Affaire Seznec. Pierre Quéméneur a-t-il été tué à Plourivo ?

Publié le par Ouest France

Affaire Seznec. Pierre Quéméneur a-t-il été tué à Plourivo ?

Pierre Quéméneur, disparu en mai 1923, a-t-il pu être tué dans sa propriété de Plourivo par une tierce personne, et non par Guillaume Seznec ? C’est l’une des interrogations que cherche à lever Denis Seznec, le petit-fils de celui qui avait été condamné au bagne à perpétuité.

Denis Seznec, le petit-fils de Guillaume Seznec. Photo : AFP

Denis Seznec, le petit-fils de Guillaume Seznec. Photo : AFP

L’hypothèse selon laquelle la femme de Guillaume Seznec aurait tué le conseiller général Paul Quéméneur, trop entreprenant vis-à-vis d’elle, Denis Seznec, son petit-fils, n’y croit pas un instant. Et ce, malgré les fouilles qui vont être entreprises dans les prochains jours. « A l’époque, la police a effectué trois perquisitions à Morlaix. Elle recherchait une arme. Et c’est au cours de l’une d’elles que les policiers ont découvert la fameuse machine à écrire », rappelle Denis Seznec. C’est sur cette machine qu’aurait été tapé le supposé mobile du crime : la promesse selon laquelle Pierre Quéméneur cédait sa propriété de Traou-Nez (à Plourivo, Côtes-d’Armor) à Guillaume Seznec. Une machination policière selon le petit-fils.

La conviction de Denis Seznec

« Mon grand-père était maître de scierie, rappelle Denis Seznec. Dans la scierie de Traon-ar-Velin, à Morlaix, il y avait un four à bois où il aurait pu faire disparaître le corps. Pensez-vous vraiment qu’il l’aurait enterré ? »

Le petit-fils de Guillaume Seznec, 71 ans, n’a jamais cessé de croire à l’innocence de son grand-père. Malgré le refus de la justice de réviser le procès, il continue d’explorer toutes les pistes qui pourraient le démontrer. Et notamment celle des coups de feu, entendus un soir de mai 1923, en provenance de la propriété de Paul Quéméneur : Traou-Nez à Plourivo. Le conseiller général aurait-il pu être tué dans cette propriété, un soir de mai 1923, par une tierce personne qui ne serait pas Guillaume Seznec ?

Des coups de feu

Il y a quelques semaines, il a fait enregistrer devant huissier le témoignage de Gabrielle Dauphin, 103 ans. Elle était à Traou-Nez le soir de la noce de sa marraine, fin mai 1923. Elle avait alors 9 ans. « J’étais dehors, avec mon amie Yvonne Minter. J’ai vu un monsieur courir et longer la lande du côté de la rivière. Oui, j’ai eu peur. Je crois qu’il y a eu des coups de feu… », a-t-elle relaté.

Selon Denis Seznec, ce témoignage conforte celui des marins du sablier, La Marie Ernestine, qui draguaient en face de la propriété, fin mai 1923, et qui ont aussi entendu des coups de feu. Leurs déclarations avaient été recueillies fin octobre 1924, par le juge de Pontrieux, Charles Victor Hervé, c’est-à-dire en plein procès de Guillaume Seznec, à Quimper.

Un trafic de Cadillac ?

Mais ces témoignages n’ont jamais été portés à la connaissance des jurés. Ce qui conduira six d’entre eux, en 1934, à demander la révision du procès. En vain. Par la suite, en 1949, la commission de révision considéra que ces coups de feu avaient eu lieu à la date du 24 mai, lors de la noce de la fille du garde de Traou-Nez. Or, le 24 mai 1923, Pierre Quéméneur se trouvait à Rennes. Une erreur de date, selon le juge Hervé. Menant sa propre enquête et se basant sur le calendrier des marées, il affirma que les marins n’avaient pu entendre les coups de feu que le… 27 mai. Or, à cette date, Pierre Quéméneur n’était plus en chemin pour Paris, avec Guillaume Seznec

Pour autant, Denis Seznec a conscience que le témoignage de Gabrielle Dauphin reste fragile : "Elle avait 9 ans à l’époque…" Croit-il encore possible une révision ? "Je ne sais pas. Je ne peux pas, non plus, répondre non… Ce qui est sûr, c’est que cette affaire restera dans l’histoire. C’est une affaire sans aveux, sans témoins et sans corps", rappelle le petit-fils de Guillaume Seznec qui, lui, estime que la disparition du conseiller général est liée au trafic de Cadillac qui avait cours alors. C’est justement pour vendre une Cadillac que Guillaume Seznec et Pierre Quéméneur avaient décidé de se rendre à Paris…

Denis Seznec donnera une conférence le samedi 7 avril, à Gueltas, près de Pontivy, à 18 h.

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