Décès du dernier dictateur argentin, Reynaldo Bignone

Publié le par L'orient le Jour

Décès du dernier dictateur argentin, Reynaldo Bignone

Le dernier dictateur argentin Reynaldo Bignone, qui purgeait une peine de prison à perpétuité, est décédé mercredi à 90 ans dans un hôpital militaire de Buenos Aires, selon la presse locale.
 

Décès du dernier dictateur argentin, Reynaldo Bignone

Hospitalisé pour une fracture à la hanche, il devait être opéré mercredi, mais il est mort d'une insuffisance cardiaque, d'après les médias argentins.

Reynaldo Bignone a été, en 1982-1983, le dernier dictateur que l'Argentine ait connu.

Après la déroute de l'armée de son pays face à la Grande-Bretagne pendant la guerre des Malouines (1982), il a cédé fin 1983 son mandat au premier président démocratiquement élu, Raul Alfonsin, après le régime militaire qui avait dirigé le pays pendant huit ans, depuis 1976.

Quelques mois avant de quitter le pourvoir, Reynaldo Bignone avait ratifié le "rapport final" de la junte, qui déclarait morts tous les disparus de la dictature et permettait l'autoamnistie des militaires.

Le général Bignone fut poursuivi en 1985 comme les autres chefs militaires, qui furent condamnés avant d'être libérés à la suite d'un pardon présidentiel décrété par Carlos Menem le 28 décembre 1990.

Depuis l'annulation des lois d'amnistie en 2005 par l'ancien président Nestor Kirchner, la justice argentine a de nouveau condamné plus de 200 dirigeants de la dictature, et quelques 800 policiers et militaires font l'objet de poursuites.

Dès l'arrivée au pouvoir des militaires à la suite du coup d'Etat de mars 1976, Reynaldo Bignone s'était montré un fervent partisan de la manière forte pour réduire la "subversion".

"L'emploi du mot anéantir ne nous dérange pas (...). On doit anéantir un ennemi. C'est pour cela qu'il y a des armements de plus en plus perfectionnés, c'est pour cela qu'on fait la guerre", avait-il déclaré au magazine Siete Dias.

Il était le dernier dirigeant de cette période encore en vie.

Arrêté en janvier 1999, il avait été condamné lors de plusieurs procès à la prison à perpétuité pour des violations des droits de l'homme commises sous la dictature, dont des assassinats, des actes de torture et sa participation présumée aux rapts de bébés nés en captivité.

Selon les organisations de défense des droits de l'homme, la dictature argentine a fait 30.000 morts et disparus, qui avaient été enfermés pour la plupart dans 600 centres de détention clandestins.

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