Il y a cent ans, le Nord – Pas-de-Calais région était libéré

Publié le par Olivier Berger

Il y a cent ans, le Nord – Pas-de-Calais région était libéré

L’offensive des cent jours, mise en œuvre dans notre région par les Britanniques et les contingents de son ancien empire, permet de repousser l’armée allemande et de libérer une à une les cités du Nord et du Pas-de-Calais. À un village près, c’est chose faite le jour de l’Armistice, le 11 novembre 1918.

La foule des grands jours sur la grand-place de Lille (au fond, la rue Esquermoise) le 18 octobre 1918. La ville est libérée, les soldats britanniques peuvent défiler. PHOTO NARA

La foule des grands jours sur la grand-place de Lille (au fond, la rue Esquermoise) le 18 octobre 1918. La ville est libérée, les soldats britanniques peuvent défiler. PHOTO NARA

Les Français et les Américains tant attendus attaquent en Picardie ; les Britanniques et les contingents de son ancien empire colonial (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande) en Artois et en Flandres. Deux grands théâtres concernent la région occupée depuis la course à la mer de 1914 : la zone de Cambrai dans la direction de Mons en Belgique ; les Flandres en direction de Lille. Un troisième se situe en Belgique, entre Ypres et Bruxelles.

Dans la mémoire collective britannique

«  C’est un épisode très important dans la mémoire collective des Britanniques alors qu’il est quasiment inconnu des Français, décrit Michaël Bourlet, historien de la Grande Guerre, ancien professeur aux écoles spéciales militaires de Saint-Cyr Coëtquidan et originaire du Cambrésis. C’est une campagne victorieuse que les Britanniques estiment décisives même si l’apport des Français, la meilleure armée du monde à l’époque, et des Américains est indéniable.  »

À partir du mois d’août, malgré les pertes et les problèmes d’approvisionnement, de logistique qui les freinent, les Alliés libèrent un à un les villes et villages du Nord et du Pas-de-Calais (lire l’infographie ci-contre) au prix d’un extraordinaire sacrifice humain.

L’offensive allemande du printemps 1918 a épuisé des troupes qui ont perdu la bagatelle de 700 000 hommes. Ils tiennent la ligne Hindenburg mais n’ont plus les capacités de remporter la victoire. Le maréchal (depuis le 7 août) Ferdinand Foch, général en chef des armées alliées en France, qui a remplacé Philippe Pétain en juin, décide une contre-offensive globale.

Il y a cent ans, le Nord – Pas-de-Calais région était libéré

Les Canadiens subissent 9 000 morts le long de la route Arras-Cambrai durant le seul mois de septembre. Entre Gavrelle et Vis-en-Artois, 5 500 Canadiens sont tués ou blessés pour progresser de 8 km. Plus de 3 000 Allemands sont faits là prisonniers. Sur la ligne Drocourt- Quéant, toujours entre Arras et Cambrai, les Britanniques perdent en moyenne 3 000 hommes par jour. Colossale horreur.

Combats extrêmement meurtriers

Les populations subissent ou s’enfuient (lire par ailleurs). Si les Allemands abandonnent le mont Kemmel le 28 août et Bailleul le 30, la ville des Flandres est ravagée par 100 000 obus britanniques. L’armée allemande n’est pas en déroute mais elle se replie résolument. Ils résistent sur les rivières comme la Selle, un affluent de l’Escaut, dans des villages comme Haussy, Saulzoir, Haspres.

«  Le bilan humain global est très compliqué à évaluer, observe Michaël Bourlet. Les combats sont, par exemple, extrêmement meurtriers autour de Cambrai mais les Britanniques entrent dans la ville sans problème pour ne perdre que 20 hommes.  »

Lille est repris sans combat ou presque. À Valenciennes, les combats d’arrière-garde sont intenses sur le mont Houy, le 28 octobre. Les Allemands reçoivent plus de 2 000 tonnes d’obus et sont contraints de reculer.

Le 11 novembre 1918, à l’issue de ce mouvement inexorable et destructeur qui conduit à l’Avesnois puis l’Armistice, une minuscule poche du Nord, quasi enclavée en territoire belge, à Bousignies-sur-Roc, n’est toujours pas libérée. C’est la toute dernière. 

Les prisonniers vont revenir

Plus que toute autre région de France, le Nord - Pas-de-Calais connaît un nombre de prisonniers considérable.

C’est notamment dû à la reddition du camp de Maubeuge le 8 septembre 1914 qui fait 50 000 prisonniers, pour la plupart des pères de famille des régiments territoriaux (réservistes) de la région, dont le recrutement est encore local en ce début de guerre. Pendant quatre ans, ils subissent des conditions difficiles dans des camps en Allemagne.

Les « ch’timis » (l’appellation se crée à cette époque) se regroupent, comme sur cette image des Lensois en captivité à Friedrichsfeld en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Les rescapés rentrent chez eux de novembre 1918 à janvier 1919.

Il y a cent ans, le Nord – Pas-de-Calais région était libéré

La photo émane de la collection de Michaël Bourlet, en recherche de ces images (sourcesdelagrandeguerre@gmail.com). 

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