Lili St. Cyr dans les nues. La strip-teaseuse inspirée est morte à 80 ans

Publié le par Libération par Philippe Garnier

Lili St. Cyr dans les nues. La strip-teaseuse inspirée est morte à 80 ans

Los Angeles, correspondance.

Influence majeure de Marilyn Monroe et d'Ivy Rorschash, des Cramps, qui dans les années 80 fréquentaient la boutique de lingerie sexy qu'elle avait encore sur Santa Monica Boulevard, la célèbre effeuilleuse Lili St. Cyr est morte il y a deux semaines (29 janvier) dans sa maison de Los Angeles. Elle avait 80 ans.

Née Willis Marie Van Schlaack à Minneapolis, elle étudia la danse et travailla comme chorus girl avant de faire carrière comme strip-teaseuse de vaudeville. Durant les années 40 et 50, elle devint une des plus célèbres praticiennes de cet art, alors en plein âge d'or; elle se distinguait de ses collègues, comme Gypsy Rose Lee, Tempest Storm ou Blaze Starr, par un maintient hautain qui ravissait son public masculin. Les gens se souviennent encore de son légendaire engagement de sept ans au Gaiety de Montréal, son numéro de geisha, celui intitulé Suicide, ou lorsque dans Jungle Goddess elle semblait faire l'amour à un perroquet.

Bain moussant. Mais c'est à Los Angeles qu'elle accéda à la notoriété. Un de ses nombreux maris, l'acteur Paul Valentine, lui-même danseur prodige ayant fait ses débuts dans les ballets russes de Monte Carles, prétend lui avoir suggéré vers la fin de la guerre son numéro le plus célèbre, dans lequel elle prenait un bain moussant. Valentine, que l'on connaît surtout comme le jovial homme de main de Kirk Douglas dans la Griffe du passé (le gros costaud bizarrement sympathique qui finit par mourir au bout d'un hameçon), gagne aujourd'hui sa vie en jouant des sketches dans les maisons de retraite juives du côté de Fairfax; il fait aussi partie du comité de sélection des films étrangers aux oscars. Selon lui, c'est aussi sur sa suggestion que Lili joua son tour le plus retors à la police et aux censeurs de Los Angeles: comme il existait à l'époque un arrêté municipal interdisant de se déshabiller sur scène (même sur cette partie de Sunset Boulevard nommée The Strip), Lili commençait quasi nue et s'habillait. Cela ne l'a pas empêchée de se faire arrêter plus tard lors de sa prestation au fameux cabaret Ciro's, pour «indecent exposure».

Vente de lingerie. Il y eut d'autres numéros, et d'autres maris, dont Ted Jordan, son manager dans les années 50, auteur d'un livre, My Secret Life with Marilyn Monroe. C'est vers cette époque que Lili St. Cyr s'installa à Los Angeles pour faire de la vente de lingerie sexy par correspondance et tourner dans quelques films de seconde zone: The Miami Story, avec Barry Sullivan, Son of Sinbad, en face de Vincent Price, et I, Mobster, de Roger Corman. Elle fit aussi d'innombrables films de vaudeville comme Striporama, Varietease ou Bedroom Fantasies. Elle figura également, jouant son propre rôle, mais c'est la moindre des choses, dans les Nus et les morts, l'adaptation du livre de Norman Mailer par Raoul Walsh.

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