Robert Faurisson : le « faussaire de l'Histoire » est mort à Vichy

Publié le par Le Point

Robert Faurisson : le « faussaire de l'Histoire » est mort à Vichy

Le négationniste est décédé à l'âge de 89 ans, ont annoncé ses proches. Il avait été condamné plusieurs fois pour contestation de crime contre l'humanité.

Robert Faurisson : le « faussaire de l'Histoire » est mort à Vichy

Le négationniste Robert Faurisson est mort dimanche 21 octobre 2018 à l'âge de 89 ans à Vichy (Allier), selon son beau-frère joint par l'historienne Valérie Igounet et selon sa sœur, Yvonne Schleiter. « Robert Faurisson revenait d'Angleterre quand il s'est écroulé dans son couloir dans sa maison de Vichy », a déclaré à l'AFP Mme Yvonne Schleiter, sa sœur. Son éditeur Akribeia a également confirmé à l'AFP le décès de l'universitaire plusieurs fois condamné pour ses thèses. Ancien maître de conférences à l'université Lyon-II en littérature contemporaine, il contestait notamment l'existence des chambres à gaz et avait été condamné à plusieurs reprises pour contestation de crime contre l'humanité. Robert Faurisson soutenait que le génocide des juifs par les nazis était un mensonge destiné à récolter des dommages de guerre et que les déportés étaient morts de maladie et de malnutrition. Il contestait aussi l'authenticité du journal de la jeune Juive néerlandaise Anne Frank. Robert Faurisson avait perdu un procès en 2007 contre Robert Badinter qui l'avait qualifié de « faussaire de l'Histoire ».

La Fondation Shoah a également annoncé sa mort, rappelant que « Robert Faurisson est mort », regrettant que « ses thèses vivent encore » et citant Robert Badinter qui l'avait surnommé « le faussaire de l'Histoire ». Né le 25 janvier 1929 à Shepperton (Angleterre), Robert Faurisson fut le premier justiciable français à être condamné en vertu de la loi Gayssot de 1990 visant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe.

« Les négationnistes ont rendu un grand service involontairement »

Il a « rendu un grand service involontairement » en permettant que la Shoah soit « l'un des événements les mieux connus du monde », a réagi lundi Serge Klarsfeld après l'annonce de sa mort. « Il était un des pionniers du négationnisme. Ce qu'il écrivait était pour moi répulsif, agaçant, douloureux », a déclaré à l'AFP l'historien de la déportation. « Les négationnistes ont rendu un grand service involontairement : ils ont fait comprendre au monde juif et au monde scientifique qu'il fallait un grand travail universitaire à travers le monde occidental pour pouvoir écrire chaque page de la Shoah d'une façon très précise », a ajouté le président de l'association des Fils et filles des déportés juifs de France. Pour l'inlassable militant de la connaissance de la Shoah, « l'aiguillon qu'a constitué l'ignoble littérature de Faurisson » a permis que « la Shoah soit un des événements les mieux connus du monde ».

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