Inès de Bourgoing

Publié le par Mémoires de Guerre

Inès de Bourgoing, née le 5 janvier 1862 à Paris, et morte le 9 février 1953 à Casablanca, est une infirmière française, d'abord civile puis militaire. Elle épouse Joseph Antoine Fortoul puis, veuve, elle deviendra l'épouse du maréchal Lyautey

Inès de Bourgoing
Inès de Bourgoing
Inès de Bourgoing

Inès de Bourgoing voit le jour à Paris, au no 1 de l'avenue de Marigny (8e arrondissement). Fille du baron Philippe La Beaume de Bourgoing (1827-1882), écuyer de Napoléon III, puis inspecteur du service des Haras avant d'être élu cinq fois député de la Nièvre, et d'Anne-Marie Dollfus (1837-1917), dame d'honneur de l'impératrice Eugénie, dont Inès de Bourgoing fut la filleule. En 1880, elle épouse le capitaine d'artillerie Joseph Antoine Fortoul avec qui elle a trois enfants : Antoine en 1881, Mathieu en 1882 et Victoire (décédée en 1888). Joseph Fortoul décède le 1er octobre 1900 à Alger. Elle suit des cours d'infirmière, passe son diplôme en 1901 et officie à l'hôpital Beaujon à Paris comme bénévole de la Société de secours aux blessés militaires (S.S.B.M.). Dès ce moment, elle met en place des actions innovantes dans le domaine humanitaire et social. L'infirmière-major Fortoul à la tête d'un détachement d'infirmières volontaires part en août 1907 au Maroc, à Casablanca. Elle rencontre le général futur maréchal Lyautey alors qu'elle convoie des blessés à Oran où il commande la division.

Elle repart à Messine secourir les blessés du tremblement de terre du 28 décembre 1908. Son mariage avec Lyautey est célébré le 14 octobre 1909 à Paris. Le couple rejoint l'Algérie où le général commande toujours la division d'Oran. En mars 1912, Lyautey est nommé Résident général de France au Maroc. Elle va déployer une activité importante du fait de l'élargissement du champ de ses activités. Inés Lyautey a organisé de nombreuses œuvres d'assistance à l'enfance, « gouttes de lait », pouponnières, crèches, orphelinats, jardins de soleil et la « maternité maréchale Lyautey » est la première maternité au Maroc. Elle crée les premiers dispensaires antituberculeux, les premières colonies de vacances du Maroc, ainsi que les écoles d'infirmières. Elle fonde la Maison de convalescence de Salé, pour les légionnaires et soldats convalescents, et la maison de retraite de Balme-les-Grottes dans l'Isère. En reconnaissance, elle est nommée 1re classe d'honneur de la Légion étrangère. Rentrés en France en octobre 1925, les Lyautey résident dans leur château à Thorey. Ils y font construire un dispensaire familial et une maison pour les jeunes. Elle devient, en 1926, présidente du comité central des dames de la Croix-Rouge française.

En 1939, elle assure la direction d'un service de trois cents lits. Elle soutient les combattants marocains durant toute la Seconde Guerre mondiale. Elle meurt à Casablanca le 9 février 1953, et est inhumée à côté du maréchal Lyautey au mausolée de Rabat. Lorsque la dépouille de celui-ci fut transférée à Paris à l'hôtel des Invalides le 10 mai 1961, elle fut inhumée au cimetière du village de Thorey, devenu Thorey-Lyautey à la demande de ses habitants. En 1953, elle fut une des premières femmes (avec Colette) à être élevée à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur. Elle fut aussi promue grand officier de l'ordre du Ouissam alaouite en reconnaissance de son œuvre au Maroc. 

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