Faure Berthe

Publié le par Mémoires de Guerre

Berthe Faure, née Marie-Mathilde Berthe Belluot le 21 février 1842 à Chanteloup (Indre-et-Loire) et morte le 19 avril 1920, est l'épouse de Félix Faure, président de la République française du 17 janvier 1895 au 16 février 1899, date du décès de son époux. 

Faure Berthe

Marie-Mathilde Berthe Belluot épouse Félix Faure le 18 juillet 1865 à Amboise. Le couple emménage avec leurs deux filles, Lucie et Antoinette, au palais de l'Élysée en janvier 1895. À 53 ans, Berthe Faure est bien plus effacée qu'Hélène Casimir-Perier. Elle a une véritable adoration pour son époux. Elle est dite naïve par ses proches. Son passé l'encombre quand Édouard Drumont menace de provoquer un scandale en publiant dans son journal des informations sur son père. Celui-ci avait en effet écopé de vingt ans de prison par contumace pour avoir été un avoué peu scrupuleux. Félix Faure, qui ne veut pas être pris au dépourvu, décide de lui-même communiquer ces informations à la presse, ce qui amènera l'étrange paradoxe que des députés viennent au palais de l'Élysée saluer Berthe Faure pour la dédouaner de la vie de son père.

Son mari insiste pour que dans les réceptions elle se tienne non à côté de lui mais dans un léger retrait. La grande-duchesse Wladimir en est choquée quand, reçue au palais, on la sert après le président. Il rétablit aussi un vieil usage hérité de la monarchie, dans lequel les enfants devaient jouer un rôle : ainsi, leur fille Lucie répond aux lettres arrivant au palais. Sa fille Lucie est également à l'origine de la création, en 1895, de la Ligue fraternelle des enfants de France. Tous les samedis, elle reçoit un cercle d'amis dans un salon du premier étage, dont le père du futur Marcel Proust, que l'on pense à l'époque marier à la fille des Faure, Antoinette. Chaque année elle organise deux bals et sept dîners de gala de cent dix couverts chacun, pour lesquels sont envoyés près de 8000 invitations. 

Berthe Faure n'ignore pas la réputation de coureur de jupons qu'est celle de son mari mais ferme les yeux. Un maître d'hôtel du palais, nommé Clerc, disait même à propos de ses conquêtes : « II en venait sans cesse ». Le 16 février 1899, il reçoit dans le salon d'argent du palais Marguerite Steinheil, femme du peintre Adolphe Steinheil, auquel il a fait une commande officielle, et qu'il avait rencontrée deux ans plus tôt à Chamonix. Il la retrouve souvent dans la villa du couple au no 6 bis impasse Ronsin, mais le matin du 16 février, c'est lui qui la convie dans l'après-midi.

Peu de temps après son arrivée, elle sonne les domestiques. On découvre le corps tremblant du président sur un divan et Marguerite Steinheil rajustant ses vêtements. Il meurt quatre heures plus tard d'une congestion cérébrale. Marguerite Steinheil sort par une porte dérobée sur l'avenue Gabriel et l'on ne prévient que deux heures après Berthe Faure et sa fille Lucie, qui étaient dans leurs appartements privés. Le président s'éteint ainsi réellement dans les bras de son épouse. Aux multiples condoléances qu'elle reçoit, elle n'a de cesse de répéter : « C'était un si bon mari ». Berthe Faure termine sa vie dans une grande indifférence. Elle meurt finalement vingt-et-un ans après la mort de son époux, en 1920. Elle est inhumée à ses côtés, au cimetière du Père-Lachaise à Paris, 4e division. 

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