Qui sont les six derniers Compagnons de la Libération encore vivants ?

Publié le par Isabelle Cousturié

Qui sont les six derniers Compagnons de la Libération encore vivants ?
Yves de Daruvar

Yves de Daruvar

Yves de Daruvar. Né le 31 mars 1921 à Istanbul en Turquie, Yves de Daruvar est issu d’une vieille famille de la noblesse hongroise. Émigré en France avec sa sœur et sa mère à la fin des années vingt, il prépare le concours de l’École coloniale lorsque la guerre éclate en septembre 1939. Refusant la défaite, il parvient à embarquer clandestinement à Saint-Jean-de-Luz, le 21 juin 1940 et s’engage dans les Forces françaises libres à Londres le 1er juillet 1940. Affecté à la 1ère Compagnie de découverte et de combat du Régiment de Tirailleurs sénégalais du Tchad à Largeau, il participe avec elle à la première campagne du Fezzan (février-mars 1942) sous les ordres du général Leclerc. Il est blessé deux fois par des éclats d'obus. Yves de Daruvar débarque en Normandie début août 1944 avec l'état-major de la Division. Naturalisé français en novembre 1944, de 1947 à 1950, il est successivement chef de circonscription administrative à Madagascar, en Mauritanie, en Côte d'Ivoire et au Cameroun. Haut-commissaire de la République aux Comores, il termine sa carrière au Commissariat à l’Énergie atomique. Il est décédé le 28 mai 2018.

Hubert Germain

Hubert Germain

Hubert Germain. Né le 6 août 1920, il prépare le concours de l'École navale au lycée Michel Montaigne (Bordeaux) au moment de la déclaration de guerre. Dès juin 1940, écartant le concours, il cherche les moyens de continuer la lutte. Il rejoint la Grande-Bretagne le 24 juin 1940 en s’embarquant à Saint-Jean-de-Luz. Engagé dans les Forces françaises libres, il est affecté sur le cuirassé Courbet où il suit les cours d'élève officier de marine. Après la campagne de Syrie à laquelle il participe, il est envoyé comme élève à l'école d'officiers de Damas en septembre 1941. En février 1942, il rejoint les rangs du 2e Bataillon à la 13e Demi-Brigade de Légion Étrangère (13e DBLE). Il participe au débarquement de Provence en août 1944 et à la libération de Toulon, de la vallée du Rhône et de Lyon. À la fin de la guerre (il est démobilisé en 1946), il est attaché de direction dans une entreprise de produits chimiques avant d’être élu maire de Saint-Chéron (Essonne) en 1953 et député de Paris en 1962. Ministre des PTT puis ministre chargé des relations avec le Parlement, il fut également Président de la société française de télédistribution de 1975 à 1982.

Guy Charmot

Guy Charmot

Guy Charmot. Né le 9 octobre 1914 à Toulon dans une famille de fonctionnaires, il entre en 1934 à l’École du service de santé militaire à Lyon et se trouve en 1939 médecin lieutenant d’active au 49e régiment d’artillerie coloniale (49e RAC) dans le secteur de la Sarre. Embarqué en mars 1940 pour la Haute-Volta (Burkina-Faso actuel), il passe en Gold Coast (Ghana actuel) au début de juillet 1940 puis au Cameroun où il rallie les Forces françaises libres en septembre. Il débarque en Provence avec la 1e Division française libre en août 1944 et est blessé lors des combats pour la libération de Toulon. Il prend part ensuite à la campagne de France jusqu’en 1945. Médecin capitaine à la fin de la guerre, il devient médecin des hôpitaux d’outre-mer et professeur agrégé du service de santé des armées, effectuant de nombreux séjours en Afrique jusqu’en 1966. Guy Charmot démissionne avec le grade de médecin colonel pour entrer au service de recherches thérapeutiques de Rhône-Poulenc. 

Edgar Tupët-Thomé

Edgar Tupët-Thomé

Edgar Tupët-Thomé. Né le 19 avril 1920 à Bourg-la-Reine (Seine), il suit des études à l'École supérieure de Théologie de Reims. N'ayant pas la vocation, il choisit en octobre 1938, de s'engager par devancement d'appel au 8e Régiment de Zouaves à Mourmelon. Il prend part à l'évacuation de Dunkerque, son unité protégeant l'embarquement du corps expéditionnaire britannique. Fait prisonnier il s'évade. C’est en novembre 1940 qu’il entre dans la Résistance. Il est affecté à l'état-major particulier du général de Gaulle et suit une instruction parachutiste et l'entraînement du Bureau des Opérations aériennes (BOA). En août 1943, il rejoint à sa demande le 4e Bataillon d'infanterie de l'air (4e BIA). En janvier 1944, il est muté comme commandant en second de la 2e compagnie du 3e BIA, qui devient en juillet 1944, le 3e Régiment de chasseurs parachutistes (3e RCP). À la Libération, après avoir été admis à l'École coloniale d'administration, il est nommé administrateur des Colonies en Tunisie. De retour en Franc, Edgard Tupët-Thomé devient ingénieur chez Panhard puis chef des agences dans une société de Tourisme.

Daniel Cordier

Daniel Cordier

Daniel Cordier. Né le 10 août 1920 à Bordeaux (Gironde) dans une famille de négociants, il n’a pas encore 20 ans lorsqu’il décide de continuer la lutte et atterrit en Angleterre. À l’été 1941, il est affecté au service "Action" du Bureau central de Renseignements et d'Action (BCRA), c'est-à-dire les services secrets de la France libre à Londres. Pendant un an, il suit un entraînement spécial dans les écoles de l'Intelligence Service. Sous le nom de code de Bip W, il est parachuté en France près de Montluçon le 26 juillet 1942. Le 1er août il rencontre pour la première fois à Lyon Rex, alias Jean Moulin, qui l’engage pour organiser son secrétariat à Lyon, puis à Paris pour la zone nord en mars 1943. De retour en Angleterre fin mai 1944, il est nommé chef de la section des parachutages d'agents du BCRA. Après la guerre, Daniel Cordier consacre sa vie à la peinture et commence une collection d'art contemporain. En 1956, il ouvre une galerie d'art à Paris et à New-York.

Pierre Simonet

Pierre Simonet

Pierre Simonet. Né le 27 octobre 1921 à Hanoi, il est en classe préparatoire à Bordeaux lorsqu’il entend le discours du maréchal Pétain. Révolté, Pierre Simonet, décide immédiatement de continuer la lutte en Angleterre. Arrivé à Liverpool, il s'engage le 1er juillet 1940 dans les Forces françaises libres (FFL) du général de Gaulle. Embarqué le 29 août 1940, il fait partie du Corps expéditionnaire qui a pour mission de rallier, à Dakar, l'Afrique occidentale française (AOF) à la France libre. Il prend part à la campagne de Syrie en juin-juillet 1941. Dans les campagnes d'Italie et de France, le sous-lieutenant Simonet a effectué au total 137 missions de guerre en 250 heures de vol, et s'est vu décerner quatre citations. Démobilisé, il entre à l'École nationale de la France d'Outre-mer (1946) avant de suivre des cours de l'École d'Application de l’Insee et obtient un certificat de l'Institut de Statistique de l'Université de Paris. En 1958, Pierre Simonet entre dans la fonction publique internationale : il est affecté par l'ONU en Iran comme conseiller en statistiques économiques avant d’entrer à l’OCDE puis au FMI.

Publié dans Articles de Presse

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