Schiappa Marlène

Publié le par Mémoires de Guerre

Marlène Schiappa, née le 18 novembre 1982 à Paris, est une écrivaine, militante féministe et femme politique française.

Schiappa Marlène
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Schiappa Marlène

Elle est fondatrice et rédactrice du blog Maman travaille. Adjointe au maire du Mans et conseillère communautaire au Mans Métropole à partir de 2014, elle est également responsable du pôle « égalité femmes-hommes » du mouvement politique En marche. Elle est actuellement secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes. Elle porte la « Grande cause du quinquennat » du président de la République Emmanuel Macron, l'égalité femmes-hommes. Marlène Schiappa est la fille d'un historien, Jean-Marc Schiappa, militant de la libre pensée et trotskiste lambertiste, et d'une proviseure adjointe d'établissement scolaire, Catherine Marchi, ancienne militante politique et syndicale, également trotskiste lambertiste. Ses parents sont aujourd'hui séparés. En 2018, son père, toujours militant trotskiste, la presse considère qu'il critique son utilisation d'une citation de Karl Marx pour expliquer sa vision du macronisme6, Jean-Marc Schiappa ne l'ayant pourtant pas explicitement citée. Selon la secrétaire d'État, il s'agissait là d'un désaccord politique assumé, aucunement d'une « leçon ». Elle a deux sœurs. Après un premier mariage éphémère avec un « homme de droite » en 2001, elle épouse en 2006 Cédric Bruguière, consultant en ressources humaines et essayiste, avec qui elle a deux filles.

Vers 17 ans, en rébellion contre son père trotskyste, Marlène Schiappa prépare le concours de la gendarmerie mais ne s'y présente pas. Après un baccalauréat ES option russe, elle étudie la géographie pendant un an à la Sorbonne, s’en désintéresse rapidement et, travaillant pour payer ses études, s’inscrit en cours du soir dans une école de communication. Elle obtient de cette manière un diplôme en communication et nouveaux médias, mention écritures électroniques. Parallèlement à cette formation, elle est engagée dans l’agence de communication Euro RSCG. Pendant un congé maternité, elle obtient une validation des acquis de l’expérience à l’université de Grenoble, ce qui lui permet ensuite de suivre et valider une licence de communication. Elle poursuit ses études par un master en lettres modernes. Elle démissionne de son poste chez Euro RSCG en 2007 afin de s'occuper de sa fille et s'établit à son propre compte. Elle réalise cependant les difficultés de conjuguer sa vie professionnelle et familiale. Le réseau Maman travaille, un réseau de mères actives, est à l'origine un blog créé par Marlène Schiappa en 2008. Le rapide succès qu'il suscite (environ 8 000 visiteurs par jour, plus de 8 millions de visites depuis sa création) incite à donner un cadre associatif à cette communauté, qui se fédère. Toujours en 2008, Maman travaille devient une association loi 1901 afin de porter les revendications qui tournent autour de l'égalité parentale, notamment de la conciliation entre la vie professionnelle et la vie personnelle.

Parmi les dix propositions portées par l'association auprès des entreprises et des responsables politiques, la première concerne l'allongement et le meilleur paiement du congé paternité. Régulièrement, l'association organise des journées Maman travaille ainsi que des ateliers et des conférences. Elle est à l'origine du concept de « plafond de mère » exposé dans ses travaux de recherches. Maman travaille a créé le Pacte Transparence Crèches, signé par Alain Juppé, Anne Hidalgo et Jean-Claude Boulard au ministère français des Affaires sociales en décembre 2015. Il vise à rendre publics les critères d'attribution des places en crèche grâce à des critères de transparence. Dans la foulée, une pétition de plus de 20 000 signatures demande la généralisation de ce Pacte. Pas plus de 4 heures de sommeil (Stock, 2014) est son premier roman, traduit en 12 langues (dont espagnol, tchèque, allemand, hongrois ...), réédité en livre de poche et en cours d'adaptation au cinéma par Mélissa Theuriau. Marianne est déchaînée (Stock, 2015), son deuxième roman, raconte sa première année d'élue locale de la société civile sous la forme d'un roman à clef. Les Lendemains avaient un goût de miel, paru le 7 juin 2017 aux éditions Charleston, raconte la vie de son arrière-grand-mère dans un quartier pauvre de Dijon au XIXe siècle et sa rencontre avec un diplomate italien.

Si souvent éloignée de vous (lettres à mes filles) (Stock, 2017) reprend des lettres personnelles et politiques sur la vie d'une mère secrétaire d'État. Marlène Schiappa a publié plusieurs essais et travaux de recherches sur le féminisme, dont Plafond de mère. Les mécanismes qui freinent la carrière des femmes (Eyrolles, 2015). Où sont les violeurs ? Essai sur la culture du viol est le premier essai en France sur la culture du viol. Il est réédité en poche sous le titre La culture du viol en 2017, avec une préface inédite du philosophe Raphaël Enthoven. Le Deuxième sexe de la démocratie (l'Aube, 2018) dresse un constat sans concession de la place accordée aux femmes et énumère une série de propositions (prévention, identification, formation, investissements, soutien). Laïcité, point! (l'Aube, 2018) est co écrit avec Jérémie Peltier, directeur des études de la fondation Jean Jaurès, proche du Parti socialiste. Le magazine Marianne en publie les bonnes feuilles à sa sortie et salue sa vision. Elle a aussi dirigé plusieurs ouvrages collectifs dont Lettres à mon utérus (La Musardine, 2016). Auteure de nombreuses chroniques sur l'égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa se fait repérer lors de la création de son webzine Lespasionarias en 2007. Tour à tour rédactrice pour le Neuilly-Bondy-Blog et rédactrice en chef adjointe pour le Business-Bondy-Blog, elle crée seule le blog Mamantravaille en 2008 et, en 2009, le blog Jaime-ma-famille en collaboration avec Loïc Lecanu. Elle publiera ensuite plusieurs ouvrages traitant de la conciliation vie professionnelle-vie personnelle et de la maternité.

En 2010, elle publie Osez l’amour des rondes (éditions La Musardine), dans une collection décalée de vulgarisation des pratiques sexuelles. Après les critiques formulées par certaines féministes qui trouvent le livre vulgaire, insultant et grossophobe, elle reconnaît plus tard « des maladresses », indiquant qu’« il y [avait] un certain nombre d’expressions que j’ai utilisées dans ce livre que je n’utiliserais plus aujourd’hui et contre lesquelles je lutte désormais ». Elle publie des ouvrages sous le pseudonyme de « Marie Minelli ». Plusieurs livres sortent sous cet pseudonyme, sans qu'il soit avéré qu'ils soient tous de la plume de Marlène Schiappa : Osez réussir votre divorce en 2011, Les filles bien n'avalent pas et Sexe, mensonges et banlieues chaudes en 2014, Osez la première fois et Osez les sexfriends en 2016. Le site Atlantico la qualifie alors de « reine des salopes ». Elle répond dans la presse : « Traiter une femme de reine des salopes parce qu'elle ose parler de sexualité, c'est un message politique. Non, je ne me sentirai jamais honteuse de parler de sexualité : aucun sujet n'est interdit aux femmes ». Deux jours après la publication, Atlantico rend publique une lettre d'excuses de Benoît Rayski à Marlène Schiappa, évoquant un surtitre « injustifiable et déplacé ». 

En 2001, elle est candidate aux élections municipales à Paris. Installée au Mans à la fin des années 2000, elle est repérée par le maire PS Jean-Claude Boulard. Pour les élections municipales de mars 2014, elle se présente sur la liste d'union de la gauche du maire, en quatorzième position, sans pour autant adhérer au PS. À l'issue du scrutin, elle est élue au conseil municipal de la ville et au conseil communautaire de Le Mans Métropole. Lors de la séance d'installation, le 4 avril, elle devient adjointe au maire, chargée de l'égalité, de la lutte contre les discriminations et de la charte LGBT. À la fin du mois de mai 2014, elle annonce avec Assia Benziane, adjointe au maire de Fontenay-sous-Bois, la création du Mouvement des élus français pour l'égalité (MEFE). À l'occasion des élections départementales de 2015, elle se présente dans le canton du Mans- sous les couleurs de La Sarthe à gauche (binôme du Parti socialiste). 

Au second tour, le binôme qu'elle forme avec Stéphane Chevet est battu, recueillant 43,1 % des voix. En janvier 2016, Marlène Schiappa devient conseillère communautaire déléguée à l'attractivité économique du territoire et l'innovation technologique. La même année, en mars 2016, après l'ajustement du gouvernement Manuel Valls (2), la ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol, la nomme à son cabinet. Sa mission prend fin en juin 2016. Dans le cadre de l'élection présidentielle de 2017, elle s'engage derrière Emmanuel Macron, dont elle devient l'une des 100 délégués sur le territoire. Poursuivant son engagement dans le mouvement En marche, Marlène Schiappa fait plusieurs introductions de meetings d'Emmanuel Macron (Lyon, Angers, Bastia, Le Mans) et est nommée responsable du pôle « égalité femmes-hommes » (coordonnant son programme sur le sujet) et déléguée à l'égalité femmes-hommes, grande cause nationale du quinquennat. Emmanuel Macron la nomme à la commission nationale d'investiture chargée de choisir les candidats aux élections législatives pour La République en marche sous la présidence de Jean-Paul Delevoye.

  • Secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes
  • Marlène Schiappa à son bureau de secrétaire d'État.
  • Marlène Schiappa avec ses homologues étrangers au sommet du G7 de 2017 en Italie.
  • Discours de fermeture de Marlène Schiappa à l'université d'été du féminisme de 2018.

Le 17 mai 2017, elle est nommée secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes dans le gouvernement Édouard Philippe, premier gouvernement formé sous la présidence d'Emmanuel Macron. Le 25 novembre 2017, Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, le président de la République lance à l'Élysée la grande cause du quinquennat consacrée à l’égalité entre les femmes et les hommes. Marlène Schiappa introduit et anime l'événement, en présence de Delphine Ernotte et de Florence Foresti notamment ; le président observe une minute de silence en hommage aux cent vingt-trois femmes mortes en 2016 sous les coups de leur conjoint ou ancien conjoint, pour ensuite louer l'action de sa secrétaire d'État. L'action de son ministère est l'objet d'une médiatisation importante, dans la mesure où elle a lieu dans le sillage de l'affaire Harvey Weinstein et des mouvements #MeeToo et #BalanceTonPorc. Lors du festival de Cannes 2018, elle fait mettre en place, en partenariat avec les organisateurs, un numéro vert spécial anti-harcèlement à destination de tous les festivaliers. Un faux ticket de spectacle imprimé à 40 000 exemplaires est également distribué, reprenant ce numéro et sur lequel est inscrit « comportement correct exigé », rappelant que le « harcèlement est puni par la loi ».

Elle organise les 13 et 14 septembre 2018 la première « université d'été du féminisme » à Paris, à la maison de la radio. Le 2 octobre 2018, lors du départ de Manuel Valls de l'Assemblée nationale, elle est la seule membre du gouvernement à se lever pour l'applaudir. Elle lui adresse ensuite un message d'au revoir sur Twitter. Elle avait déjà fait part de leur « bonne entente » précédemment. En octobre 2017, Marlène Schiappa annonce préparer pour 2018 un projet de loi qui prévoit notamment de verbaliser le harcèlement de rue, d'allonger la prescription des crimes sexuels sur mineurs et de fixer un âge en-dessous duquel un enfant ne saurait être considéré comme consentant à une relation sexuelle. Connue comme la « loi Schiappa », portée avec la ministre de la Justice Nicole Belloubet, le « projet de loi renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes » est étudié à l'Assemblée nationale en mai 2018. Le texte est adopté à l'unanimité au Sénat et à l'Assemblée nationale les 31 juillet et 1er août, et promulgué le 3 août 2018. Parmi les mesures de la loi :

  • Le délai de prescription des crimes de nature sexuelle ou violente commis sur des mineurs est allongé à trente ans à compter de la majorité des victimes.
  • La création du délit d'outrage sexiste (harcèlement de rue), qui n'inclut pas les « regards appuyés »54, avec une première condamnation le 25 septembre 2018.
  • Participer à une opération de déferlement de haine en ligne et de cyber-harcèlement en meute sera puni par la loi, dès l’envoi d’un message, d’un tweet, d’un commentaire.
  • Des mesures concernant la répression des abus sexuels sur les mineurs, avec notamment des peines alourdies (par exemple, pour qu'un viol sur mineur soit reconnu en France, il faut prouver qu’il y a eu « violence, contrainte, menace ou surprise », et ce même pour un enfant de moins de 15 ans. La Loi Schiappa ajoute dans le code pénal « Lorsque les faits sont commis sur la personne d’un mineur de 15 ans, la contrainte morale ou la surprise sont caractérisées par l’abus de la vulnérabilité de la victime ne disposant pas du discernement nécessaire pour ces actes » et pour tous les mineurs, y compris de 15 ans à 18 ans, « la contrainte morale ou la surprise peuvent résulter de la différence d’âge existant entre la victime et l’auteur des faits ».)
  • La définition du viol est élargie à toute pénétration (fellations forcées) afin de ne plus les considérer comme des agressions sexuelles mais comme des viols, punis de 20 ans de prison, et mieux poursuivre les agresseurs.
  • Des dispositions qui visent à durcir la lutte contre le harcèlement sexuel et moral, notamment en augmentant les peines de prison prévues selon les cas.
  • Utiliser la drogue du viol, ou une substance à l’insu de la victime pour profiter d’elle, est désormais puni de 5 ans de prison et devient une circonstance aggravante du viol (20 ans) et de l’agression sexuelle (7 ans).
  • Commettre des violences sur sa compagne devant ses enfants aggrave fortement les peines encourues.
  • Les professionnels, les personnes en situation de handicap et leurs aidants seront sensibilisés et formés aux violences sexistes et sexuelles afin de mieux les combattre.
  • Le fichier des délinquants sexuels est désormais ouvert aux structures intercommunales afin de mieux protéger les enfants notamment dans le milieu scolaire et périscolaire.
  • Les enseignants seront formés à la prévention et à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, au respect du non-consentement et au cyberharcèlement afin de mieux accompagner leurs élèves au quotidien.
  • Filmer sous les jupes des filles est désormais puni de 2 ans de prison.
  • Le harcèlement de rue est aussi condamné s’il est commis en raison de l’orientation sexuelle, vraie ou supposée, de la victime.
  • Les agresseurs devront suivre, à leurs frais, un stage de sensibilisation à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Un des articles du projet de loi, portant sur la non-fixation d'un âge en-dessous duquel on caractériserait automatiquement un viol, a suscité les critiques de l'opposition et de certaines associations féministes. Elles estiment qu'une atteinte sexuelle sur mineur avec pénétration est un viol, car il se fait forcément sous contrainte morale. Ils alertent sur le risque de « correctionnalisation » des viols de mineurs, et sur le risque de culpabilisation des victimes. Or, une telle disposition aurait été inconstitutionnelle. Le 21 mars 2018, le Conseil d'État avait effectivement vu dans ce seuil une entorse aux textes fondateurs du droit français : « L'automaticité qu'induit ce seuil bafoue la présomption d'innocence », expliquait à Marianne Jacky Coulon, secrétaire national du Syndicat de la magistrature. « C'est un principe de base de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, qui est elle-même incluse dans notre Constitution […]. L'inclure dans un texte le rendrait inconstitutionnel […]. Respecter ces principes garantit que la loi puisse s’appliquer en n’étant pas censurée, donc annulée, quelques mois ou années après sa promulgation. Il vaut mieux une loi applicable qu’une loi censurée » indiquait quant à lui le secrétariat d'État. La loi ne pose donc pas de limite d'âge au niveau du consentement sexuel, laissant une large marge d'interprétation au juge, bien que Marlène Schiappa affirme l'inverse, mettant en avant son article 2, qui dispose « la contrainte morale ou la surprise sur un mineur de moins de 15 ans peuvent résulter de l'abus de l'ignorance de la victime ne disposant pas de la maturité ou du discernement nécessaire ».

Le 13 mars 2018, aux Nations-Unies à New York, au nom de la France dans le cadre de la 62e session de la Commission de la condition de la femme (CSW), Marlène Schiappa conclut sont intervention par « France is back, and so is feminism » (« La France est de retour, le féminisme aussi »), un pas sémantique majeur, la France revendiquant désormais mener une diplomatie féministe. Cette orientation est confirmée par le président de la République Emmanuel Macron lors de son discours devant la 63e assemblée générale des Nations-Unies le 25 septembre 2018, auquel Marlène Schiappa a manifestement contribué. Pour la première fois, un président français utilise le terme de féminicide, salué par l'ensemble des ONG et associations qui luttent pour les droits des femmes. Il rappelle par ailleurs que la France consacrera 50 % de son aide publique au développement à des projets intégrant la dimension égalité femme-hommes d'ici 2022. Il exhorte les pays rassemblés à l'ONU à permettre aux femmes d'être des leaders. Il appelle à faire de l'égalité femmes-hommes une grande cause mondiale. En 2013, Europe 1, Le Parisien et Frenchweb l'ont classée en 6e position du Top 100 des personnalités qui font le web, dans la catégorie « Influenceurs sociétaux ». Elle est marraine ou juré de plusieurs organisations : États généraux de la femme, Prix Trajectoires HEC au féminin, trophée 1 001 vies, Prix Power Starter, Prix de l'entrepreneuse.

Elle a animé plusieurs séminaires de formation à l'égalité femmes-hommes et au leadership féminin à l'ENA auprès de femmes politiques et hauts fonctionnaires du pourtour méditerranéen ; c'est dans ce cadre qu'elle a rencontré Nathalie Loiseau, future ministre chargée des Affaires européennes. Elle est experte sur le sujet des droits des femmes pour la Fondation Jean-Jaurès, think-tank politique de gauche qui se définit comme « progressiste et européen ». En 2014, elle est nommée au Prix Femme d'Influence, dans la catégorie « Espoir politique ». En mars 2018, elle joue avec Roselyne Bachelot et Myriam El Khomri une représentation des Les Monologues du vagin au théâtre Bobino. Les bénéfices du spectacle vont au Collectif féministe contre le viol. En mai 2018, elle est nommée parmi les 100 Young global Leaders (« jeunes leaders mondiaux ») du Forum économique mondial, la dernière personnalité politique française ayant été Emmanuel Macron

Schiappa Marlène
Schiappa Marlène
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En juillet 2014, elle publie sur le Huffington Post une tribune intitulée : « Non, cher Manuel Valls, les quartiers populaires ne sont pas antisémites », dans lequel elle se dit contre l'interdiction du voile islamique pour les mères accompagnant les sorties scolaires, tout en condamnant fermement l'antisémitisme, « un fléau, une horreur, une abomination »70. Dans une vidéo pour la fondation Jean-Jaurès datant de septembre 2016, elle s'oppose à la présence de la messe et des cérémonies religieuses à la télévision publique ; elle précise par la suite qu'elle ne se faisait que la porte-parole des débats d'une journée de séminaire collectif sur la laïcité et les droits des femmes, qu'elle en faisait le compte rendu dans la vidéo et que les propos ont été sortis de leur contexte. Elle précise sa position dans une interview au magazine Elle. Elle déclare aussi : « Ma position est claire : la loi de 1905 ne reconnaît et ne subventionne aucun culte, le voile est interdit pour les personnes représentant l'État. Quand vous êtes fonctionnaire, vous ne pouvez porter un signe religieux. En revanche, dans la rue, si vous souhaitez porter un voile, c'est votre choix ». Son livre Laïcité, point ! (l'Aube, 2018) revient plus longuement sur ce sujet.

Au moment de son entrée en fonction comme secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes en mai 2017, le site Atlantico et le magazine Valeurs actuelles affirment que dans son livre Maman travaille paru en 2011, soit six ans plus tôt, Marlène Schiappa expliquait comment frauder la sécurité sociale en suggérant des moyens de se faire prescrire un arrêt de travail pathologique : « Exagérez tout », « Faites-vous moche », « Ne souriez en aucun cas ou alors faites un petit sourire triste », « Venez avec votre bébé à l'heure de son repas » ou encore « Quand enfin vous avez votre arrêt, ne jubilez pas, continuez à être bizarre et abattue ». En réponse à cette accusation, dans une interview accordée une semaine plus tard au site web de BFM TV, elle se défend et évoque « des propos d'humour ». Elle dénonce « des montages ou des commentaires assimilés à des extraits » et « des citations tirées de leur contexte ». En septembre de la même année, dans une interview télévisée accordée à Jean-Jacques Bourdin, elle précise que « c'est un livre humoristique » et qu'elle n'a « jamais enfreint aucune loi » ni « donné de conseils pour frauder la sécurité sociale ».

Le 20 juillet 2017, lors de son audition devant la délégation au droits des femmes du Sénat, elle annonce avoir demandé au Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCE) un rapport sur les « violences obstétricales », avançant que le taux d'épisiotomies en France serait de 75 % pendant les accouchements, chiffre qui, selon elle, relève de la maltraitance. Ce chiffre est récusé par les gynécologues. Dans une lettre ouverte à Marlène Schiappa, le professeur Israël Nisand, président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français, et ses collègues se disent « à la fois surpris et profondément choqués » par « le relais » qu’elle donne à « des informations fausses ». Le Conseil national de l'Ordre des sages-femmes soutient, quant à lui, la démarche de Schiappa et considère qu'il s'agit d'un « sujet essentiel » qui doit « impérativement être étudié ». Plusieurs articles de presse soulignent que, derrière la polémique, il y a un sujet politique important.

Le 12 juin 2017, Marlène Schiappa, dans le cadre d'une opération de communication autour du harcèlement de rue, s'est promenée dans les rues du quartier de La-Chapelle-Pajol, accusé d'être inhospitalier aux femmes. La secrétaire d'État publie des photos de sa promenade nocturne sur Twitter, accompagnées du commentaire « Les lois de la République protègent les femmes, elles s'appliquent à toute heure et en tout lieu », avant de supprimer son tweet. Plusieurs médias s'interrogent sur l'interprétation à donner à sa démarche et pointent une erreur de communication. L'équipe de Marlène Schiappa emploiera quant à elle le qualificatif de « bug communicationnel ». En décembre 2017, l'ex-députée socialiste Sylvie Tolmont crée la polémique en approuvant le tweet d'un militant PS de la Sarthe qui révèle le nom de l'école privée catholique du Mans où les enfants de Marlène Schiappa sont scolarisés et, selon l'entourage de cette dernière, les prénoms de ses enfants et la localisation de leur domicile. La République en marche dénonce alors une « mise en danger manifeste et volontaire de la vie de jeunes personnes », tandis que Sylvie Tolmont évoque « l'instrumentalisation politique de son like », ce tweet ne visant qu'à interpeller la secrétaire d'État « sur l'incohérence manifeste entre sa communication qui valorise l'école publique laïque et son choix de scolariser ses enfants dans une école confessionnelle ».

Le Canard enchaîné prétend, le 9 mai 2018, que lors d'un récent déplacement à Trappes, Marlène Schiappa « a voulu s’arrêter dans un café tenu par des musulmans, où les femmes ne sont pas les bienvenues », mais que celle-ci a été « invitée prestement » par le préfet des Yvelines à y renoncer afin « d’éviter un incident ». Marlène Schiappa a publiquement démenti ces allégations, expliquant notamment que c'est à un marché qu'on lui avait déconseillé de se rendre, conseils qu'elle n'avait pas suivis. Le 22 mai 2018, le cabinet du secrétariat d’État chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes a envoyé à des journalistes figurant dans son fichier presse, une invitation à une dédicace à l’occasion de la sortie d’un livre de Marlène Schiappa, Si souvent éloignée de vous. Dans cet ouvrage, il est pourtant précisé que « ce livre n’est ni une communication gouvernementale ni un bilan d’action politique, mais un récit purement personnel, partiel et parfois romancé. Les propos tenus ici n’engagent que leur auteure. » Jean-Christophe Picard, président de l'association Anticor, qui lutte contre la corruption et pour l'éthique en politique, a annoncé avoir saisi la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) et le Premier ministre en leur envoyant une lettre chacun leur demandant d'agir en conséquence, étant donné que d'après la loi, « il convient de limiter l’usage des deniers publics au strict accomplissement de la mission ministérielle en ne tirant pas profit de ses fonctions pour soi-même ou pour ses proches. »

La presse reproche également à ce livre sa flagornerie à l'égard du Président et son sexisme. Dans leurs réponses, le Premier ministre plaide pour « une erreur humaine » et la CNIL clôture la plainte d'Anticor invoquant en plus « une erreur commise de bonne foi et isolée ». La CNIL profite de l'occasion pour rappeler les obligations liées au règlement général sur la protection des données (RGPD). Le 2 juillet 2018, le site Checknews de Libération révèle que le compte de soutien à Marlène Schiappa sur le réseau social Twitter @Avec_Marlene est très probablement géré par son responsable de la communication, Mathieu Pontécaille, qui nie et prétend qu'il est géré par des dizaines de militants et soutiens de Marlène Schiappa, bien que certaines photos sur ce compte soient prises dans des lieux non publics, comme à l'intérieur de l’Assemblée nationale ou encore sur le plateau de CNEWS. Son conseiller spécial reconnaît finalement que le cabinet « alimente en éléments de langage, de ripostes et contenus » et l’utilise même parfois pour tweeter, de manière « épisodique ». Le 6 septembre 2018 sur Europe1, Marlène Schiappa prend ouvertement position pour la défense des hommes et des garçons victimes de violences sexuelles, elle y dénonce aussi le tabou dont ils font l'objet. Elle reconnaît que « c'est un sujet extrêmement tabou. D'ailleurs dans la loi que vous appelez la loi Schiappa qui vient d'être votée, il y a un article qui fait que, désormais, quand une femme pratique un acte sexuel sur un homme sans son consentement — type fellation —, ça devient un viol alors que ce n'était pas caractérisé comme tel précédemment. Donc je crois qu'il faut défendre aussi les garçons et les hommes victimes de violences sexuelles et de viols. C'est un gros tabou, il faut le soulever. ». 

Publications

  • J’aime ma famille, illustrations de Pacco (Robert Laffont et Marabout, 2010)
  • Osez l'amour des rondes (La Musardine, 2010)
  • Maman travaille, le guide (First, 2011)
  • Je reprends le travail après bébé (Tournez la page, 2012)
  • Le Dictionnaire déjanté de la maternité (Michalon, 2013)
  • Éloge de l’enfant roi (Bourin, 2013)
  • Les 200 astuces de Maman travaille (Leducs, 2013)
  • Le Guide de grossesse de Maman travaille (Leducs, 2014)
  • Pas plus de 4 heures de sommeil (roman, Stock, 2014)
  • Avec Cédric Bruguière, J’arrête de m’épuiser (Eyrolles, 2015)
  • La Seule chose à briser, c'est le silence (collectif dirigé par Nadia Hathroubi-Safsaf, Les Points sur les i, 2015)
  • Avec Cédric Bruguière, Plafond de mère (Eyrolles, 2016)
  • Marianne est déchaînée (Stock, 2016)
  • Lettres à mon utérus (La Musardine, 2016, direction de cet ouvrage collectif)
  • Ensemble contre la gynophobie, de la cinéaste Lisa Azuelos (Stock, 2016, contribution)
  • Femmes de candidats (Bourin, 2017)
  • Où sont les violeurs ? Essai sur la culture du viol (L'Aube, 2017)
  • Les Lendemains avaient un goût de miel (Charleston, 2017)
  • La Culture du viol - poche (L'Aube, 2018)
  • Le Deuxième sexe de la démocratie (L'Aube, 2018)
  • Si souvent éloignée de vous : lettres à mes filles (Stock, 2018)
  • Préface du livre Pourquoi les femmes se font toujours avoir ? d'Yves Deloison (First, 2013)
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déliquescence44 26/01/2019 01:53

les filles de joie (pas belles)en politique:peut-être une nouvelle génération de « responsables » dans le « nouveau monde » ?
est-ce qu’on a touché le fond ? qui sait ?