Bouthier et Liliane Glock, au lendemain de la décision de la chambre de l’instruction de procéder à son audition. Photo Alexandre Marchi

8 décembre 2017. Jacques Maire entre M es Alexandre Bouthier et Liliane Glock, au lendemain de la décision de la chambre de l’instruction de procéder à son audition. Photo Alexandre Marchi

Âgé de 64 ans, Jacques Maire est décédé dans la nuit de samedi à dimanche d’un arrêt cardiaque à son domicile. Ce Dombaslois, ancien maçon, avait été régulièrement hospitalisé ces derniers mois pour des problèmes de cœur.

Cette disparition marque la fin de l’affaire Nelly Haderer, rouverte depuis 2009. Le 31 janvier 1987, le corps atrocement mutilé de Nelly Haderer, mère de famille de 22 ans, avait été retrouvé sur une décharge de Rosières-aux-Salines, à côté de Nancy. L’autopsie avait permis de déterminer que la victime était décédée suite à deux balles de 22 LR, dont une dans la tête.

Jacques Maire, un maçon dombaslois, avait été jugé trois fois pour ce meurtre ainsi que pour l’enlèvement d’Odile Busset. Cette jeune femme de 20 ans avait disparu en mars 1983 à Saint-Nicolas-de-Port (54). Son corps n’avait jamais été retrouvé.

Condamné à 20 ans en appel pour les deux crimes, Jacques Maire avait vu la Cour de cassation annuler ce verdict. La greffière du procès n’avait en effet pas signé 32 pages du procès-verbal des débats. En octobre 2008, lors de son troisième passage aux assises, à Metz, défendu par Mes Bouthier, Glock, Girard et Boh-Petit, il avait été acquitté.

Son sang sur le jean de Nelly Haderer

Le dossier Haderer avait été rouvert en 2009, à la demande de la famille, qui souhaitait que les scellés soient passés au scanner de l’ADN. Fin janvier 2014, L’Est Républicain révélait en exclusivité qu’une de ces expertises génétiques avait mis en évidence l’ADN de Jacques Maire dans une tache de sang présente sur le jean de Nelly Haderer.

« C’est soit une erreur, soit une contamination des scellés », avait noté Me Bouthier. « Il faudrait une contre-expertise ». La justice ne pouvant plus rien contre Jacques Maire, définitivement acquitté, elle n’a jamais ordonné cet acte. Elle n’a pas davantage décidé d’entendre une femme dont le témoignage est récemment remonté à la surface et dans lequel elle affirme que Jacques Maire et Nelly Haderer se connaissaient, ce que le Dombaslois a toujours nié. Me Bouthier s’était aussi vu refuser une demande de confrontation de son client avec ce témoin a priori accablant.

En juin dernier, le juge d’instruction en charge du dossier a rendu une ordonnance de non-lieu. On se dirigeait donc vers l’épilogue de l’affaire quand, contre toute attente, en décembre dernier, la chambre de l’instruction de Nancy a ordonné un supplément d’information avec notamment l’audition de Jacques Maire, qu’il réclamait depuis 2014. Il ne sera donc jamais entendu.

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