Seconde Guerre mondiale : le complot nazi étouffé par Churchill

Publié le par Le Point

Seconde Guerre mondiale : le complot nazi étouffé par Churchill

Des archives rendues publiques mettent au jour un complot du régime nazi concernant l'ancien roi Edward VIII. Un plan que le Premier ministre britannique a tout fait pour garder secret.

Le Premier ministre britannique a été l'une des figures majeures de la Seconde Guerre mondiale. © Photo Josse / leemage/ Photo Josse / leemage

Le Premier ministre britannique a été l'une des figures majeures de la Seconde Guerre mondiale. © Photo Josse / leemage/ Photo Josse / leemage

Winston Churchill a déployé les plus grands efforts pour garder secret un plan élaboré par le régime nazi en 1940, alors que l'armée allemande venait de prendre le dessus sur l'armée française. C'est ce que montrent des documents d'archives du gouvernement britannique dévoilés jeudi 20 juillet par les Archives nationales et relayés par le quotidien The Guardian. Des télégrammes allemands interceptés par les services de renseignements de Sa Majesté révèlent en effet que l'Allemagne, certaine de sa victoire en Europe, avait pour objectif de kidnapper le duc de Windsor, ancien roi Edward VIII, et de lui rendre sa couronne pour s'assurer de son soutien dans le cadre d'une invasion par ses troupes du Royaume-Uni.

Edward VIII, qui avait succédé en janvier 1936 à son père George V après la mort de celui-ci, n'avait passé qu'un peu plus de dix mois sur le trône, faisant rapidement part de son agacement envers le protocole lié à la vie de souverain et provoquant un scandale et une crise politique et constitutionnelle en demandant en mariage Wallis Simpson, une Américaine deux fois divorcée. Plutôt que de renoncer à cette relation, il avait décidé d'abdiquer en décembre 1936, laissant la place à son frère cadet, sacré sous le nom de George VI.

« Propagande allemande »

Les documents dévoilés par les Archives nationales montrent que Winston Churchill, mis au courant des projets nazis, a fait tout son possible pour que cette information, qu'il jugeait « tendancieuse et pas fiable », ne soit pas ébruitée, y compris dans les années qui ont suivi la fin du conflit. Il craignait en particulier que la réputation du duc de Windsor et celle de la famille royale soient ternies et qu'il soit considéré comme étant « proche d'agents allemands » et « manquant de loyauté » envers son pays. Après la guerre, le Premier ministre a alors personnellement veillé, auprès de ses alliés américains et français, qui étaient également dans la confidence, à ce que cet épisode reste confidentiel.

En 1953, le président américain Dwight Eisenhower avait d'ailleurs affirmé qu'il estimait lui-même que tout cela ne relevait que d'une opération de « propagande allemande » qui avait pour but « d'affaiblir la résistance occidentale » pendant la guerre. Winston Churchill lui avait confié que la nomination du duc de Windsor au poste de gouverneur général des Bahamas pour « l'éloigner de l'Europe et de la portée de l'ennemi ». Le Premier ministre avait ensuite déclaré que l'ancien souverain n'avait aucune connaissance de ces télégrammes allemands au moment des faits.

Publié dans Articles de Presse

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