Jair Bolsonaro élu au Brésil : et maintenant ?

Publié le par Le Progrès

Jair Bolsonaro élu au Brésil : et maintenant ?

La jeune démocratie brésilienne a basculé ce lundi dans une grande inconnue avec son premier président d’extrême droite plus de 30 ans après la fin de la dictature. Une élection qui a jeté une lumière crue sur les fractures du Brésil.

Jair Bolsonaro a été élu président du Brésil, dimanche. Photo Ricardo MORAES/POOL/AFP - Dimanche soir animé dans les rues de Rio de Janeiro. Photo Mauro PIMENTEL/AFP
Jair Bolsonaro a été élu président du Brésil, dimanche. Photo Ricardo MORAES/POOL/AFP - Dimanche soir animé dans les rues de Rio de Janeiro. Photo Mauro PIMENTEL/AFP

Jair Bolsonaro a été élu président du Brésil, dimanche. Photo Ricardo MORAES/POOL/AFP - Dimanche soir animé dans les rues de Rio de Janeiro. Photo Mauro PIMENTEL/AFP

Jair Bolsonaro, qui prendra ses fonctions le 1er janvier 2019, a reçu dimanche un mandat clair avec plus de 55 % des voix, devant le candidat de gauche Fernando Haddad (45 %) à l’issue d’une campagne qui a coupé en deux le plus grand pays latino-américain.

Drapeaux brésiliens en main, t-shirts jaunes et verts sur le dos, des dizaines de milliers de Brésiliens sont descendus dans la rue dimanche soir pour célébrer l’élection du candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro à l’issue d’une présidentielle très polarisée. Photo Carl DE SOUZA/AFP

Drapeaux brésiliens en main, t-shirts jaunes et verts sur le dos, des dizaines de milliers de Brésiliens sont descendus dans la rue dimanche soir pour célébrer l’élection du candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro à l’issue d’une présidentielle très polarisée. Photo Carl DE SOUZA/AFP

Infographie Visactu

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Une fois installé dans le palais du Planalto à Brasilia, l’ancien capitaine, qui a souhaité dimanche après sa victoire un Brésil qui soit « une grande Nation, pour nous tous », aura fort à faire, après la campagne qu’il a menée au lance-flammes, pour recoller les morceaux d’un pays qui s’est fracturé profondément.

Le nouveau chef de l’Etat aura notamment besoin de négocier habilement pour s’assurer le soutien au sein d’un Parlement fragmenté.

Ses principaux défis

Dompter le Parlement

Au Brésil, plus de 30 partis sont représentés au Sénat et à la Chambre des députés, ce qui oblige le chef de l’Etat à nouer des alliances - parfois contre nature - pour obtenir une majorité franche.

Pour gagner le soutien des partis, les derniers présidents leur ont attribué des postes de ministres devenus des chasses gardées, mais Jair Bolsonaro a promis qu’il ne formerait pas son gouvernement d’après les étiquettes politiques.

Pacifier le pays

Il y a une semaine, Jair Bolsonaro tenait encore un discours incendiaire contre ses opposants, des « marginaux rouges » à qui il ne laissait comme choix que l’exil ou la prison.

De quoi exacerber les tensions, alors qu’il s’est déjà mis une partie de la population à dos avec de nombreux dérapages homophobes, racistes ou misogynes, ainsi que son admiration décomplexée de la dictature militaire (1964-1985).

Lors de son discours de la victoire dimanche soir, il a pourtant promis de « défendre la Constitution, la démocratie et la liberté ».

Lutter contre la violence

Jair Bolsonaro sera particulièrement attendu au tournant sur le thème de l’insécurité. C’est en promettant une poigne de fer contre la criminalité qu’il a été considéré comme un sauveur de la patrie par la plupart de ses électeurs. Il propose notamment de faciliter l’accès aux armes pour que « les gens bien » assurent leur auto-défense et de donner une « protection juridique » aux policiers faisant usage de leurs armes en service.

Jair Bolsonaro devrait avoir maille à partir avec les organisations des droits de l’Homme, qui critiquent déjà fortement des forces de l’ordre à la gâchette facile.

Redynamiser l’économie

Les milieux d’affaires se sont rangés du côté de Bolsonaro, séduits par le profil de son gourou économique Paulo Guedes, un « Chicago Boy » ultra-libéral, et ses intentions de privatiser à tour de bras pour réduire une dette abyssale.

Son principal défi: donner un coup de fouet à une économie encore chancelante, qui a connu une des pires récessions de son histoire en 2015 et 2016 et compte près de 13 millions de chômeurs.

Gérer les conflits ruraux

Jair Bolsonaro devrait faire face à une résistance féroce du côté du Mouvement des travailleurs sans terre (MST), organisation qui réclame une réforme agraire au profit des petits producteurs.

Le programme officiel de campagne du futur président prévoit notamment de qualifier de « terrorisme » les occupations de terre, une des principaux modus operandi du MST pour faire valoir ses revendications.

Il risque aussi de devoir gérer des conflits avec les tribus indiennes revendiquant une délimitation plus claire de leurs terres ancestrales, après avoir promis de ne pas céder « un centimètre de plus » pour la démarcation de territoires autochtones.

Jair Bolsonaro devrait se rendre à Brasilia dès ce mardi pour s’entretenir avec le conservateur Michel Temer (l'ancien président), ainsi que le président de la Cour suprême Dias Toffoli et le chef d’état-major des armées, le général Eduardo Villas Bôas.

Ce député, qui n’a fait voter que deux lois en 27 ans dans l’hémicycle et n’était guère connu que pour ses gesticulations guerrières, arrive à la tête d’un pays de 208 millions d’habitants sans aucune expérience du pouvoir, comme ses futurs ministres.

Trump et Macron félicitent Bolsonaro

- Le président des Etats-Unis Donald Trump a appelé dimanche soir le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro pour le féliciter pour sa victoire à la présidentielle au Brésil. « Les deux hommes ont exprimé leur engagement fort à travailler ensemble pour améliorer la vie des habitants des Etats-Unis et du Brésil, et, en tant que leaders régionaux, des Amériques », a déclaré Sarah Sanders, porte-parole de l’exécutif américain.

- Ce lundi, Emmanuel Macron a aussi félicité Bolsonaro, et insisté sur " le respect des principes démocratiques", a indiqué l'Elysée.

Publié dans Articles de Presse

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