Les Enfants terribles

Publié le par Jean-Pierre Melville

Les Enfants terribles est un film français, adapté par Jean Cocteau d'après son roman, et réalisé par Jean-Pierre Melville, sorti en 1950. Dans la cour du lycée Condorcet, Paul reçoit une boule de neige en pleine poitrine, lancée par Dargelos, un élève auquel il voue pourtant une grande admiration. Gérard, son camarade de classe, le ramène immédiatement chez lui. Paul tombe soudainement malade. Sa soeur Elisabeth le soigne. Les deux adolescents entretiennent alors une relation ambiguë et violente, livrés à eux-mêmes dans un vaste appartement où s'étiole peu à peu leur mère. A la mort de celle-ci, Paul et Elisabeth décident de s'installer avec Agathe, un mannequin. Paul est amoureux d'Agathe, qui lui rappelle Dargelos, mais Elisabeth pousse la jeune fille dans les bras de Gérard...

Les Enfants terribles de Jean-Pierre Melville
Les Enfants terribles de Jean-Pierre Melville

Les Enfants terribles de Jean-Pierre Melville

Fiche technique

  • Titre original : Les Enfants terribles
  • Réalisation : Jean-Pierre Melville
  • Scénario : Jean Cocteau et Jean-Pierre Melville
  • Adaptation : Jean Cocteau d'après son roman Les Enfants terribles (Éditions Grasset, 1929)
  • Dialogues : Jean Cocteau
  • Assistants-réalisation : Claude Pinoteau, Serge Bourguignon, Jacques Guymont et Michel Drach
  • Décors : Émile Mathys et Jean-Pierre Melville
  • Costumes : Christian Dior, pour certains costumes de Nicole Stéphane
  • Maquillages : Hagop Arakelian
  • Photographie : Henri Decaë
  • Cadrage : J. Thibaudier
  • Son : Jacques Gallois, Jacques Carrère
  • Assistants son : Dagonneau et Durand
  • Montage : Monique Bonnot, assistée de C. Charbonneau et Claude Durand
  • Musique : Johann Sebastian Bach, Giuseppe Torelli et Antonio Vivaldi
  • Direction musicale : Paul Bonneau
  • Directeurs de production : Jean-Pierre Melville et Jacques Braley
  • Société de production : Melville Productions (France)
  • Sociétés de distribution : Gaumont (France), Théâtre du Temple (France)
  • Pays d'origine : France
  • Langue : français
  • Format : 35 mm — noir et blanc — 1.37:1 — son monophonique
  • Genre : drame
  • Durée : 109 minutes
  • Date de sortie : France 29 mars 1950
  • (fr) Classifications CNC : tous publics, Art et Essai (visa d'exploitation no 9473 délivré le 24 mars 1950)

Distribution

  • Jean Cocteau (voix off) : le narrateur
  • Nicole Stephane : Élisabeth
  • Édouard Dermit : Paul
  • Jacques Bernard : Gérard
  • Renée Cosima : Agathe/Dargelos
  • Adeline Aucoc : Mariette
  • Maurice Revel : le docteur
  • Maria Cyliakus : la mère
  • Roger Gaillard : l'oncle de Gérard
  • Melvyn Martin : Michaël
  • Jean-Marie Robain : le proviseur
  • Annabel Buffet (créditée « Annabel ») : le mannequin
  • Émile Mathys : le censeur
  • Étienne Aubray
  • Rachel Devirys
  • Hélène Rémy
  • Pierre Bénichou : figuration (scène coupée au montage)

Critique lors de la sortie en salle le 07/08/2010 Par Bernard Génin

Film de Jean-Pierre Melville (France, 1949). Scénario : J.-P. Melville et Jean Cocteau. Image : Henri Decae. Musique : Bach et Vivaldi. 110 mn. NB. Avec Nicole Stéphane : Elisabeth. Edouard Dhermitte : Paul. Renée Cosima : Agathe et Dargelos. Jacques Bernard : Gérard.

Genre : huis clos vénéneux.

C'est une scène célèbre et magnifique dans l'oeuvre de Jean Cocteau : Paul, un jeune garçon, reçoit en pleine poitrine une boule de neige lancée par Dargelos, l'élève qu'il admire. Paul tombe malade. Il est soigné par sa soeur Elisabeth, avec laquelle il vit un huis clos passionnel qui va tourner au drame.

Séduit par le style du Silence de la mer, Jean Cocteau lui-même choisit Jean-Pierre Melville pour porter son livre à l'écran. Film littéraire donc, avec voix off (celle de l'écrivain), où l'enjeu est de recréer un monde étouffant, avec ange du mal et figures machiavéliques : Paul se prétend épris d'une jeune Agathe, qui n'est autre que le substitut de Dargelos (la même comédienne incarne les deux rôles). Et la soeur, devinant que cet amour n'est pas pour lui, en délivre son frère...

Melville a préservé le charme vénéneux du livre, son côté intemporel aussi. A sa sortie, il déconcerta. Beaucoup furent dérangés par le jeu maladroit d'Edouard Dhermitte. Seuls les futurs réalisateurs de la Nouvelle Vague y virent une oeuvre qui ne ressemblait à rien de ce qui se faisait alors dans le cinéma français. Dans le rôle d'Elisabeth, Nicole Stéphane (l'héroïne muette du Silence de la mer) est inoubliable.

Publié dans Films

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