Morawiecki Mateusz

Publié le par Mémoires de Guerre

Mateusz Jakub Morawiecki, né le 20 juin 1968 à Wrocław, est un banquier et homme d'État polonais, membre de Droit et justice (PiS).

Morawiecki Mateusz
Morawiecki Mateusz
Morawiecki Mateusz

Fils d'un dirigeant d'une organisation de Solidarność, il étudie initialement à l'université de Wrocław. Il travaille ensuite dans le secteur bancaire, devenant notamment président de Bank Zachodni WBK. À ce titre, il conseille le président du Conseil des ministres libéral Donald Tusk. Après les élections parlementaires de 2015, il devient vice-président du Conseil des ministres et ministre du Développement dans le gouvernement Szydło. Il prend en outre la tête du ministère des Finances l'année qui suit. En 2017, il devient président du Conseil des ministres. Né le 20 juin 1968, il est le fils de Kornel Morawiecki, dirigeant de Solidarité de combat, une organisation radicalement anticommuniste appartenant au syndicat Solidarność. Sa famille est d'origine juive : deux de ses tantes sont d'ailleurs sauvées de la déportation pendant la Shoah. Il s'engage très tôt contre le communisme et adhère à Solidarność à l'âge de 15 ans, tandis que la police politique polonaise le menace de mort. Marié à Iwona Morawiecka, il est père de quatre enfants. Il est catholique pratiquant. Il fait des études d'histoire à l'université de Wrocław, puis des études économiques et de droit aux États-Unis, en Allemagne et en Suisse. De 2007 à sa nomination au gouvernement, en 2015, il est président du conseil d'administration de la banque Bank Zachodni WBK. Il intègre en 2010 le conseil économique du président du Conseil des ministres, Donald Tusk. Il est un temps pressenti pour devenir ministre des Finances du gouvernement de celui-ci.

Le 16 novembre 2015, Mateusz Morawiecki est nommé vice-président du Conseil des ministres et ministre du Développement dans le gouvernement conservateur de Beata Szydło. Le 28 septembre 2016, il est également nommé ministre des Finances, succédant à Paweł Szałamacha. S'il n'appartient initialement à aucun parti politique, il adhère en 2016 au parti au pouvoir, Droit et justice (PiS). D'abord mal perçu au sein du parti conservateur, il devient rapidement un proche de son président, Jarosław Kaczyński. À la tête de son large portefeuille, il affirme vouloir concilier, d'une part, une politique favorable aux entreprises avec, d'autre part, des mesures de lutte contre la pauvreté et les disparités régionales. Sur le premier volet, il lance en particulier la « Constitution Business », un projet économique censé faciliter l'entrée sur le marché de nouveaux entrepreneurs et simplifier les relations entre les entreprises et l'administration. Le texte dispense notamment les entrepreneurs de cotisations à l'assurance sociale pendant les six premiers mois suivants la création de leur entreprise. Les experts économiques estiment que ce projet rend la législation plus intelligible mais qu'il ne devrait simplifier que trop partiellement l'activité des entrepreneurs polonais.

Sur le volet social, il met en place une stratégie de « développement responsable » – appelée « plan Morawiecki » – prônant la « fin du néolibéralisme » et une « plus juste répartition des fruits de la croissance ». Afin de financer plusieurs mesures promises par Droit et justice lors de la campagne de 2015 (revalorisation des allocations familiales, abaissement de l'âge de la retraite, remboursement de médicaments pour les personnes âgées), il renforce la lutte contre la fraude fiscale. Partisan du patriotisme économique, Mateusz Morawiecki estime que les capitaux étrangers sont trop nombreux en Pologne et procède au rachat de secteurs stratégiques. À la fin du gouvernement Szydło, le taux de chômage est historiquement bas (moins de 7 %) et le pays est en situation d'excédent budgétaire. Selon Le Monde, il est « un visage modéré, un technocrate rassurant pour les marchés et les investisseurs étrangers ». Au cours de l'année 2017, il s'affiche en conflit ouvert avec le ministre de la Justice, Zbigniew Ziobro, et soutient le président de la République, Andrzej Duda, lorsque celui-ci oppose son veto à deux lois du gouvernement réformant le système judiciaire. Le 7 décembre 2017, le comité politique du PiS le désigne à la tête du gouvernement pour remplacer Beata Szydło, démissionnaire après avoir pourtant échappé à une motion de censure. 

Ce choix est perçu comme une volonté d’apaisement du parti au pouvoir après deux années de réformes lors desquelles les relations de la Pologne avec les institutions européennes se sont dégradées. Le président Duda le charge, le lendemain, de former un nouveau gouvernement, un délai de 14 jours lui étant accordé par la Constitution pour présenter une liste de ministres. Assermenté président du Conseil des ministres de Pologne le 11 décembre, il propose le jour même un gouvernement de 22 ministres, dans lequel tous les ministres sont reconduits – il conserve la direction du ministère du Développement et des Finances – tandis que Beata Szydło devient vice-présidente du Conseil des ministres, chargée de la Politique sociale. Il remporte le vote de confiance à la Diète, organisé dès le lendemain, par 243 voix pour et 192 voix contre, après avoir annoncé dans son discours de politique générale que son gouvernement concentrera son travail sur le développement économique et l'aide aux plus défavorisés. Le 9 janvier 2018, un remaniement ministériel touchant notamment les ministères de la Défense, des Affaires étrangères, de l'Intérieur et des Finances a lieu. Le 3 janvier 2018, il effectue sa première visite en bilatéral à l'étranger en Hongrie, où il accepte le concept de « démocratie illibérale » de Viktor Orbán et réaffirme l'opposition de la Pologne à la volonté des institutions européennes d'instaurer des quotas migratoires au sein de l'UE. Cette visite intervient deux semaines après le déclenchement par la Commission européenne de l'article 7 du traité sur l'Union européenne à l'égard de la Pologne en raison d'« un risque clair d'une violation grave de l'État de droit ».

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