11-Novembre: Après les propos de Macron sur Pétain, l'Elysée tente d'apaiser la polémique

Publié le par M.C.

11-Novembre: Après les propos de Macron sur Pétain, l'Elysée tente d'apaiser la polémique

CENTENAIRE Le palais présidentiel et le gouvernement ont affirmé que l'hommage de samedi ne concernerait pas le maréchal Pétain... 

Emmanuel Macron — HAMILTON-POOL/SIPA

Emmanuel Macron — HAMILTON-POOL/SIPA

L'« itinérance mémorielle » du chef de l’Etat n’avait pas besoin de cette polémique. Après les réactions indignées aux propos d’Emmanuel Macron, qui avait jugé « légitime » de rendre hommage au maréchal Pétain samedi aux Invalides, l’Elysée et le gouvernement ont tenté d’éteindre l’incendie.

D’abord par la voix du président lui-même : relancé sur le sujet en fin d’après-midi, en déplacement dans l’Aisne, Emmanuel Macron a expliqué qu’il « ne pardonn[ait] rien » des actes du maréchal mais qu’il « ne gomm[ait] rien » de l’Histoire de France. « Vous créez des polémiques tous seuls, mes enfants », a-t-il lancé aux journalistes, les accusant d’être dans un « bocal ».

« Stop aux contresens », a insisté Marlène Schiappa sur le même canal. « Le Maréchal Pétain, traître à la patrie, a été condamné à l’indignité nationale. Le Président de la République ne va PAS le célébrer », a martelé la secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes et à la lutte contre les discriminations.

Benjamin Griveaux
Hier, à 21:36 ·

Aucun hommage ne sera rendu à Pétain samedi. Il n’en a jamais été question. Nous avions annoncé que nous honorerions les maréchaux de la Grande Guerre. Certains en ont déduit que Pétain en faisait partie ; ce n’est pas le cas. S’il y a eu confusion, c’est que nous n’avions pas été suffisamment clairs sur ce point.

Les maréchaux dont l’honneur n’a pas été entaché, ceux-là, et ceux-là seuls, recevront l’hommage de la République : Foch, Joffre, Lyautey, Franchet d’Esperey, Fayolle, Maunoury. Pas Pétain, qui a été frappé d’indignité nationale pour avoir collaboré avec la barbarie nazie de façon odieuse et criminelle.

Dans les propos qu’a tenus le président, il n’était nullement question d’hommage républicain, mais de vérité historique. Pétain a servi en 1914. Il contribue à la victoire de 1918. Mais rien ne viendra occulter ou faire oublier le Pétain qui a trahi, collaboré et, infamie ultime, celui qui a signé et mis en œuvre le décret sur le statut des Juifs. Rien, ni personne.

Et certainement pas le président de la République, qui a toujours été extrêmement clair sur la responsabilité de l’Etat français dans la collaboration et la Shoah. « Vichy, ce n’était certes pas tous les Français, mais c’était le gouvernement et l’administration de la France. » (discours du président de la République au Vél d’Hiv, 17 juillet 2017)

Au-delà des polémiques, nous continuerons, inlassablement, à dénoncer et à combattre toutes les formes de haine.

Benjamin Griveaux

 

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article