Lévy Raymond

Publié le par Mémoires de Guerre

Raymond Lévy, né le 28 juin 1927 à Paris où il est mort le 10 octobre 2018, est un ingénieur et chef d'entreprise français. Il a notamment été président-directeur général de Renault de 1987 à 1992. 

Lévy Raymond
Lévy Raymond
Lévy Raymond

Raymond Lévy est issu d'une famille juive séfarade qui reste à Paris pendant l'Occupation allemande. Il fait ses études au lycée Rollin (aujourd'hui Collège-lycée Jacques-Decour) et entre en 1946 à l'École polytechnique, dont il sort major ; il sort dans le Corps des mines, et obtient un Master of Science du MIT en 1950. De 1957 à 1980, il travaille dans la même entreprise pétrolière, d'abord nommée « Régie Autonome des Pétroles », puis « Entreprise de Recherche et d'Activités Pétrolières (ERAP) », puis « société nationale Elf Aquitaine », son dernier poste étant celui de vice-président directeur général, aux côtés d’Albin Chalandon. À partir de 1981, il fait carrière dans l'acier, à la Compagnie française des aciers spéciaux (groupe Usinor), puis en tant que président-directeur général d'Usinor de 1982 à 1984. En mai 1984, malgré des résultats en net redressement, il est convoqué par Louis Schweitzer, le directeur de cabinet de Laurent Fabius, pour apprendre qu’il est débarqué de la présidence du groupe. En attente de mieux, il se recase en tant qu'administrateur délégué du groupe sidérurgique belge Cockerill-Sambre de 1985 à 1986.

En décembre 1986, à la suite de l'assassinat par Action directe du président de Renault Georges Besse, il est appelé par le gouvernement — notamment par le ministre de l'Industrie Alain Madelin — à le remplacer. En dépit du travail de redressement commencé par Georges Besse resté en poste moins de deux ans, l'entreprise est toujours dans une situation difficile a, compromise davantage par le difficile lancement de la Renault 25 en 1983. Dès sa prise de fonction, Raymond Lévy place la qualité au centre de son plan de redressement. Il crée un poste de directeur de la qualité sous sa responsabilité directe, introduit la formation systématique de l'ensemble du personnel aux méthodes les plus récentes des « maîtres » japonais, et met en place un système d'objectifs quantifiables de performances en qualité, coûts, et délais à tous les niveaux hiérarchiques. Rompant avec le discours feutré de ses prédécesseurs, il souligne la gravité du problème en n'hésitant pas à déclarer que sa propre R25 de fonction doit passer au garage tous les mois pour réparation… Le traitement de choc réussit : les R19 et Clio, premiers modèles lancés sous son mandat, offrent une qualité de finition en très net progrès et permettent à Renault de « percer » enfin sur les exigeants marchés d'Europe du Nord, en particulier en Allemagne.

Dans le même temps, Raymond Lévy s'attache à stabiliser les finances de l'entreprise. Il tire un trait définitif sur l'aventure américaine de Renault, avec la vente d'American Motors à Chrysler au printemps 1987, et met en place le système de production en flux tendu afin de diminuer les coûts de production. Dès 1989, l'entreprise est de nouveau bénéficiaire. Face à l'imminente ouverture du marché unique européen en 1992, Raymond Lévy est conscient de la nécessité pour Renault de s'agrandir. Il cherche d'abord à racheter le constructeur tchécoslovaque Skoda dès la chute du mur de Berlin, mais les négociations échouent au bénéfice de Volkswagen. Raymond Lévy se tourne alors vers le suédois Volvo avec une prise de participations croisées entre les deux constructeurs qui doit ouvrir la voie à une fusion. L'opération échoue finalement fin 1993, après que Raymond Lévy a atteint l'âge de la retraite statutaire et passé le témoin à Louis Schweitzer en 1992. En parallèle, Raymond Lévy occupe aussi le poste de vice-président du Conseil général des mines, c'est-à-dire de « patron » effectif du corps des ingénieurs des mines de 1987 à 1992. Il est à partir de 1993 président du conseil de surveillance de Lagardère SCA et, de 1998 à 2001, président du Consortium de réalisation (CDR), la filiale de revente des actifs du Crédit lyonnais créée à la suite de sa quasi-faillite. Par ailleurs, il a présidé la fondation de l’École polytechnique, de sa création en 1987 à 1994, ainsi que l'amicale du Corps des mines de 1993 à 2002. Il est conseiller municipal de Vaucresson dans les Hauts-de-Seine de 2001 à 2008. Il meurt le 10 octobre 2018, âgé de 91 ans. 

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